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Des élèves bulgares récompensés pour leur projet de colonie spatiale

jeudi, 12 février 2026, 13:30

Des élèves bulgares récompensés pour leur projet de colonie spatiale

Des élèves bulgares récompensés pour leur projet de colonie spatiale

PHOTO : Stanislava Pavlova

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Le regard tourné vers l'avenir, ils sont douze lycéens, concepteurs d’un site de survie spatiale, qui en plus est un vrai paradis parmi les étoiles, où les gens peuvent vivre pleinement. Pour la deuxième année consécutive, cette fois-ci avec leur projet FlorAstra (lat.) ("Fleurs des étoiles"), ils ont remporté un prix au concours international Live in a Healthy Space 2025, organisé aux États-Unis par la National Space Society avec la participation de plus de 2 500 projets et de plus de 14 500 élèves de douze pays.

Il y a quelques jours à peine, Élitsa Pavlova, Bilyana Manassiéva, Jasmine Tsvetkova, Guéorgui Bichkov, Éma Nestorova, Nadejda Dragnéva, Iréna Chevkénova, Siyana Krastéva, Martin Lambov, Daniel Guéorguiev, Lora Guéorguieva et Ira Karina Dimova ont appris la nouvelle tant espérée : l’octroi du deuxième prix au même concours qu'ils avaient remporté il y a un an.Ils y ont présenté une formule de structure agricole où des plantes seront cultivées dans des conditions spatiales.

"Je pense que le fait d’intégrer toujours dans le projet un élément typiquement bulgare contribue également à notre victoire", remarque Élitsa Pavlova, élève au lycée anglais de Sofia. L'année dernière, on a exposé un mode de production de yaourt à bord de la station spatiale, puisque c’est un produit aux nombreuses vertus pour la santé, et nous estimons qu'il serait d’une grande utilité aussi dans l'espace. Alors que cette année, nous avons décidé d'inclure un autre élément bulgare : la rose cultivée chez nous, dont les bienfaits ne se limitent pas aux huiles essentielles, aux onguents ou aux gelées et confitures, mais qui sert également de décoration, booste l'humeur et reproduit quelque peu l’ambiance de la Terre."

PHOTO : Stanislava Pavlova

La colonie à laquelle se rapporte le projet des élèves en terminale serait mise en orbite autour de Cérès, l’une des planètes naines de notre système solaire. Un nom où ils décèlent une dimension symbolique, qui véhicule un message d’optimisme et de perpétration de l’espèce, et que porte également la déesse romaine de l’agriculture et de la fertilité.

"Notre programme orienté vers l’avenir est pour l’instant trop ambitieux, poursuit Élitsa Pavlova. L’humanité est encore loin de s’installer durablement dans l’espace, mais il fait bon de rêver. D’autant plus que nous avons planché sur absolument tous les aspects de la vie du futur habitant de l'espace. Á commencer par le mode de production d'oxygène et d'énergie, ainsi que le processus d’assainissement et de recyclage de chaque ressource. Nous avons également mis au point un régime alimentaire pour les résidents de la station et réparti les différentes activités, les tâches et objectifs à atteindre."

La colonie spatiale autour de la planète Cérès hébergera 4 000 personnes dans un écosystème artificiel totalement clos. Grâce à une combinaison innovante de technologies, plus de 40 espèces de plantes y seront cultivées, tandis qu’un système de recyclage transformera l'urine en eau potable et en engrais, et des grillons et des asticots de mouches soldats noires consommeront les déchets organiques, devenant ainsi une source d’engrais et de biomasse vivante réutilisable. Le projet des jeunes inventeurs bulgares prévoit aussi des espèces végétales OGM riches en vitamines A et C, de la viande imprimée en 3D à base de protéines végétales et une cueillette robotisée de la récolte, ce qui sera le gage d’un système autonome de production alimentaire où chaque produit sera utilisé à répétition dans un cycle de renouvellement perpétuel.

PHOTO : Stanislava Pavlova

FlorAstra veille également au bien-être psychologique par le biais des fleurs cultivées. Les rosiers de Damas et les rosiers rugueux ne seront pas réduits à leur fonction esthétique, mais seront utilisés à des fins pharmaceutiques contre la douleur, le stress et l'inflammation. Leurs huiles essentielles serviront à la fabrication de médicaments et de produits cosmétiques à bord de la station spatiale.

Pour élaborer cette vision d’un avenir dans le désert cosmique, les jeunes gens n’ont compté que sur leurs propres forces.

"Tout a commencé, quand je suis tombée sur l’annonce du concours en ligne, se souvient Élitsa Pavlova. Nous n'avons eu recours à aucun professeur, ni cette année ni l'année passée ; nous nous sommes organisés nous-mêmes. On est douze élèves de deux écoles de la capitale : Le Premier lycée de langue anglaise et le lycée 133 "Alexandre Pouchkine". Il nous a fallu étudier dans le détail les exigences, réaliser le travail selon les instructions et soumettre le projet en ligne. Nous nous sommes appuyés sur les connaissances acquises à l'école. Sans utiliser d'intelligence artificielle. Nous avons procédé à des recherches personnelles et surtout lu des études des scientifiques en la matière."

Les neuf filles et les trois garçons de l’équipe envisagent leur avenir différemment. "Chacun de nous a des intérêts différents, et c’est un élément qui a beaucoup participé à notre succès, explique Élitsa. Certains s’intéressent à la biologie et veulent travailler dans le domaine du génie génétique, alors qu’il y a un qui veut devenir pilote. Moi personnellement, je souhaite m’investir dans l'architecture spatiale."

PHOTO : Stanislava Pavlova

En 2025, les lauréats du concours sont invités à présenter leur projet Galanthus lors de la conférence annuelle de la National Space Society en Floride. De l’autre côté de l'océan, un monde qu’ils n'avaient vu qu’en rêve s'ouvre à leurs yeux : ils rencontrent des astronautes, des scientifiques de renommée mondiale et l'actuel directeur de la NASA, Jared Isaacman, visitent le Kennedy Space Center – la base de lancement de la NASA à Cap Canaveral et assistent même au décolage de deux fusées.

"Nous avons apprécié le fait que les personnes assises devant nous avaient déjà fait le chemin que nous empruntons et que nous pouvions un beau jour leur ressembler", confesse mon interlocutrice.

Les jeunes visionnaires espèrent réaliser un autre de leurs rêves : pouvoir présenter leur nouveau travail et nouer des contacts précieux aux États-Unis, comme ils l'ont fait l'an dernier.

"On a fait connaissance non seulement avec des scientifiques, mais aussi avec des élèves d'autres pays, se rappelle Élitsa. Nous nous sommes liés d'amitié avec des Canadiens, des Roumains, et il y avait des équipes du Kazakhstan, d'Inde et d'autres régions du monde. Á l’avenir, nous allons nous focaliser sur des projets plus utilitaires, et travailler en complicité intellectuelle avec des pairs du monde entier. J’y compte bien !

Édition : Diana Tsankova

Version française : Ivan Batalov