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L’art bulgare à l’honneur au café-galerie de Bruxelles

samedi, 24 janvier 2026, 12:15

L’art bulgare à l’honneur au café-galerie de Bruxelles

PHOTO : Daniela Goléminova

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À Bruxelles, le café-galerie d’art bulgare ouvre l’année 2026 avec une exposition inaugurale qui affirme clairement son ambition : offrir une visibilité accrue à la création bulgare contemporaine. L’espace accueille les sculptures de Bojidar Kabaktchiev et une série de peintures d’Andreï Platounov, artiste d’origine russe ayant longtemps évolué sur la scène culturelle belge.

Derrière ce projet, Dessislava Guigova, fondatrice et propriétaire de la galerie, revendique un engagement assumé en faveur de la promotion de l’art bulgare en Belgique.

"Nous ouvrons l’année avec un événement particulièrement fort : une exposition réunissant les sculptures de Bojidar Kabaktchiev et les tableaux d’Andreï Platounov, artiste d’origine russe qui a chanté pendant vingt-cinq ans au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles avant de se consacrer pleinement aux arts visuels. Kabaktchiev, économiste de formation, s’exprime aujourd’hui à travers la sculpture, en travaillant le métal, le bois et de nombreux autres matériaux", explique la galeriste.

Cette exposition marque le début d’une orientation nouvelle, dit Dessislava Guigova et d'ajouter:

PHOTO : Daniela Goléminova

"À partir de cette année, je souhaite offrir davantage de visibilité aux artistes bulgares, peintres comme sculpteurs. L’art a besoin d’être encouragé, et en tant que Bulgare, je veux que les créateurs de mon pays soient davantage visibles à Bruxelles."

Si le transport des œuvres représente parfois un défi, la galeriste insiste sur la nécessité de trouver des solutions : "Dans une époque qui n’est facile ni pour les artistes ni pour le public, l’art doit rester accessible. Entrer dans une galerie n’est pas toujours un réflexe, alors qu’ici on peut simplement passer boire un thé ou un café et contempler des œuvres. Et le public bruxellois aime l’art."

Bojidar Kabaktchiev

PHOTO : Émile Kolev

L’exposition réunit quinze sculptures de Bojidar Kabaktchiev, dont le parcours singulier interpelle. L’artiste confie s’intéresser avant tout à la capacité de l’art à transformer l’ordinaire en exceptionnel. Ses œuvres ne cherchent ni l’éclat ni la provocation : elles interrogent, suggèrent, laissent place à l’émotion et à la réflexion. Ancien professionnel de l’économie et de la finance, Kabakchiev revient sur ce changement de trajectoire :

PHOTO : Daniela Goléminova

"Le passage de la finance à l’art a surpris beaucoup de monde", reconnaît-il. "Mais lorsqu’on porte l’art en soi depuis toujours, cette transition devient inévitable. Mieux vaut tard que jamais."

Son processus créatif, dit-il, oscille entre rigueur et improvisation :

"Parfois, c’est comme le jazz – une improvisation totale. On ne sait pas où l’on va ni ce que sera le résultat final. D’autres fois, tout est soigneusement pensé." Les œuvres exposées sont le fruit de quatre années de recherche et d’expérimentation, nourries par une curiosité insatiable pour les matériaux et leurs possibilités expressives. Quant à l’intelligence artificielle, Kabaktchiev y voit "un outil précieux", sans jamais pouvoir remplacer "l’intuition et la sensibilité humaines".

Andreï Platounov

PHOTO : Émile Kolev

À ses côtés, une trentaine de tableaux d’Andreï Platounov prolongent le dialogue artistique. Après vingt-cinq années de carrière comme chanteur au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, l’artiste s’est consacré pleinement à la peinture, autre passion de toujours.  

"Lorsque l’on possède plusieurs talents, ils finissent par se nourrir les uns les autres", confie-t-il. "Je suis chanteur et pianiste, et la peinture est mon refuge. La musique influence ma manière de peindre ; il existe une véritable symbiose entre ces disciplines."

Ses sources d’inspiration plongent dans l’univers des contes slaves de son enfance :

PHOTO : Daniela Goléminova

"Je suis d’origine russe, et les Bulgares connaissent sans doute ces récits, car nos contes pour enfants sont très proches. Autrefois, ils étaient illustrés par de grands artistes bulgares et russes. Ces images m’ont profondément marqué et ont influencé mon travail. Les contes mêlent réalité et surnaturel", raconte-t-il.

PHOTO : Daniela Goléminova

"Aujourd’hui, des personnages comme Vassilissa la-très-belle, Kachtcheï l’Immortel ou Ivanouchka prennent vie dans mes tableaux. Il s’agit d’une réalité parallèle, intemporelle", souligne l’artiste en conclusion.


Version française : Svjetlana Satric