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La Bulgarie va-t-elle entrer dans la zone euro sans budget pour 2026 ?
mardi 2 décembre 2025 14:00
mardi, 2 décembre 2025, 14:00
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La grogne sociale et les procédures parlementaires pourraient retarder l’adoption de la loi de finances 2026 et il est possible que la Bulgarie entre dans la zone euro sans budget pour 2026. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 proposé par le gouvernement a fait sortir des milliers de Bulgares dans la rue le 26 novembre. Le leader du plus grand parti de la coalition au pouvoir GERB, Boyko Borissov, a alors stoppé la procédure du vote en deuxième lecture de ce projet de budget à l’Assemblée nationale et le premier ministre Rossen Jélyazkov a annoncé la reprise du dialogue avec les organisations patronales et les syndicats.
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"Nous ne
nous laisserons pas duper" était le mot d’ordre de la nouvelle action de protestation de la coalition en opposition "Poursuivons le changement –Bulgarie démocratique" le 1er décembre à Sofia et d’autres
grandes villes. L’ancien premier ministre Nikolay Denkov, vice-président de
PlC, a déclaré avant sa tenue que ce serait une mobilisation d’avertissement visant à rappeler
au gouvernement que son PLF doit être retiré et entièrement retravaillé:
Nikolay Denkov
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La réécriture du budget ne peut pas se faire en salle plénière, il faut redémarrer à zéro. Nous avons du temps jusqu’au Nouvel an, nous travaillerons entre les fêtes si nécessaire, mais nous devons avoir un budget normal dont nous sachions que tout ce que nous votons a été coordonné et correspond aux attentes des milieux d’affaires et des particuliers qui veulent savoir quels seront leurs revenus, a indiqué Denkov dans un entretien à la TV publique.
Le Conseil des ministres a proposé ce matin au parlement de voter le retrait du PLF pour 2026. Le premier ministre Rossen Jélyazkov avait déclaré dès hier sur la RNB que le retrait d’un PLF après son adoption en première lecture ne peut se faire que sur décision de l'Assemblée nationale :
Rossen Jélyazkov
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Si on reprend à zéro, nous perdrons environ deux mois rien qu’en procédures. Cela veut dire que nous devons établir une rallonge du budget existant pour 2026. Autrement dit, le budget 2025 sera recalculé en euros et devra être appliqué pendant la période la plus compliquée de l’an prochain quand nous aurons un double paiement en lévas ou en euros. C’est un risque systémique.
Le premier ministre a indiqué que des discussions sont en cours avec le patronat et les syndicats pour parvenir à un consensus :
Les protestations ont uni des groupes d’intérêts assez disparates. Il y avait des gens qui protestaient contre l’euro, il y avait des gens qui réclamaient plus d’Europe, plus de libéralisme, il y avait des gens qui voulaient plus de conservatisme, certains protestaient pour revendiquer des politiques systémiques et d’autres pour des politiques antisystème.
Le ratio de la dette publique par rapport au PIB augmente, parce qu’il y a davantage de dépenses, surtout dans les aides sociales, a souligné le premier ministre, commentant la proposition de plusieurs économistes de réfléchir à une augmentation de la TVA : "Pour 2026 c’est exclu, parce que cela stimulerait les processus inflationnistes. Nous écouterons toutes les propositions pour une augmentation des recettes, mais je ne pense pas que la société accepterait en ce moment une réduction des dépenses budgétaires", a dit Rossen Jélyazkov, ajoutant :
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On ne peut pas s’attendre à ce qu’un budget qui exprime la vision de la majorité au pouvoir obtienne la majorité absolue et le soutien de l’opposition à l’Assemblée nationale. Un tel budget n’existe pas dans notre histoire. Ce sera donc un budget comportant une certaine vision de solidarité pour l’année prochaine, qui s’annonce compliquée pour deux raisons : l’élection présidentielle et le passage à l’euro qui contribuera à exacerber les tensions politiques.
Édition : Eléna Karkalanova
Version française : Christo Popov
Chargé de publication : Christo Popov