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Trois catholiques bulgares sur le point d’être proclamés martyrs

mercredi, 18 mars 2026, 13:05

Trois catholiques bulgares sur le point d’être proclamés martyrs

PHOTO : catholic-bg.org

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Trois prêtres catholiques bulgares, restés fidèles à leur foi en Jésus-Christ jusqu’au sacrifice de leur vie sous le régime communiste athée, devraient prochainement être proclamés bienheureux martyrs par le pape Léon XVI. Leur nom viendrait ainsi rejoindre celui d’Eugène Bossilkov, Kamen Vitchev, Pavel Djidjov et Josaphat Chichkov qui, en 1952, ont refusé de signer les procès-verbaux d’un procès fabriqué de toutes pièces et ont été fusillés dans la cour de la prison centrale de Sofia. Dans la tradition chrétienne, les martyrs sont les premiers témoins de la Résurrection du Christ, ayant scellé leur témoignage par le sang.

Après le coup d’État communiste du 9 septembre 1944 en Bulgarie, le nouveau pouvoir a lancé une campagne de répression contre l’Église catholique : propagande athée, interdiction des manifestations publiques, confiscation des biens ecclésiastiques, fermeture de collèges et d’hôpitaux.

Le père Paolo Cortesi

PHOTO : Facebook / Communauté catholique - Béléné

"Parallèlement, les prêtres étaient surveillés par la Sécurité d’État et, dès 1946-1947, presque chacun d’entre eux possédait déjà un dossier, raconte le père Paolo Cortesi, curé de la paroisse de Béléné. Les répressions les plus sévères surviennent en 1951 et 1952, lorsque la plupart des prêtres catholiques sont arrêtés – y compris les évêques et certaines religieuses. C’est alors que, au Palais de justice de Sofia, sont prononcées les condamnations à mort de l’évêque Bossilkov et des prêtres de Plovdiv Pavel, Kamen et Yosafat, proclamés bienheureux par la suite. Les autres sont condamnés à la prison ou envoyés dans des camps ; les derniers ne retrouvent la liberté qu’en 1967, après avoir purgé des peines de quinze ans. Jusqu’aux changements politiques, les catholiques restent dans le viseur des services et vivent presque dans des catacombes. L’idée des autorités était qu’ils disparaissent de Bulgarie. »

Âgé de trente-trois ans, comme Jésus-Christ au moment de la crucifixion, Flavian Mankin subit la brutalité des serviteurs impitoyables du régime. Il est le plus jeune des trois prêtres que les catholiques du pays espèrent voir béatifiés.

Le père Flavian Mankin

PHOTO : vaticannews.va

"Le père Flavian Mankin est capturé par des partisans en 1944, explique Paolo Cortesi. Dans sa ville natale de Rakovski, où il est curé, il s’occupe des enfants, célèbre la liturgie et se tient à l’écart de la politique. Un jour, ce jeune homme joyeux de l’ordre des Capucins est tailladé à coups de hache, et son corps est jeté dans la rivière Stryama. Deux laïcs sont assassinés avec lui – eux aussi martyrs, pour avoir tenté de défendre leur curé."

Le second martyr chrétien est l’évêque Ivan Romanov. Soumis à de multiples tortures, il trouve la mort en prison, où il purgeait une peine de douze ans pour espionnage.

L’évêque Ivan Romanov

PHOTO : vaticannews.va

"Monseigneur Ivan Romanov, né dans le village de Duvanlii, devient dans sa jeunesse chapelain de cour du tsar Ferdinand Ier de Bulgarie. Il travaille à son service, y compris après son abdication et son départ de Bulgarie, jusqu’en 1941", raconte le père Cortesi. "Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est nommé par le pape évêque de Sofia-Plovdiv et, dès 1944, il subit les répressions dirigées contre l’Église catholique. À l’été 1952, il est arrêté et, quelques mois plus tard, meurt à l’âge de 73 ans dans la prison de Choumen."

Le troisième prêtre est Fortounat Bakalski, l’un des nombreux catholiques arrêtés et torturés en 1952. Il meurt à seulement 36 ans dans la prison de Sofia.

Le père Fortounat Bakalski

PHOTO : vaticannews.va

"Le père Fortounat Bakalski, lui aussi originaire de la région de Rakovski, a été pendant plusieurs années curé à la cathédrale Saint-Joseph de Sofia et, parallèlement, rédacteur de la revue catholique "Istina" ("Vérité"). Il s’est ouvertement opposé au nouveau pouvoir, affirmant qu’un homme d’Église ne pouvait accepter l’athéisme et dénonçant les restrictions imposées à l’Église catholique ainsi que l’expulsion des prêtres étrangers. Fortunat Bakalski a proclamé haut et fort sa position, alors que d’autres restaient silencieux et dociles comme des agneaux menés à l’abattoir."

Le processus de béatification des trois martyrs – qui consiste essentiellement à rassembler témoignages et documents sur leur vie et leur œuvre spirituelle – devrait s’achever d’ici deux ans. Mais quel apport cet acte pourrait-il offrir à l’autorité et à la mission de l’Église catholique en Bulgarie, comme exemple de dévouement et d’inébranlable fidélité dans les temps d’épreuve ?

PHOTO : vaticannews.va

"Ils sont l’exemple d’hommes doux, humbles et travailleurs, qui ont aimé leur patrie, œuvré pour l’éducation des jeunes et servi tout le monde", répond Paolo Cortesi. "Ils étaient aussi de bons, honnêtes et intelligents Bulgares. Que leurs compatriotes se réjouissent qu’en ces temps obscurs il y ait eu des personnes qui, sans violence, sans paroles ni actes haineux, ont travaillé jusqu’à leur dernier souffle pour le bien des autres. Ces véritables Bulgares sont tombés dans le piège de la répression et qu’ils soient pour nous tous une source d’inspiration, afin que nous mettions notre énergie et nos forces positives au service de la société."

Le père Cortesi espère un jour assister à la canonisation du premier saint catholique bulgare. "Mais pour cela, il ne suffit pas d’avoir été tué pour sa foi", ajoute-t-il. Un miracle doit être reconnu grâce à l’intercession d’un bienheureux martyr.

PHOTO : catholic-bg.org

Plusieurs personnes affirment déjà avoir été guéries de manière inexplicable grâce à l’intercession d’Eugène Bossilkov et d’autres bienheureux bulgares. Mais ces témoignages devront être confirmés par des documents médicaux précis, car au Vatican la procédure est examinée avec une rigueur extrême. En attendant qu’un miracle soit reconnu, Paolo Cortesi souhaite que non seulement les catholiques, mais tous les habitants de Bulgarie découvrent l’histoire des victimes de ces années sombres et y trouvent la force de devenir de bons citoyens et de bons croyants.


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Version française : Svjetlana Satric