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De nouveaux artisans apportent du sang neuf à Véliko Tarnovo

mardi, 10 février 2026, 14:30

De nouveaux artisans apportent du sang neuf à Véliko Tarnovo

PHOTO : Zdravka Maslyankova

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Poterie, broderie, tissage, coutellerie … L’artisanat incarne cette sagesse de l’esprit et des mains transmise de génération à génération, de maître à son apprenti afin de perdurer et de s’enrichir. Le développement et la préservation de l’artisanat traditionnel bulgare est la tâche principale de la Chambre nationale de l’artisanat qui réunit 20 chambres régionales, des organisations et des associations professionnelles. Une de ces chambres, celle de Véliko Tarnovo, vient d’accueillir 12 nouveaux maîtres et 4 compagnons.

"Véliko Tarnovo est une ville où les métiers ancestraux bulgares sont toujours vivants. Les artisans et les ateliers de la rue commerçante "Samovodska" conservent et enseignent les métiers traditionnels", a déclaré le maire Daniel Panov en remettant les brevets de maîtrise, comme rapporté par la correspondante de la RNB dans l’ancienne capitale bulgare Zdravka Maslyankova.

Une centaine de maîtres artisans sont membres de la Chambre régionale de l’artisanat à Véliko Tarnovo.

"Maître veut dire avoir prouvé son expérience dans son domaine de travail et pouvoir la retransmettre, c’est-à-dire que les maîtres ont le droit d’enseigner. Nous avons remis le plus grand nombre de brevets pour les métiers de la coiffure, le tricot d’art et la broderie. Ils sont le moins nombreux dans le domaine du ramonage et la vulcanisation. Nous n’avons pas de souffleurs de verre", a expliqué Galina Bartolova, présidente du Conseil administratif de la chambre locale de l’artisanat.

D’après elle, l’adoption de l’euro en Bulgarie ne pose pas de problème aux artisans. Quant aux pratiques déloyales dont beaucoup se plaignent, elles ne relèvent pas des compétences de la Chambre. Dans le même temps, on évoque une augmentation illégitime des prix, notamment dans le domaine des services, comme les métiers de la coiffure, de la manucure, etc., néanmoins, là aussi, la chambre n’exerce pas de contrôle, a indiqué Bartolova. "Chaque artisan est responsable de ses actes".

Les artisans qui ont participé à des salons et expositions internationaux ne devraient pas rencontrer d'obstacles liés au passage à l’euro, mais les premiers mois de l’année sont durs en principe, a fait remarquer Boryana Motchéva, artisane spécialisée dans le textile d’art et la gravure sur cuir.

Simona Pavlova

PHOTO : municipalité de Véliko Tarnovo

Simona Pavlova qui a un diplôme universitaire dans le domaine de la céramique est dorénavant titulaire d’un brevet de maître. Elle est descendante des plus célèbres tisseuses de Véliko Tarnovo qui ont participé à la création de la rue commerçante "Samovodska".

"Je porte la céramique en mon cœur, alors que j’ai reçu le tissage en héritage. Je le maîtrise sans pour autant être arrivée au point d’obtenir un brevet. Quand j’ai fini mes études, j’ai ouvert un atelier et maintenant je suis devenue maître artisane. Je suppose que cela me facilitera la tâche par rapport aux documents et en ce qui concerne un certain prestige. D’après moi, chacun trouve son milieu et ce que l’on fabrique trouve son public. Il y a de la place pour tout le monde et pour chaque chose."

Hristina Petkova

PHOTO : municipalité de Véliko Tarnovo

Hristina Petkova de Svichtov qui a 62 ans, est la plus âgée à avoir reçu son brevet de compagnon artisan du tricotage d’art. Elle manie les crochets et le fil depuis un demi-siècle, pourtant elle n’est pas optimiste :

"J’ai tricoté tout : des gilets comme des jouets. J’espère qu’il y aura un retour du tricot mais c’est difficile par rapport à la demande. On préfère le prêt-à-porter, tandis que selon moi, le tricot à la main demande plus de travail et n’est pas suffisamment apprécié."

Néli Stoyanova

PHOTO : municipalité de Véliko Tarnovo

Néli Stoyanova est maître tisseuse, élève des célèbres Migléna Tchatalova et Valéri Yotov. Longtemps, elle n’osait pas s’asseoir derrière le métier à tisser :

" Quand je m’y suis assise, je ne me suis plus relevée. J’ai tellement aimé le travail avec les couleurs brillantes et belles. Le sens même du tissage m’a attirée. C’est un travail où participent toutes les parties du corps. J’aimais beaucoup le dessin et je me suis rendu compte que je pouvais fabriquer des œuvres d’art sur le tissu lui-même. C’est ainsi que je me suis passionnée pour ce métier et cela continue toujours. J’ai mis 5-6 ans à obtenir un brevet de maîtrise mais avec de la persévérance, cela a marché", narre Néli Stoyanova.

Les nouveaux maîtres ont reçu leurs brevets du maire de la ville, Daniel Panov, qui les a appelés à continuer faire rayonner avec leur talent et leur métier Véliko Tarnovo en tant que capitale spirituelle et historique de Bulgarie.

 

Edition : Eléna Karkalanova (d’après le reportage de Zdravka Maslyankova, correspondante à Véliko Tarnovo)

Version française : Maria Stoéva