Auteur :
Darina Grigorova
Actualité
Le père Pétar Siméonov, cinquante ans au service de Dieu et des âmes
mardi 24 mars 2026 13:05
mardi, 24 mars 2026, 13:05
Père Pétar Siméonov
PHOTO : Darina Grigorova
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On dit que Dieu rassemble ceux qui partagent des valeurs, des destins et des idéaux communs, ceux qui regardent dans la même direction et gravissent ensemble le chemin escarpé de l’élévation spirituelle. Dans sa mission, le prêtre, serviteur de Dieu, rassemble à son tour au sein de l’Église des fidèles unis par la même foi et la même morale, créant un espace où les âmes en quête de Dieu se reconnaissent plus aisément et forment une communauté soudée. À l’étranger, lorsque la patrie se trouve à des milliers de kilomètres, ce besoin d’appartenir à une famille spirituelle, partageant une langue et une foi, se fait encore plus pressant. C’est là que s’affirme le rôle de l’Église bulgare, attentive aux aspirations spirituelles de ses compatriotes loin de leur terre natale.
"Je pense qu’il n’existe pas d’autre institution disposant de moyens éprouvés pour rétablir l’équilibre spirituel en chacun de nous, souligne le père Pétar Siméonov, recteur de l’église bulgare Saint Sophrone de Vratsa à Lyon. D’après mon expérience de cinquante ans, c’est l’Église. Et comme nous vivons dans une société où nous nous sommes beaucoup repliés sur nous-mêmes, lorsque les gens viennent au temple, ils n’ont plus envie de repartir."
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Depuis un demi-siècle, le père Pétar va à la rencontre des âmes en quête – dans la rue, à l’hôpital, en prison. Son attention personnelle à l’égard de ses paroissiens lui a valu un profond respect, celui d’un père spirituel qui connaît les destins de générations de Bulgares, partage leurs joies comme leurs épreuves.
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"Il faut savoir, ou apprendre, comment agir selon les circonstances que la vie ou Dieu nous donne. Ne jamais être trop sévère : savoir quand resserrer, mais aussi quand et comment relâcher. Le travail du prêtre consiste à chercher les âmes humaines et, par les moyens de l’Église, à les conduire vers le salut. Notre grand problème, c’est que nous ne mesurons pas la richesse que nous possédons et que, trop souvent, nous n’utilisons pas les moyens les plus adaptés pour atteindre ceux qui cherchent, alors que l’orthodoxie répond à la fois à la faim intellectuelle, émotionnelle et mystique."
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Avec une simplicité naturelle, le père Pétar a fait de l’église bulgare de Lyon une maison ouverte à tous, où chacun peut trouver réconfort et communauté. Sa capacité à voir au-delà des apparences et à rapprocher les êtres avec une bienveillance paternelle crée le sentiment d’une véritable famille orthodoxe, non seulement parmi ses fidèles en France, mais bien au-delà. En témoigne la célébration du cinquantième anniversaire de son ministère à l’église Saint-Sophrone de Vratsa à Lyon. Par la grâce de Dieu et avec la bénédiction du métropolite d’Europe occidentale et centrale, Antoine, la petite église s’est remplie de fidèles venus de près et de loin : Bulgares de Sofia, Genève, Madrid, Paris, Lille, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Cannes, Nice et même d’Algérie, ainsi que des Français issus de mariages mixtes. Tous ont répondu à l’invitation du père Pétar pour assister à cette célébration modeste, organisée par la paroisse lyonnaise.
Parmi les invités de marque figurait l’ambassadrice Mariana Boyadjieva, qui avait rencontré le père Pétar dès 1994 à Paris :
"Je défends personnellement l’idée que c’est précisément l’Église orthodoxe bulgare qui contribue à l’unité des communautés bulgares à travers le monde, en particulier dans les pays où d’autres religions sont dominantes. Ici existe un espace où les Bulgares orthodoxes, et pas seulement eux, peuvent se réunir, célébrer ensemble, partager les moments heureux comme les épreuves, lors d’offices dans l’esprit et les traditions de l’Église orthodoxe bulgare."
De gauche à droite : le père Guéorgui Guéorguiev (Strasbourg), le père Pétar Siméonov, l’ambassadrice Mariana Boyadjieva, l’attaché commercial de la Bulgarie à Lyon Nikolay Teoharov et son épouse.
PHOTO : Darina Grigorova
Pour l’occasion, le protopsalte Guéorgui Mikov, venu spécialement de Sofia et chef de chœur adjoint de la cathédrale métropolitaine "Sainte Nédélya", a magnifié la liturgie de saint Basile par ses chants. La joie dans les regards des présents témoignait de la force du lien qui les unit :
Protopsalte Guéorgui Mikov
PHOTO : Darina Grigorova
"Quand les gens éprouvent un tel bonheur, simplement d’être ensemble, c’est le signe d’une parenté spirituelle fondée sur des valeurs partagées", confie Marin Rachev, venu de Paris avec son épouse Diana.
"Nous avons rencontré des personnes extraordinaires et espérons que cela deviendra une tradition, et que nous ferons partie des projets communs de cette communauté. L’Église est le lien avec Dieu et avec les autres Bulgares."
Le père Pétar, entouré de ses fidèles
PHOTO : Darina Grigorova
"Bien sûr, c’est dans le temple que vit cette foi bulgare que nous portons en nous. Nous, Bulgares, sommes un peuple doté d’un grand esprit, c’est pourquoi tant de nos compatriotes réussissent à l’étranger, occupant des postes élevés. Malheureusement, ils sont loin de leur pays", observe la chanteuse folklorique Radka Gantcheva, dont les interprétations émouvantes ont tiré des larmes aux fidèles du père Pétar. "Rien n’est plus beau que la Bulgarie, et si nous surmontons les difficultés économiques, je crois qu’elle deviendra ce bouquet de fleurs, ce jardin paradisiaque que nous chantons", ajoute-t-elle avant d’entonner : "Oh Bulgarie, belle et bien-aimée mère…"
Le bonheur dans les yeux de tous ceux venus honorer le père Pétar a sans doute été le plus précieux des cadeaux pour ces cinquante années de ministère, preuve que les graines semées au fil d’un demi-siècle ont porté de beaux fruits.
Version française : Svjetlana Satric
Chargé de publication : Svjetlana Satric