Auteur :
Darina Grigorova
Actualité
vendredi 10 avril 2026 09:30
vendredi, 10 avril 2026, 09:30
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Le Vendredi Saint est le jour le plus solennel pour le monde chrétien. Le matin, il n’y a pas de célébration de la Divine Liturgie, car c’est le jour où Jésus-Christ, qui a institué le sacrement de l’Eucharistie, descend aux enfers auprès des morts.
Dans les églises orthodoxes, l’office est marqué par la procession de l’épitaphios – un linceul brodé représentant le Christ reposant au tombeau. Les fidèles s’inclinent devant lui et l’embrassent avec ferveur. "Nous pleurons Celui qui a donné sa vie pour nous sur la Croix, tout en Le glorifiant et en Le remerciant pour cette rédemption", souligne le professeur Ivan Jélev dans un entretien accordé à Radio Bulgarie. En ce jour, chacun est appelé à s’incliner devant l’abnégation du Sauveur.
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En Bulgarie, comme dans d’autres pays des Balkans, l’épitaphios est déposé dans une structure ornée de fleurs, la kouvouklia, symbole du Saint-Sépulcre. On y place également l’Évangile et la Croix. Les fidèles s’inclinent successivement devant ces symboles, les embrassent, puis passent sous la kouvouklia – geste hautement symbolique, par lequel ils "descendent" au tombeau pour y abandonner orgueil et égoïsme, avant de renaître à une vie nouvelle, faite d’humilité, de fraternité et de sollicitude envers autrui.
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Mais, rappelle le professeur Jélev, l’essentiel ne réside pas dans le geste lui-même, mais dans la transformation intérieure qu’il suppose :
"S’incliner et embrasser le Sauveur crucifié pour nos péchés est le minimum que nous puissions offrir. Passer “sous la table” n’est pas un acte magique. Cela ne procure pas automatiquement une récompense spirituelle. Même ceux qui ne sont pas profondément croyants ressentent le besoin d’entrer dans l’église et de dire : 'Pardonne-moi, mon Dieu !' Mais il ne suffit pas de prononcer ces mots : il faut se transformer. Le repentir, en grec, signifie un changement de pensée. Ce changement doit d’abord s’opérer en nous, au plus profond de notre âme."
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Les prêtres invitent ainsi les fidèles à vivre pleinement cette journée, dans une présence authentique à la fois à la douleur et à la gratitude. Contempler le Christ souffrant, pardonnant à ceux qui le crucifient, c’est saisir la mesure ultime de l’amour : celle du pardon. Pardonner, même lorsque l’injustice nous atteint, non parce que l’autre le mérite, mais parce que nous-mêmes avons été pardonnés.
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"C’est là le paradoxe : le Sauveur du monde a été compté
parmi les criminels et crucifié", observe encore le professeur Jélev, avant
d’ajouter :
"Tout cela est raconté dans les textes liturgiques de ces jours – lus et chantés depuis des siècles. Même si tout n’est pas compris dans ces hymnes, elles sont magnifiquement écrites par les meilleurs poètes du haut Moyen Âge. Elles forment la choralité religieuse que nous continuons à exécuter aujourd’hui, traduite de manière remarquable par les saints frères Cyrille et Méthode et leurs disciples. Au XIVe siècle, sous le patriarche Saint Euthyme, tout avait été traduit en vieux bulgare, et nous possédons ces textes encore aujourd’hui."
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Pour ceux qui souhaitent revivre les événements de la Semaine sainte, ils demeurent consignés dans le Nouveau Testament, à travers les récits des évangélistes Luc, Matthieu, Jean et Marc, mais aussi accessibles aujourd’hui via les outils contemporains, jusque dans les applications numériques de l’Église orthodoxe bulgare, dans la section "Bible".
Version française : Svjetlana Satric
Chargé de publication : Svjetlana Satric