Auteur :
Diana Tsankova
Actualité
mercredi 1 avril 2026 14:00
mercredi, 1 avril 2026, 14:00
PHOTO : Diana Tsankova
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A la veille de ses trente ans, la galerie-librairie "Sofia Press" présente You can sit with us, exposition d’œuvres de Dessislava Kostadinova. Le titre est une référence à la célèbre formule anglaise "You can’t sit with us ". "La signification de cette phrase est le fait de rejeter quelqu’un du groupe car pas conforme à ses normes, de la mode ou sociales", explique l’artiste. En s’opposant à cet acte impitoyable, elle opte pour la solidarité.
"Le besoin d’un individu de contacts sociaux, sans pour autant nier la nécessité de chacun d’accorder une part de son temps précieux aux moments où on reste seul avec soi-même, est une condition sine qua non pour le bien-être physique et psychologique" , ajoute Dessislava Kosadinova. "Ce que je recherchais comme thème est la tendance qu’ont les gens à se rassembler pour s’affirmer et montrer leur force, tout en repoussant quelqu’un d’autre. Il est associé au rejet qu’une personne peut subir sur les réseaux sociaux, la soi-disant cancel culture et le blême public qui conduit à l’isolement. Une autre question essentielle est de savoir si les personnes introverties n’ont pas tendance à choisir elles-mêmes leur solitude, afin de se préserver de l’ostracisme qui existe depuis l’Antiquité, et si le rejet au lieu de l’acceptation dans un milieu social, n’est pas la plus grande des punitions."
PHOTO : Diana Tsankova
Dessislava Kostadinova met un accent sur la division à
tous les niveaux de la société qui, selon elle, a été artificiellement imposée par
l’éducation, les médias, la politique.
Pour ses natures mortes, compositions et portraits, l’artiste, diplômée de l’Académie nationale des beaux-arts dans la classe d’Andrey Daniel, privilégie la technique classique à l’huile, qui impose une superposition lente des couches de peinture, et le petit format, nous obligeant à nous approcher et à observer de près. Ici, on peut voir une alternative à l’environnement social que l’on habite où règnent le défilement rapide, l’attention fugace, la peur du rejet quand on ne trouve pas sa place.
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En face de l’entrée de la galerie, on se retrouve devant une immense fenêtre : au pied d’une montagne majestueuse, sous l’azur serein, s’élèvent des maisons uniformes et au milieu d’elle, le mitrailleur soviétique tombé en disgrâce du monument à l’armée soviétique qui a été démonté.
"Un jour, je peignais quelque chose dans mon atelier. C’est alors que j’ai vu le monument comme une pièce d’échecs. C’est ainsi que cette composition est née", indique l’artiste.
PHOTO : Diana Tsankova
Un petit garçon nommé Martin, un cube de Rubik à la main, assis sur un tapis coloré aux fils entrelacés, nous ramène à l’enfance.
" Pour être honnête, j’ai peint ce tableau sur commande, mais je l’ai gardé pour moi ", avoue Dessislava Kostadinova. "L’enfant tient son cube de Rubik qui rassemble les réponses et les solutions aux choses qui vont lui arriver. "
PHOTO : Diana Tsankova
Dans le dernier tableau, des citrouilles de toutes couleurs et formes éveillent des associations :
"Je voulais créer un jeu entre elles, voire de l’érotisme", explique
l’artiste. "Le
titre, À minuit précis, fait référence au conte de Cendrillon. À
partir de là, l’interprétation de ce qui se passait avant le douzième coup de
minuit revient au spectateur. Il est libre de tout imaginer. "
Avec son exposition Dessislava Kostadinova adresse une invitation aux gens ici, dehors, à travers le vaste monde : "Tu peux t’assoir avec moi" - "s’assoir et discuter, ne pas s’isoler, ne pas s’exclure l’un l’autre"
Version française : Maria Stoéva
Chargé de publication : Maria Stoéva