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Guéorgui Pchélarov : Scientifique mais aussi esprit vagabond

Exposition "Kunstcamera" pour les 70 ans de l’illustrateur

mercredi, 10 décembre 2025, 15:00

Scientifique mais aussi esprit vagabond

Scientifique mais aussi esprit vagabond

PHOTO : Diana Tsankova

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Collectionneur passionné d’insectes dès son enfance, Gueorgui Pchélarov s’en est inspiré dans son art, qui repose sur des connaissances scientifiques et son imagination d'artiste. Et bien que la tradition veuille qu’à l’occasion d’un jubilé les artistes présentent une rétrospective de leurs précédents succès, 41 nouvelles œuvres sonneront l’heure de son 70e anniversaire.

L'exposition "Kunstcamera" à la librairie-galerie Sofia-presse, se résume à un cabinet dédié à l'art, où, dans un espace bigarré et serein, les créatures que la nature a enfantées, reprennent vie. Dès que l'on en franchit le seuil, les illustrations d'animaux et de plantes fécondent l'âme, la soulagent de l’infortune et du douloureux contact avec la réalité.

"J’ai décidé de sortir des sentiers battus, voici donc le fruit d’une année de travail, révèle l’illustrateur scientifique. Ces dessins ont été réalisés dans des circonstances différentes : certains sont des illustrations de livres, d’autres des œuvres indépendantes. Ce qui particularise cette exposition, c’est qu’elle présente aussi des plantes, toujours est-il qu’au long des années, je peignais surtout des animaux. La variété que cela crée est agréable. Je me suis servi de diverses techniques : certains dessins sont faits au crayon, mais la plupart à l'aquarelle."


PHOTO : Diana Tsankova

Dans son enfance, Gueorgui Pchélarov s’adonne aux jeux, mais porte aussi un vif intérêt aux êtres vivants.

"Notre appartement à Razgrad donnait sur un immense parc, se souvient-il. En plus d'y jouer, encore tout petit, je collectionnais des papillons, des coléoptères et toutes sortes de bestioles bizarres, et je tentais de les dessiner. Mon intérêt est né à cette époque, et je n’ai jamais arrêté mon activité de collectionneur. Ce n’est pas par hasard que j’ai intitulé l’exposition "Kunstcamera" ; mon cabinet de travail, l’atelier et la bibliothèque eux-mêmes représentent un capharnaüm unique dans son genre qui contient des raretés à foison, des crânes d’animaux, des plumes d’oiseaux."

PHOTO : Diana Tsankova

Christina Grozdanova, commissaire de l’exposition, vient compléter le récit de l’illustrateur, originaire de Roussé, né en 1955 :

"Fait curieux, il a fait des études en Sciences de la vie. Déjà en XIXe et XXe siècles, aux États-Unis et en Europe occidentale, de nombreux auteurs d’ouvrages scientifiques étaient aussi des illustrateurs chevronnés ; au fond, ce n’étaient que des chercheurs, qui bon gré mal gré sont devenus peintres. Dans notre pays, quelques artistes se produisent dans ce genre, dont le plus expérimenté est Gueorgui Pchelarov.

PHOTO : Diana Tsankova

Après avoir obtenu son diplôme à l'Université de Sofia, il a commencé à s’investir dans l'illustration scientifique et, en 1987, a décroché sa première grosse commande : les images au volume "Oiseaux" de la monographie "La Faune de Bulgarie".

Depuis lors, il reste fidèle à ce domaine d’expression artistique et toute sa vie il effectue les illustrations d’éditions scientifiques. L'une de ses contributions les plus célèbres, c’est l’"Atlas des Oiseaux de la péninsule balkanique", publié en 1991, contenant presque 2 000 illustrations en couleur, et réédité en 2012 dans une édition augmentée, qui reste même à présent l'ouvrage de référence en la matière. Depuis 2016, il est président de la Société des illustrateurs animaliers, fleuristes et scientifiques - DAPHNI, et cette année il a participé à la prestigieuse exposition internationale d'illustrateurs botaniques, organisée par la plus grande société américaine de ces artistes."

PHOTO : Diana Tsankova

En véritable homme de science, Gueorgui Pchélarov parvient à museler la liberté artistique, au profit de la rigueur scientifique et l'authenticité dans ses illustrations.

"Dans ce domaine, on oublie quelque peu la liberté artistique, car l'illustration scientifique implique la précision", explique-t-il. Mais d’autre part, l'illustration scientifique reste un art : l’interprétation est manifeste, par l’optique et le style on reconnaît l’artiste."

PHOTO : Diana Tsankova

Par un retour au passé, Gueorgui Pchélarov se souvient de l’an 1983, lorsque, se sentant à la croisée des chemins, il décide de se consacrer à la représentation de la nature vivante. "À cette époque, pratiquement personne n’était spécialiste dans ce domaine seul. Moi, je continue dans cette voie depuis déjà 42 ans, une décision ardue, mais qui s’est avérée la bonne", nous dit le peintre. Aujourd'hui encore, il partage son temps entre la nature et son atelier, où il peint, au milieu d’une abondance d’artefacts et de livres. Gueorgui Pchélarov est reconnu comme l'un des illustrateurs animaliers les plus célèbres.

PHOTO : Diana Tsankova

"Pour moi, la raison en est ma longue expérience et les solides connaissances que j’ai acquises au fil des années", explique Gueorgui Pchélarov. Ce n’est pas facile pour les jeunes collègues, surtout s’ils ne sont ni biologistes ni zoologistes, de mener à bien la tâche de reproduire une espèce donnée, car ils doivent se procurer de l’information. Alors que moi, il suffit de me nommer l’espèce, pour que je sois prêt à en faire une esquisse. Evidemment, ensuite je peaufine l’image."


PHOTO : Diana Tsankova

Mystérieuses sont les voies de la prédestinée, et pourquoi ne serait-ce pas un nom de famille ?

"Le nom de famille Pchélarov (éleveur d’abeilles) est relativement récent, produit par une "lubie" de mon père, car son père et son grand-père étaient apiculteurs. Mais on peut trouver éventuellement des correspondances, car les abeilles, et les insectes hyménoptères en général, m’intéressent énormément", dit avec le sourire l’illustrateur scientifique.

Édition : Diana Tsankova

Version française : Ivan Batalov