Histoire

Actualité

Les chants du Vendredi Saint inspirent la foi en la Résurrection

vendredi, 10 avril 2026, 16:05

Les chants du Vendredi Saint inspirent la foi en la Résurrection

PHOTO : cathedral.bg

Taille de la police

Les chants interprétés le jour du Vendredi saint sont parmi les plus beaux et bouleversants du culte orthodoxe. Au-delà de la musique, c’est une lamentation musicale destinée à mener les fidèles à travers les événements du Golgotha qui se terminent par l’attente languissante de la Résurrection du Sauveur.

Bien qu’ils décrivent une douleur, ils laissent jaillir l’espérance que la mort a vaincu la mort. Jésus-Christ, la source de la vie, a été mis au tombeau mais c’est précisément par cette entrée dans la mort qu’Il la détruit de l’intérieur en inspirant aux croyants la conviction que la mort et le tombeau ne sont pas une fin mais une voie vers le Salut.

PHOTO : BGNES

"L’Eglise ne nous laisse pas le temps de faire notre deuil à la manière des hommes", indique le théologien et professeur de chant liturgique Nikola Antonov dans une interview accordée à Radio Bulgarie, et d’ajouter :

Nikola Antonov

PHOTO : Facebook/Nikola Antonov

"De cette façon, l’Eglise nous enseigne à survivre le deuil, le vivre sans pour autant s’y abandonner. C’est aussi une éducation à la vie car quel est le fléau de notre époque ? Cestbien la dépression, le fait de se sentir déprimé, le chagrin de l’homme contemporain. Ce n’est pas obligatoire d’avoir perdu un proche pour plonger dans un tel état qui s’empare de la majorité des personnes qui font face à des difficultés. En ce sens, en suivant ce cycle liturgique, nous apprenons à ne pas plonger dans le chagrin, sans nous en rendre compte."

La transition du chagrin à la lumière est un trait distinctif des trois parties des Vêpresdel’épitaphiosouLamentation funèbre. Dans les deux premières prédomines la tristesse de la Mère de Dieu qui pleure son Fils mais la troisième laisse entrevoir la lumière de la joie. 

Deux styles des Vêpres de l’épitaphios sont célébrés dans les églises orthodoxes bulgares : le chant byzantin oriental, plus méditatif et mystique, et le chant polyphonique dont la mélodie, plus reconnaissable, unit tous les fidèles assistant à l’office.

"Laversionpolyphonique, à troisou à quatrevoix, peut être de différent type en fonction de la chorale pour laquelle elle a été créée. Basée sur le chant byzantin, elle est ensuite harmonisée. Donc, on entend toujours le modèle byzantin. Ces variantes sont toutes les deux très belles et somptueuses mais il faut savoir comment interpréter ces mélodies. Il s’agit là de l’éducation, de l’esthétique ecclésiastique des interprètes, des chorales et de leurs chefs et c’est un sujet important lié à la façon dont nous interprétons la musique ecclésiastique."

Quelques-unes des plus belles harmonisations des chants liturgiques sont l’œuvre du grand compositeur bulgare Dobri Hristov. On peut les entendre dans presque toutes les grandes églises bulgares. La cathédrale "Saint-Alexandre Nevski" est connue pour certains des meilleures interprétations de la version chorale du Chant funèbre. 

Bien que les chanteurs du chœur d’hommes "Saint Jean Coucouzèle" chantent le plus souvent dans un style monodique, ils interprètent également des extraits polyphoniques des Vêpres de l’épitaphios. D’une renommée internationale, leurs interprétations font preuve d’équilibre et profondeur.

Le chœur mixte de la cathédrale "Saint-Alexandre-Nevsky"

PHOTO : cathedral.bg

La musique joue un rôle essentiel dans les offices, explique Nikola Antonov en précisant : 

"C’est pour cela que dès l’Antiquité l’Eglise a créé des règles spéciales par rapport aux chantres et la façon de chanter. Il est dit qu’il faut le faire avec une attention particulière et attendrissement, en soi unevertuascétique. En effet, la tâche de la musique est d’aider la prière des fidèles, de les guider afin que tous ceux qui participent à la liturgie avancent ensemble, en chantant,comme dans une marche inspirée vers le Royaume de Dieu, puisque le chant est un mouvement intérieur constant de l’âme. C’est pourquoi presque tout dans le culte orthodoxe est exprimé par le chant, car nous sommes en mouvement continu. Nous marchons vers Dieu." 

 

Version française : Maria Stoéva

Chargé de publication : Maria Stoeva