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Les rosiéristes entre le dérèglement climatique et la concurrence déloyale

jeudi, 29 janvier 2026, 13:10

Les rosiéristes entre le dérèglement climatique et la concurrence déloyale

PHOTO : BTA

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Utilisée pour la production d’huile essentielle, la Rosa damascena est l’un des symboles de la Bulgarie. L’essence de rose, extraite depuis la nuit des temps des roseraies ensoleillées, est réputée comme un produit exceptionnel de la plus haute qualité, proposé sur les marchés internationaux. Lors du salon Grüne Woche à Barlin, les producteurs ont néanmoins dénoncé une réduction à moitié de la récolte de roses oléifères en Bulgarie en 2025, la pire depuis au moins 30 ans.

PHOTO : agri.bg

Le dérèglement climatique impacte énormément les producteurs de roses bulgares, s’alarme Pétar Siméonov, président de l’Association professionnelle des rosiculteurs, dans une interview accordée à Vessélina Malinova.

"La dernière année a été la plus dure. L’hiver doux suivi par un printemps froid ont provoqué le gel de 50% des plantations", déclare Siméonov, lui-même propriétaire de roseraies et producteur de cosmétiques bio.

"A cela, nous ne voyons aucune solution, cependant, l’accès à l’eau d’irrigation pourrait faire augmenter les rendements. Le forage d’eau s’avère une tâche difficile pour les producteurs de roses. Plus de la moitié d’entre eux cultivent des roses dans des zones montagneuses, et le reste dans des zones semi-montagneuses, et les forages qui se font à une profondeur de 100 mètres, constituent un investissement majeur. Certes, l’Etat apporte son aide et nous ne devons pas nous plaindre mais il faut faire quelque chose pour l’irrigation. D’ailleurs, il ne s’agit pas que de la production de roses mais également de fruits et de légumes car cela nous manque sur le marché. En cas de gelées, comme l’année dernière, nous avons besoin d’eau pour pouvoir restaurer intégralement les plantations qui ont été perdues. Il n’y a que 1 % des champs de roses qui disposent d’un système d’irrigation. Il est impossible pour un producteur cultivant de 50 à 100 hectares de faire un investissement à la hauteur de 150 000 euros. Or, cela permettrait d’augmenter le rendement de 40 - 50 % l’année prochaine. "

Pétar Siméonov

PHOTO : agrotv.bg

D’après l’association, à peu près 6 000 hectares de terres en Bulgarie sont voués à la culture de roses, cependant la récolte ne dépasse pas 30 000 tonnes. La production au total l’année dernière s’est élevée à environ 6 000 tonnes. À titre de comparaison, entre 2018 et 2020, la même surface avait permis de récolter environ 20 000 tonnes. En 2024, la production avait été légèrement supérieure à 10 000 tonnes, mais chaque année, elle est toujours plus basse.

"Des surfaces énormes de plantations ont été abandonnées. Selon nos données, il s’agit de 30 - 40% rien que pour l’année dernière", déplore Pétar Siméonov.

PHOTO : agri.bg

"Beaucoup de nos collègues craignent également la concurrence, car les importations d’huile essentiel de roses sont importantes, provenant majoritairement de l’Azerbaïdjan et de la Turquie. Nous sommes également préoccupés par l’exportation de plants. De cette manière, la production de roses s’exporte hors du territoire bulgare. En Azerbaïdjan, par exemple, il n’existe pas de règlements spécifiques en matière d’engrais et de produits phytosanitaires que l’on trouve dans l’UE. De plus, la main-d’œuvre y coûte dix fois moins cher. Ainsi, ils arrivent sur le marché avec un coût de production beaucoup plus bas."

Nous laissons de côté les autres problèmes locaux, tels le manque de main-d’œuvre, les engrais et les produits phytosanitaires, de même que l’accès aux salons spécialisés, en espérant qu’un jour, quand les plantations abandonnées auront été restaurées, il sera temps enfin de les aborder.

Edition : Guergana Mantchéva

Propos recueillis par : Vessélina Milanova

Version française : Maria Stoéva