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NEET en Bulgarie : pourquoi de plus en plus de jeunes ne veulent ni étudier, ni travailler

mercredi, 10 septembre 2025, 11:00

NEET en Bulgarie : pourquoi de plus en plus de jeunes ne veulent ni étudier, ni travailler

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On les appelle des NEET. Ce sont des jeunes, âgés de 16 à 29 ans, qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation. Leur nombre est en augmentation dans toute l’Europe et même les rapports d’Eurostat commencent à les mentionner. En Bulgarie le tableau est davantage compliqué par la chute démographique et l’économie souterraine. Les études indiquent que la part des jeunes chômeurs est considérable. Certains évitent délibérément le marché du travail et le système d’enseignement en restant chez leurs parents, comptant sur leur soutien financier. D’autres ne sont pas satisfaits de ce que leur propose le marché du travail. "Dans l’ensemble il y a une baisse des personnes employées dans le pays, pas seulement des jeunes, à cause de la dénatalité, l’immigration et d’autres facteurs", dit Plamen Robov de la Confédération bulgare de l’Emploi, ajoutant :

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Il y a aussi des raisons spécifiques à ce groupe. L’une d’elles est que les jeunes sont moins enclins à travailler en CDI. Les nouvelles générations préfèrent des formes plus flexibles de travail : en freelance, en contrat de travail temporaire, sur un projet déterminé, etc. Ce type de travail gagne en popularité parmi les jeunes et à l’opposé, le travail classique en CDI est de moins en moins attractif.
Ce changement de mentalités n’est pas un simple caprice, mais reflète une modification fondamentale des valeurs et des horizons de la nouvelle génération. Les jeunes ne cherchent pas juste un travail, mais un mode de vie qui leur apporte équilibre et autonomie. Cela constitue cependant un défi de taille pour le modèle économique bulgare qui demeure fortement dépendant des formes traditionnelles d’emploi dans la production, les services et d’autres secteurs demandant une présence physique sur place. La statistique le montre clairement :

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Il y a entre 120 et 150 mille personnes de moins de 30 ans qui ne figurent officiellement nulle part, c’est-à-dire qu’elles ne font pas d’études et ne travaillent pas, précise Plamen Robov. Une autre cause majeure est l’économie grise. Une bonne partie de ces jeunes travaillent sans que cela soit officiellement déclaré. De manière plus générale les statistiques montrent qu’environ 1 million de Bulgares en âge actif ne font pas d’études et ne travaillent pas et ne contribuent pas à l’économie.
De nos jours de moins en moins de jeunes Bulgares choisissent des métiers artisanaux ou une autre forme de travail en présentiel à l’usine, au bureau ou au chantier. Ce qui les attire est tout type de travail permettant une liberté de mouvement et du télétravail : le secteur informatique, la sous-traitance, le marketing digital, le contenu en ligne, etc. Selon Plamen Robov les entreprises doivent s’adapter et offrir davantage de flexibilité et la jeune génération doit avoir des attentes plus réalistes :

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Je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire des deux côtés pour que le processus fonctionne mieux. Les employeurs doivent rendre leur structure efficace pour pouvoir offrir de meilleures rémunérations et le processus de travail doit être suffisamment flexible pour attirer les jeunes. D’autre part, il arrive fréquemment aux jeunes d’avoir des attentes assez irréalistes. Le contenu en ligne les submerge d’idées de carrière brillantes qui ont l’air faciles et bien payées. Mais en réalité, si on a 20-23 ans, le diplôme et la connaissance de l’anglais ne garantissent pas un salaire élevé. Pour l’obtenir, il faut du temps, des efforts et de la pratique, pas juste des connaissances académiques. Il est donc important que ces gens soient plus réalistes, plus patients, qu’ils investissent en eux-mêmes et qu’ils aient une vision à long terme de leur carrière et leurs relations avec les employeurs, conclut Plamen Robov.

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Version française et publication : Christo Popov
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Chargé de publication : Екип на "Посоките на делника"