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Ivo Ivanov

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Fête de l’archéologie : 300 découvertes récentes exposées à Sofia

samedi, 14 février 2026, 15:30

Fête de l’archéologie : 300 découvertes récentes exposées à Sofia

Fête de l’archéologie : 300 découvertes récentes exposées à Sofia

PHOTO : BGNES

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À l'occasion du 14 février – Journée de l'archéologie bulgare - pour la 19e année consécutive, l'Institut national d'Archéologie et son musée auprès de l'Académie bulgare des Sciences, et dix-neuf autres musées du pays présentent l'exposition "L'archéologie bulgare", devenue traditionnelle. Elle englobe les résultats les plus significatifs des fouilles durant la saison 2025. Chronologiquement, les pièces exposées couvrent plusieurs époques depuis la préhistoire jusqu’à la fin du Moyen Âge.Les artefacts proviennent de sites préhistoriques emblématiques tels que Provadia et Yunatsite, des anciennes cités de Ratiaria, Escus, Dimum et Heraclea Sintica, et les capitales médiévales de Pliska, Tarnovo et Kaliakra, mais de surcroît de lieux inconnus du public, où l’on a accompli des actions d’archéologie de sauvetage et de prévention.

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"L’espace étant plus ou moins limité, il est impossible de tout présenter", dit le le Dr ès sciences Mcf Hristo Popov, directeur de l’Institut national d'Archéologie, au moment de l’inauguration.

Néanmoins, plus de 300 objets provenant de 31 sites à travers le pays sont exposés au Musée national d’Archéologie à Sofia jusqu'au 7 juin.

"Parmi les pièces maîtresses de l'exposition figure un rhyton en verre, réplique d’une corne d'abondance, une découverte exceptionnellement rare, dont les éléments sont bien conservés et qui est également très, très bien restauré, puisque l’objet est découvert fractionné, explique le Dr ès sciences Mcf Kamen Boyadjiev. Et de rajouter : Je dirais que c'est un gros défi en matière de restauration. Mais malgré les délais relativement courts, le voici présent aujourd'hui dans l’exposition".

Bien que retrouvée dans un médiocre contexte, jouxtant de fours de fusion du fer et de fosses sacrificielles romaines, la corne de verre provenant du village de Blaskovo, près de Varna, est l’une des rares trouvailles de ce genre en Europe de l’époque romaine.

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"L’objet date très probablement de l’Antiquité tardive, lorsque commencent les invasions barbares et les pillages des Goths, mais quoi qu’il en soit, cet objet fut importé en Thrace, affirme à Radio Bulgarie la Dr ès sciences Mcf Guergana Kabaktchieva. Au nombre de nos butins, il n’y a jamais eu de rhyton en verre, pas même un seul fragment. Cela me porte à croire que l’artefact est très probablement fabriqué dans des ateliers de Cologne, qui, jusqu'à la fin du IVe siècle et même après, demeure l'un des plus importants et les plus tardifs centres de production de verre en Europe occidentale."

Dans le cadre de ses missions à l'Institut national d'Archéologie, Mme Kabakchieva étudie systématiquement les limes romains le long de la rive bulgare du Danube. Durant la saison des fouilles 2025, elle poursuit avec son équipe les explorations du palais impérial d'Ulpia Oescus, où, durant l'été 328 après J.-C., l'empereur Constantin le Grand avait séjourné dans la capitale de la Basse Dacie dans le dessein d’inaugurer un nouveau pont sur le Danube. C’est lors des explorations de la forteresse de Dimum sur la rive près de Béléné, que des archéologues découvrent un objet bizarre qu'ils ont d'abord pris pour un sifflet en corne d’animal.

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"L’extrémité avant la corne a la forme d'une tête de crocodile. Ça fait des années qu’on essaie d’apprendre le nom de l'unité militaire stationnée à Dimum, cet ancien camp retranché sur le cours inférieur du Danube.On dispose déjà d’un début de piste grâce à un fragment de scel sur lequel trois lettres seulement sont lisibles : sol. On suppose qu’elles font partie de l'épigraphe solensium, c'est-à-dire solaire. Apparemment, une quelconque unité militaire est arrivée des régions plus chaudes, et cette découverte, que nous avons réalisée en 2025, je pense qu’elle correspond effectivement à l’information qu'elle recèle", déclare Guergana Kabaktchieva.


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En 2025, pendant deux mois, on a poursuivi aussi les fouilles sur le site archéologique dans la réserve naturelle de Kaliakra. Des preuves irréfutables d'un habitat sédentaire de l’époque du Premier Royaume bulgare, sont déjà dépistées sur le cap rocheux de la mer Noire, confesse le Dr ès sciences Filip Pétrounov.

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"Au cours de ces deux mois, nous avons collecté plus de 400 objets en or, en argent, en bronze et en plomb. Les plus représentatifs font actuellement partie de la 19e exposition "L'archéologie bulgare" de l’INA. Parmi ces objets, se démarquent une statuette romaine de la déesse Fortuna tenant une corne d'abondance, des artefacts du Premier Royaume bulgare, des bagues ornées d'un pentagramme et d’une effigie d’aigle, et deux cotruves : des fioles en plomb, utilisées pour conserver la myrrhe sacrée, rapportée par les pèlerins de Terre Sainte. Mais encore des objets datant du XIVe siècle, dont un magnifique médaillon avec inscription, deux paires de parures d’oreilles et un diadème, fabriqué de plaques de cuivre doré, un objet visiblement onéreux", résume son récit à Radio Bulgarie l’archéologue.  

Édition : Ivo Ivanov

Version française : Ivan Batalov