Auteur :
Diana Tsankova
Actualité
Le Parc des ours dansants de Bélitsa
Un quart de siècle à sauver des animaux en détresse
samedi 13 décembre 2025 14:00
samedi, 13 décembre 2025, 14:00
Un quart de siècle à sauver des animaux en détresse
PHOTO : BTA
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Lorsque Coccinelle, Stéphane et Framboise posaient leurs pattes sur le fer-blanc chauffé, leurs spasmes de douleur s’apparentaient aux yeux des spectateurs à une danse. Des années durant, les ours danseurs ont constitué une attraction еt ce n'est qu'en 2007 qu'un terme a été mis à cette pratique, quand ses dernières victimes ont trouvé asile dans le parc de Bélitsa, aménagé spécialement pour les accueillir.
Cette année le Parc des ours dansants dans la petite ville des Rhodopes a célébré son 25e anniversaire. Ce lieu protégé, qui offre aux animaux rescapés la chance pour une nouvelle vie, est le résultat d’un projet commun des fondations "Brigitte Bardot" et "Quatre pattes". Á cette date, sur un terrain de 12 hectares, dix-sept ours originaires de Bulgarie, de Serbie, d'Albanie, de République tchèque et d'Ukraine, déjà plongés dans une profonde hibernation, trouvent refuge dans leur environnement naturel.
Nikola Popkostadinov
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"L'idée maîtresse qui a abouti à la création de ce parc est de sensibiliser le public à la pratique barbare des ours danseurs et l’impératif de la faire cesser", se rappelle son directeur Nikola Popkostadinov en revenant aux origines. Grâce aux efforts de l’équipe, tous les animaux qui vivaient en captivité ont été rachetés et désormais hébergés dans le parc, dont ils sont les premiers locataires. Mais à présent, s’adapter est très difficile pour eux, car auparavant on leur menait la vie dure. Ces animaux vivaient enchaînés, privés d'hibernation et d'alimentation adéquate, harcelés et battus, les ongles et les dents arrachés, certains même systématiquement alcoolisés. Tout début est difficile, mais grâce aux soins de la Fondation "Quatre pattes" : médicaux, nutritionnels, d’amélioration du milieu, d’entraînement, on fait des efforts pour éliminer ou amortir au maximum les stéréotypies acquises du fait d’avoir été élevés et utilisés pour des numéros de cirque ou d’attractions scéniques. Le parcours est donc bien ardu, mais à pas lents et sûrs, nous parvenons à faire en sorte que les ours se sentent heureux."
La définition d’ours "dansants", n’est en réalité qu’un leurre, un simple effet de la douleur.
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"C’est une fable, les ours n'ont pas le don de la danse. Ils l’apprennent de force, guidés par l’anneau nasal, fixé au point le plus sensible de leur corps", explique Nikola Popkostadinov. "Ils essaient d'anticiper chaque mouvement de l'homme qui, dans une seule main tient l'arc du violon et leur chaîne. L’ours ne suit pas le rythme de la musique, il le dévance pour éviter de souffrir."
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Aujourd'hui, six anciens ours danseurs vivent à Belitsa : Marinka, Dana, Svetla, Mima, Rada et Seyda – l'aveugle, sauvée de Serbie où une pratique similaire existait également. Les autres habitants du parc ont été élevés dans des zoos, ne disposant pas des conditions requises proches à leur habitat naturel, dans des espaces exigus, ou chez des propriétaires d'animaux sauvages à des fins de divertissement, tel l'ours Monty, séquestré dans une chambre d'hôtel au village de Pissenets (région de Roussé), dont on se servait comme d’une attraction touristique. Les pensionnaires les plus récents sont Frol et Frosya, frère et sœur de sept ans, dont l'histoire est aussi particulièrement touchante : en 2020, ils ont été sauvés par l'association "Quatre pattes" d'un restaurant en Ukraine qui abritait un petit zoo. Hébergés initialement au parc Domajir, celui-ci ayant atteint les limites de sa capacité, ils sont arrivés en Bulgarie.
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Bien qu'autrefois ces "intrus" soient accueillis par les habitants de Bélitsa avec une certaine méfiance, actuellement plusieurs d’entre eux travaillent dans le parc, alors que d'autres y adhèrent par des dons en fruits de saison et de friandises du menu des ours.
Le parc aux ours de Belitsa est également bien connu des touristes, d’autant plus que la nature y est très belle.
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"Au cours de l'année écoulée, nous avons enregistré un nombre exceptionnel des visites et un intérêt prononcé", déclare-t-il. Surtout les week-ends et les jours fériés le parc est archiplein, et les gens doivent faire la queue. Je suis ravi que notre centre d'information soit désormais ouvert ; les visiteurs peuvent y passer un agréable moment en attendant la prochaine visite. L'attraction phare est la nouvelle expérience immersive en réalité virtuelle, intitulée "Maison": elle permet aux visiteurs de pénétrer dans le monde virtuel d'un ourson, qui vit d'abord en liberté avant d'être extrait de force de son environnement. En plus de découvrir l'histoire des ours danseurs et la mission de "Quatre Pattes", les visiteurs ont l’opportunité d’admirer un magnifique panorama, qu’on découvre de notre terrasse, d'où l'on aperçoit d'un côté le Rila et de l'autre le Pirin, ainsi qu'une partie du parc avec ses ours."
Nikola Popkostadinov recommande à tous ceux qui se trouvent en pleine nature, de ne pas approcher les ours, car ce sont des animaux territoriaux, capables de devenir agressifs.
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"Si l’on soupçonne la présence d’ours dans les parages, on ferait bien de brancher la radio à haut volume, faire du tapage ou parler fort, quand on est en groupe, explique-t-il. De cette manière, l’ours comprendra de loin qu’un homme ou un autre animal est en train d’approcher. Alors, il ne va pas nous attaquer ou se mettre en travers de notre chemin."
Le gérant du Parc des ours dansants à Bélitsa fait appel à notre conscience et nous invite à prendre soin de chaque créature vivante, en premier lieu des animaux. "Et que nos voix prennent leur défense", exprime son vœu Nikola.
Édition : Diana Tsankova
Version française : Ivan Batalov
Chargé de publication : Ivan Batalov