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Classiques de légende : "L'Agneau Qui Bêle" de Boris Machalov

dimanche, 7 décembre 2025, 13:05

Classiques de légende : "L'Agneau Qui Bêle" de Boris Machalov

PHOTO : archives

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Boris Machalov(1914 – 1962) est le nom d’un des chanteurs de musique traditionnelle les plus appréciés et ovationnés avec le plus d’enthousiasme en Bulgarie. Représentant de la Région folklorique du Nord, il a laissé un héritage impressionnant de plus de 400 chants. Machalov est célèbre pour sa maîtrise virtuose des chants lents et langoureux, caractérisés par leur vaste étendue vocale et riche ornementation. Néanmoins, la chanson la plus aimée et le plus souvent diffusée de son répertoire reste Sableyalo Mi Agontze ("L'Agneau Qui Bêle").

Au-delà de son talent exceptionnel de chanteur, Boris Machalov est un collectionneur fervent de perles folkloriques, qui parcourt la Bulgarie à la recherche de chants inconnus. A en croire ses paroles, il aurait appris la belle chanson "L'Agneau Qui Bêle" par hasard lors d’un de ses périples dans le Nord de la Bulgarie. En effet, d’après le témoignage de son frère Sérafim, Machalov avait rencontré un montreur d’ours qui lui avait proposé d’entendre "une chanson qui ferait pleurer même le plus grand fauve". Dépourvu de préjugés, le célèbre musicien demande à ce chanteur itinérant Rom de lui chanter plusieurs fois la chanson. Dans la soirée, toute la salle fond en larmes lors de son interprétation qui encore aujourd’hui émeut les cœurs.

PHOTO : archives

La voix de Boris Machalov a été diffusée par la Radio nationale bulgare (qui s’appelait à l’époque Radio Sofia) pour la première fois en 1937. Le chanteur qui à l’époque exerçait le métier de peintre en bâtiment devient alors le favori des auditeurs. On l’attend avec impatience partout en Bulgarie et l’applaudit avec ferveur en réclamant un bis, puis encore un, et encore et encore. Du début des années 1940 jusqu’à la fin de sa vie, ses concerts ne sont annoncés que par des affiches souvent écritеs à la main. Néanmoins, le seul nom de Boris Machalov suffit pour remplir n’importe quelle salle.

En 1954, le chanteur part en tournée en Russie et en Chine. Pour son concert qui a lieu dans un énorme stade à Pékin, il apprend à interpréter son plus grand succès en chinois. Quand il se met à chanter "L'Agneau Qui Bêle" devant un public de 40 mille personnes dans leur langue natale, le stade entier se lève, le gratifiant d’applaudissements frénétiques.

plaque commémoratives de Boris Machalov à Sevliévo

PHOTO : opoznai.bg

Dévoué et infatigable, Machalov ne ménage ni ses forces ni son temps. Souvent en concert, il interprète des chansons demandées par le public. Comme sa voix est puissante, il ne recourt jamais au microphone.

A l’approche de sa mort, gravement malade, il n’arrive souvent pas à monter sur scène à cause de ses crises, mais au lieu de se soigner, il continue de voyager et de donner des concerts dans toute la Bulgarie. Lors de son dernier concert, il s’effondre sur scène avant d’avoir terminé la deuxième chanson. Trois semaines plus tard, le 14 juillet 1962, il s’éteint, âgé à peine de 48 ans. Restent ses magnifiques enregistrements splendides, dont sa plus célèbre chanson, capable de faire fondre n’importe quel cœur.

Quelques décennies après Boris Machalov, "L'Agneau Qui Bêle" apporte une renommée mondiale à la légendaire chanteuse Nadka Karadjova. Dans sa version, beaucoup plus brève, le protagoniste change de nom. Certains des détails dramatiques de la trame manquent également. En 1979, durant trois mois, l’interprétation de Nadka Karadjova est diffusée régulièrement dans une émission de la BBC.

Quelques années plutôt, en 1975, sort le premier volume du "Mystère des voix bulgares" qui comprend certains des arrangements pour chœur inégalés du compositeur Krassimir Kurktchiyski, dont les chefs-d'œuvres Pilentse Pee, Kalimankou Denkou, Messetschinko Lio Greilivko et la magnifique Sableyalo Mi Agontze ("L'Agneau Qui Bêle") avec la voix de la soliste Kalinka Valtcheva.

Version française : Maria Stoéva