Auteur :
Alеxandra Karamihaléva
Actualité
Ventseslav Sabev de Genève : "La foi en Dieu est un message de paix"
dimanche 14 décembre 2025 15:00
dimanche, 14 décembre 2025, 15:00
PHOTO : Alexandra Karamihaléva
Taille de la police
Dans le cadre de la visite d’une équipe de Radio Bulgarie chez la communauté ecclésiale bulgare "Nativité de la Vierge Marie" à Genève, nous avons le plaisir de rencontrer Ventseslav Sabev, fils du professeur d’Histoire ecclésiastique à la Faculté de théologie "Saint Clément d’Ohrid", auteur d’un manuel d’Histoire de l’Église, Todor Sabev. La preuve de la contribution du prof. Sabev dans le domaine de la théologie, est son élection en 1979 au poste de vice-secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, qu’il a occupé durant 14 ans. Dès son enfance, Ventseslav s’installe à Genève qu’il n’a plus quittée. Pourtant, à une distance de plus de 45 ans, il se sent tout autant Bulgare et chrétien orthodoxe qu’avant, dans cette ville multinationale où les religions coexistent ! … Comment est-ce possible ?
PHOTO : Alеxandra Karamihaléva
"Quand je suis arrivé ici avec mes parents, j’étais haut comme trois pommes", se souvient-il. "C’est grâce à l’école de la diaspora bulgare et les initiatives religieuses au fil de ces 40 ans que je n’ai pas oublié ma langue natale, que j’ai gardé intact l’héritage spirituel. À Genève, il y a toujours eu un cénacle d’une dizaine de Bulgares de différentes générations qui n’accordent aucune importance à la conjecture politique ni au potentiel économique mais estiment que c’est primordial, tout de même, à l’occasion des grandes fêtes, d’avoir un office religieux en langue bulgare."
C’est une idée phare pour ces personnes qui font tout leur possible pour faire perdurer ces cérémonies.
Ventsislav Sabev est d’avis que pour constituer une communauté ecclésiale, la présence d’un nombre suffisant de personnes engagées, prêtes à investir leur temps et leurs efforts pour les besoins de la cause, est absolument indispensable. C’est ce qui s’est finalement passé il y a dix ans, du moment que plusieurs Bulgares se sont installés à Genève et son agglomération, et qui actuellement comptent presque 3500 âmes.
Pourtant, c’est le prêtre qui a le rôle décisif, en tant que garant de l’intégrité d’une communauté ecclésiale. De sa personnalité unique dépend la réussite de l’entreprise : attirer et unir nos compatriotes.
PHOTO : Alеxandra Karamihaléva
À Genève, la synergie entre l’Église bulgare, représentée par la Métropole orthodoxe d'Europe occidentale et centrale, le quorum de particuliers intéressées, l’école bulgare et l'Office des Nations Unies, est menée à bien, il y a quelques années. C’est grâce à leur volonté commune – souligne Ventseslav Sabev – qu’aboutit ce projet auquel on aspire depuis longtemps. Malgré les difficultés et les engagements permanents, on a réussi à progresser, de sorte que la communauté "Nativité de la Vierge Marie" est actuellement une réalité vivante.
"Il y a bien sûr des moments difficiles. Des froissements personnels, les soucis de tous les jours de nos membres, certains sont sur le point de se retirer, au premier problème qui se profile, des conflits surviennent. Mais ce qui compte, c’est ce cercle qui existe et qui tient bon. Nous sommes actuellement environ 50 – 60 personnes à nous réunir régulièrement, le pivot de la communauté, et nous combattons pour elle", déclare Ventseslav Sabev.
Comme Genève est un centre où siègent plusieurs organisations internationales majeures, et deux tiers des activités du système des Nations unies s’y déroulent, la présence officielle de l’Église orthodoxe bulgare dans la ville lui confère un supplément d’importance. D’autant plus que cette proximité permettrait à notre Synode de faire connaître plus directement sa position dans les débats qui se tiennent au sein de ces organisations.
PHOTO : Alеxandra Karamihaléva
D’ailleurs, en sa qualité de consultant pour le compte de certaines ONG, universités et institutions scientifiques et de recherche en Suisse, le Proche Orient et l’Asie Centrale, Ventseslav Sabev s’investit précisément dans le dialogue entre les institutions. Néanmoins, il confesse que : "En parlant de dialogue, il ne faut pas oublier que les institutions ne sont pas très éloquentes, par contre, quand les hommes se mettent à parler, les âmes communiquent entre elles, il suffit donc que les gens s’embrassent et chantent en chœur, et alors tout devient possible".
Aucune forme d’intégration de nos compatriotes orthodoxes à l’étranger ne saurait remplacer leur communion au sein de la communauté ecclésiale bulgare, dit monsieur Sabev. Car elle seule leur offre l’opportunité de prier ensemble, de célébrer la messe en commun.
"Je perçois dans la communion des Bulgares cette impérative d’être ensemble, de nous fréquenter les uns les autres, toutefois, prendre un café entre amis, ce n’est pas la même chose que de pouvoir prier Dieu ensemble. On est animé d’une énergie tout autre, et c’est dans ce sens qu’il faut éduquer nos enfants. Qu’ils aient la possibilité d’entendre ces prières, ces cantiques, voilà ce qui manque dans toutes les sphères de communication internationale, les dialogues ordinaires." Disant cela, Ventseslav Sabev s’empresse d’expliquer que notre langue et écriture, notre histoire et foi orthodoxe, c’est le ciment qui nous unit sans pour autant fermer nos cœurs à l’égard des autres peuples et cultures :
PHOTO : Alеxandra Karamihaléva
"Moi personnellement, je n’arrête pas de chercher des ponts, les points communs, et non pas ce qui nous sépare. Chaque homme de foi, quelle que soit sa religion, porte le bon message. Par notre croyance en Dieu, nous véhiculons un message de paix, de compréhension, d’amitié, d’amour. C’est en cela notre force, celle des croyants. L’orthodoxie possède une vertu en plus, qui est notre apport, mais le message de base, c’est celui de paix et d’amour."
Édition : Alеxandra Karamihaléva
Version française : Ivan Batalov