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Semons la foi et l’espérance dans l’attente de Noël

"Nous avons besoin de retourner dans la joie parfaite de l’Evangile et la communion avec le Christ", déclare le prêtre catholique Ivélin Guénov

mercredi, 24 décembre 2025, 10:10

Semons la foi et l’espérance dans l’attente de Noël

PHOTO : vaticannews.va/bg

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Des lueurs scintillantes, des mélodies pleines de joie et des villages de Noël séduisent les sens avant la fête. Pourtant, n’a-t-on pas la tendance à oublier la raison d’être de cet événement tant attendu : la naissance sur cette terre du Fils unique de Dieu. Pendant les quatre semaines de l’Avent (du latin adventus — venue, avènement, un temps d’attente de Celui qui doit venir), la communauté catholique en Bulgarie se prépare à célébrer fête en son essence. 

Durant le temps de l’Avent, les catholiques prennent part avec encore plus de zèle aux sacrements de l’Église, dont le premier dimanche est consacré à la Seconde Venue de Jésus-Christ et symbolise l’espérance. Le deuxième est dédié à la paix, alors que le troisième est appelé "dimanche de la joie", Gaudete, car la fête approche déjà à grands pas. Le quatrième dimanche, "dimanche de Rorate" rappelle les événements qui ont précédé la naissance de Jésus et que la Vierge Marie occupe dans le mystère de l’Incarnation. Chaque dimanche, on allume une bougie de la couronne de l’Avent, la lumière de plus en plus brillante perce les ténèbres.

PHOTO : Facebook/ivelin.genov.18

D’après le père Ivélin Guénov, prêtre de la paroisse "Saints Pierre et Paul" à Hissarya, l’Avent prépare nos cœurs en nous posant la question de savoir : "Y-a-t-il en lui une place pour Dieu ? Avant nous ôté le superflu, l’inessentiel, le chaos notre âme, tout ce qui nous étouffe ?"

"Tout cela nous submerge comme des vagues du monde, comme le désir de pouvoir qui nous fait passer marcher sur des cadavres pour réaliser nos idées, notre envie de briller et combler notre narcissisme. Mais pour que Dieu naisse, il faut éradiquer l’égoïsme en nous. Les catholiques se préparent pour la Nativité du Christ par le repentir, un changement de la mentalité, des pensées, des sentiments du cœur. L’Avent est le temps où l’on se débarrasse des habitudes, des vices que l’on appelle péchés. C’est l’espérance et la foi que le Christ humble, incarné, reviendra un jour dans sa gloire pour séparer le bon grain de l’ivraie. Voilà son jugement."

PHOTO : YouTube/@RadioAveMariaBG

L’homélie que le prêtre prononcera à la veillée de Noël s’inspirera très probablement de saint Luc, l’évangéliste.


"Son évangile nous exhorte par l’intermédiaire des anges célestes, dans la nuit de la Nativité du Christ, à ne pas avoir peur d’ouvrir les portes de notre crèche, de notre cœur à Dieu, car il ne nous enlèvera rien. Je vais essayer de leur rappeler que ce n’est qu’en Christ que l’homme est pleinement homme. Je voudrais leur parler de la joie. Le monde nous enseigne à ne compter que sur nous-mêmes, mais ce que nous perdons ainsi, c’est la joie parfaite qui nous vient de la foi en Christ, et nous nous plongeons dans la tristesse, dépourvus de sens dans notre vie. Et enfin et surtout, j’essaierai de leur parler de la paix sur terre entre les hommes de bonne volonté, comme nous chantent les anges, pour nous poser ensemble la question "Ai-je la bonne volonté de descendre du piédestal de mon propre moi, de mon égoïsme, et de faire place à l’autre, mon frère que je ne pourrai reconnaître pleinement que dans la foi en Christ ? " Le fait qu’à ce jour il existe encore des guerres fratricides montre que nous, chrétiens, n’avons pas encore compris que nous avons un Père commun." 

PHOTO : wikipedia.org

Avant Noël, l’organisation catholique "Caritas" a organisé beaucoup d’initiatives caritatives. Des bonnes sœurs de différentes congrégations distribuent aux plus démunis des plats chauds et des mots d’espérance. Dans la paroisse "Saints Pierre et Paul" à Hissarya, après la liturgie, on a eu l’idée spontanée de mettre un "panier de la générosité" dans l’église et l’un des centres culturels pour récolter des produits destinés aux nécessiteux confié aux soins des sœurs de Mère Teresa à Plovdiv. 

La fabrication de crèches de Noël et une autre tradition chère aux catholiques qui date du 17e siècle quand saint François d’Assise fait la première à Greccio, en Italie. 

"Aujourd’hui l’accent devrait être mis sur le spirituel et fabriquer des crèches modestes, cachées dans un coin et pas en faire quelque chose de central dans le but de les contempler. Que cette attention soit plutôt accordée au mystère de l’incarnation.", explique le prêtre.

PHOTO : vaticannews.va/bg

Le pape Léon XIV adressera son premier message de Noël Urbi et Orbi depuis la place "Saint Pierre". Plus que jamais, en ce jour saint, nous avons besoin d’encouragement dans notre monde troublé et toujours plus divisé. 

"La première chose que je voudrais entendre est "N’ayez pas peur!", comme un parent qui veut donner du courage à ses enfants, leur dire qu’ils ne sont pas seuls", déclare le père Ivélin Guénov."

Une autre chose que j’espère de tout cœur entendre le pape dire, ce sont des paroles de paix, car la paix n’est pas une utopie. Il y aura toujours des troubles, mais nous devons tous nous retrousser les manches et œuvrer pour la paix, qui commence dans le cœur de chaque individu, dans sa capacité de voir en l’autre non pas un ennemi, mais un frère." 

Tous ceux qui souffrent désirent entendre des paroles d’espérance et de salut. Comment semer l’espérance en son cœur le jour de la Nativité ? 

"Dieu sème en nous la bonne et belle semence de l’espérance et du salut", poursuit le prêtre. "Il nous sauve, pourvu que nous coopérions avec lui. L’espérance est une vertu, un don. Faisons donc ce que firent les pauvres bergers transis de froid dans la nuit de la Nativité du Christ : approchons-nous de la crèche avec tous les faibles, tous ceux qui souffrent, et prions le Roi nouveau-né : " Seigneur, tu es dans ma douleur, ma peur, ma solitude, ma maladie. Je veux t’ouvrir une place en moi, dans mes blessures, dans mes douleurs. Tu me connais, tu m’as sauvé, tu m’as guéri, tu m’as donné l’espérance. " 

Dieu ne nous promet pas d’éliminer les épreuves sur notre chemin, mais qu’il sera toujours à nos côtés, déclare Ivélin Guénov. Délivrons-nous de la peur et de la solitude et ayons la confiance que nous ne sommes pas seuls sur cette terre. 

Version française : Maria Stoéva

 

Chargé de publication : Maria Stoéva