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Yoan Kolev

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Le journaliste Ralf Petrov porte dans son cœur le service allemand de RB

"Pour séduire les jeunes, les médias doivent surmonter cette période de sous-financement"

lundi, 23 février 2026, 14:00

Le journaliste Ralf Petrov porte dans son cœur le service allemand de RB

PHOTO : archives personnelles

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Les programmes en allemand de la chaîne plurilingue de la radio publique, dont Radio Bulgarie est l’héritier, se targuent d’une longue histoire. Les émissions ont lieur sur ondes courtes sur Radio Sofia dès 1937. Jusqu’en 1941, les émissions en allemand ont la même durée que celles en français, en italien, en anglais et en esperanto mais au milieu de cette même année, elles commencent à dominer la grille des programmes. Après la fin de la Deuxième guerre mondiale, l’allemand n’est plus parmi les langues des émissions destinées à l’étranger, cependant cela ne dure pas longtemps.

Le nombre des traducteurs et animateurs de l’équipe varie au fil des années pour atteindre 10-12 personnes à l’heure de gloire de la rédaction allemande de Radio Bulgarie. Parmi eux, i y a Ralf Petrov qui l’a rejointe en 1987 :

PHOTO : Musée d'histoire de la radio

"L’année précédente, j’étais à l’Université Humboldt à Berlin au titre d’un programme d’échange avec l’Université de Sofia où je faisais mes études en lettres allemandes. Il y avait aussi d’autres Bulgares à la résidence étudiante, dont une femme qui collaborait avec le service allemand. Elle m’a conseillé d’appeler la radio où il y avait un club jeunesse", relate notre interlocuteur. "Quand je suis retourné en Bulgarie, je me suis joint à la rédaction et j’allais dans ce club une fois par mois où nous abordions en allemand différents sujets liés à la jeunesse. Une année plus tard, quand une de nos collègues se mariait à Plovdiv et tout le monde était invité, il n’y avait personne pour animer l’émission du soir et on m’a fait confiance de le faire. C’est à ce moment que j’ai participé aux activités de la rédaction pour la toute première fois".

Un peu plus tard, Ralf a intégré officiellement l’équipe, ce qui lui évite de se faire affecter quelque part en province en tant que professeur d’allemand. Son parcours professionnel a été lié à jamais avec les médias même s’il ne fait plus partie du service allemand de Radio Bulgarie depuis des décennies.

PHOTO : Musée d'histoire de la radio

Aujourd’hui, l’équipe de la rédaction germanophone prépare chaque jour un programme en ligne qui raconte la vie en Bulgarie, présente des destinations touristiques et de la musique bulgare. En 2012, les échanges avec le public se faisaient sur ondes courtes. Ralf se souvient d’ailleurs encore la grille des programmes : 

"A l’époque, il y avait deux blocs d’émissions dont l’un était diffusé le soir et comprenait des infos, des commentaires sur des sujets politiques, culture, tourisme et musique traditionnelle. Même s’il s’agit des années précédant la fin du régime communiste, notre équipe essayaient de ne pas y mettre trop de propagande. Sur notre porte était écrit que c’était des émissions destinées à la RFA et l’Autriche. On visait l’Europe occidentale, l’idée étant de montrer combien la vie à l’Est était belle. Je peux dire que nos sujets étaient intéressants, centrés sur l’histoire, la culture, la musique de Bulgarie, ce qui passionnait le public plus que la politique sèche. Notre but était de faire connaître une image de la Bulgarie qui est intéressante malgré la division en Europe."

PHOTO : viabulgaria.com

Le journaliste a été impressionné par les lettres adressées à la rédaction. C’est ainsi qu’il s’est rendu compte qu’en Bulgarie vivaient encore des Allemands après la Deuxième guerre mondiale, de même que des gens qui une fois venus en Bulgarie en vacances, s’étaient épris du pays. Beaucoup de personnes aimaient la musique traditionnelle bulgare. 

Grâce aux émissions musicales à la radio et un magazine, Ralf a appris qu’un forum musical se tenait à Berlin-Est en 1989 où seraient présentes de grandes maisons de disques et de production. Il a réussi à se joindre aux journalistes qui y étaient envoyés et cela lui a ouvert des opportunités dont il ne se doutait même pas. L’année prochaine, il a été invité à un autre salon musical à Cologne où il devait intervenir sur le sujet des droits d’auteur en Europe de l’Est. C’est là qu’il est tombé sur le stand de la célèbre revue PopCorn.

Rencontre avec les Scorpions en 1993 avant leur concert à Sofia

PHOTO : viabulgaria.com

"Je me suis présenté et j’ai laissé ma carte de visite. Quelques mois plus tard, ils m’ont appelé pour me dire qu’ils seraient intéressés à une éventuelle collaboration. C’était en 1992 quand j’ai décidé de quitter la radio et me lancer dans le secteur privé. Avec mon collègue Radoslav Dikov et d’autres amis de jeunesse, nous avons publié cette revue."

PHOTO : Yoan Kolev

"Les médias enseignent aux jeunes la discipline, la curiosité et l’intérêt pour le monde", conclut le journaliste. "Certes, en ce moment, c’est dur pour eux mais quand on réussit à découvrir les aspects positifs du fait d’être avec des gens partageant les mêmes idées et de bons collègues avec qui on peut passer du bon temps au travail, les médias peuvent offrir un espace très agréable. J’espère qu’ils surmonteront cette période de difficultés financières, afin de devenir un métier plus attrayant pour les jeunes. Pour moi, ils ont toujours été une sorte d’aimant qui m’émeut et ne m’ont apporté que du bien. Je souhaite beaucoup de succès à la radio et à toute l’équipe, qui restera à jamais dans mon cœur, car c’est ici que tout a commencé pour moi."

 

Version française : Maria Stoéva

Chargé de publication : Maria Stoéva