Auteur :
Tsvétana Tontchéva
Actualité
vendredi 13 février 2026 19:05
vendredi, 13 février 2026, 19:05
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Marche, peuple revivifié, l’hymne en éloge aux saints frères Cyrille et Méthode est indubitablement l’œuvre la plus connue de Panayot Pipkov (1871 - 1942), un des pionniers de la musique classique bulgare. Néanmoins, sa contribution à la culture de Bulgarie ne s’arrête pas là. Compositeur de talent, chef d’orchestre, artiste dramatique, poète, essayiste, pédagogue, intellectuel, à l’instar des autres artistes fondateurs des arts bulgares, il fait ses études à l’étranger pour ensuite retourner dans son pays natal et investir tous ses efforts et compétences dans la construction de la jeune Bulgarie.
Lubomir Pipkov (1904 – 1974)
PHOTO : operasofia.bg
Né à Plovdiv, dès sa plus tendre enfance, il joue du violon, chante dans une chorale, écrit des poésies. A partir de 16 ans, il intègre des troupes de théâtre à Plovdiv et Sofia. Son père, le musicien Hristo Pipkov, n’a pas les moyens de lui payer ses études. C’est ce que font les comédiens du théâtre "Larme et rire" (Salza i smyah) qui l’envoie à Milan où il habite de 1893 à 1895. Une fois retourné en Bulgarie, Panayot Pipkov devient chef d’orchestre auprès de sociétés de musique à Varna et Roussé. En 1900, il est nommé professeur de musique à Lovetch, la période la plus heureuse et la plus productive de sa vie. Il est le moteur principal de la vie musicale dans cette ville. Il crée deux chœurs, dirige la fanfare de la ville, compose des chansons et des marches. En 1903, Pipkov se marie avec l’institutrice Nadka Stéfanova, chanteuse dans un des chœurs dirigés par lui. Leurs deux fils naissent à Plovdiv, dont l’un est le grand compositeur Lubomir Pipkov, diplômé de l’École normale de musique à Paris.
Panayot Pipkov
PHOTO : Agence d'Etat aux archives
Très cultivés, les contemporains de Lubomri Pipkov qui font partie de la génération de compositeurs bulgares dite "deuxième", se donnent une tâche hautement ambitieuse : créer un style national bulgare. La génération de son père, Panayot Pipkov, a une tout autre mission : instruire le public et introduire une culture moderne, inconnue. Ses confrères composent, jouent, publient de la musique mais ils sont avant tout des enseignants. Lui-même, il travaille dans plusieurs lycées à Sofia, dirige des chorales et des orchestres d’amateurs en composant leur répertoire. Il participe aux guerres de 1912 et 1918 comme chef de musique militaire. Plus tard, il devient le chef du Théâtre libre, le premier théâtre d’opérette professionnel en Bulgarie.
Pendant les années 1920, il occupe également le poste de maître de chœur à l’Opéra national, il est acteur et musicien au Théâtre dramatique de Sofia, chef de la fanfare auprès de la Police de Sofia. Il écrit des drames et des essais, mais c’est sa contribution en tant que compositeur qui est la plus importante.
Panayot Pipkov est l’auteur de deux opérettes pour enfants, y compris les librettos, Enfants et Oiseaux et La cigale et la fourmi. Souvent interprétées dans les écoles bulgares jusqu’aux années 1970, elles jouissent d’une grande popularité. Une des chansons les plus populaires de la musique bulgare provient en fait de La cigale et la fourmi. Il s’agit d’Alouette à la voix douce, créée en 1903, d’après un poème de Tsonyo Kaltchev, poète et auteur de littérature d’enfance.
Panayot Pipkov a écrit également beaucoup de chansons pour chœur, des marches pour fanfare, de la musique de chambre et de théâtre. Il est considéré comme le compositeur de la première génération d’artistes bulgares, dont les pièces pour piano élèvent la musique classique bulgare au rang européen. Dans ses œuvres pour piano, il se sert des principes de variation et improvisations, ce qui les rapproche des genres de la fantaisie libre et la paraphrase, typiques de l’œuvre de Franz Liszt.
PHOTO : nationallibrary.bg
La pièce de Panayot Pipkov Où est la Bulgarie, d’après le poème du poète national Ivan Vazov, figurant dans son premier recueil qui date de 1876, demeure un symbole de l’identité nationale bulgare. Icin elle est interprétée par les voix fraîches des enfants du groupe vocal "Clochettes d’argent" sous la direction de Stefan Ribarov.
Version française : Maria Stoéva
Chargé de publication : Maria Stoéva