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Comment la flambée des prix se répercute sur les commerces et les consommateurs
mardi 14 avril 2026 13:30
mardi, 14 avril 2026, 13:30
PHOTO : RNB
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La guerre au Proche-Orient, la flambée des prix des carburants et la hausse de l’inflation se répercutent de plus en plus de l’économie globale au quotidien des citoyens bulgares. Ces effets sont les plus visibles sur les marchés municipaux où les petits producteurs et commerçants sont en contact direct avec les consommateurs et on peut y entendre comment chaque fluctuation des prix se reflète dans les conversations et les comportements d’achat.
Dans les petites municipalités les gens savent quel est le jour de marché et comparent régulièrement les prix dans les chaînes de grande distribution et les marchés en plein air d’où ils peuvent acheter plein de choses, depuis des œufs frais et des poules à des rideaux turcs et des mules chinoises, raconte la correspondante de la RNB pour la Bulgarie du Sud-Ouest Kéti Trentchéva. A Razlog le jour de marché est lundi et commerçants, producteurs et consommateurs se connaissent en bons voisins. Depuis un mois on y constate une contraction dans l’espace de marché et les produits mis en vente, alors que les prix augmentent, parfois en quelques heures. De plus en plus de gens cherchent à cultiver leurs légumes eux-mêmes.
PHOTO : BTA
Tout est trop cher pour nous, nous sommes des retraités, confie une femme au marché de Razlog. Les gens font de plus en plus de compromis, ils comparent plus et achètent moins.
On fait les deux, on cherche des prix plus abordables et on achète plus rarement, on se prive de certaines choses.
La conjoncture est difficile aussi pour les commerçants qui voyagent de ville en ville et ont de plus en plus de mal à rentrer dans leurs frais. Certains se demandent déjà s’ils ne devraient pas changer de métier, alors que d’autres oscillent entre espoir et désespoir.
On va chercher notre marchandise à Petritch, à plus de 100 km d’ici, explique une des vendeuses de légumes frais au marché de Razlog sans cacher que la seule réaction à la flambée des prix des carburants est d’augmenter ses prix.
PHOTO : pazarkj.com
Même situation à Kardjali où on voit déjà des tréteaux vides au marché des producteurs. La raison en est pour certains la location trop chère et pour d’autres les prix élevés des produits qui en deviennent invendables. La hausse des prix est due à une combinaison de facteurs, depuis les frais en énergie et l’augmentation des prix des engrais aux processus globaux sur le marché des produits alimentaires, dit le producteur de légumes Anton Roustchoukliev. Dans un entretien avec Radka Petkova de RNB-Kardjali l’agronome rappelle qu’il y a actuellement sur les marchés bulgares surtout des fruits et légumes importés et ajoute :
Les prix des produits alimentaires grimpent dans le monde entier. Mais cette année nous avons un problème supplémentaire avec le passage à l’euro. En dépit de toutes les assurances que les prix ne changeraient pas, on voit à plein d’endroits que les prix sont restés nominalement les mêmes, mais de léva ils sont passés en euros, ce qui coûtait un lev se vend maintenant un euro (dont le cours officiel est 1 euro = 1,95583 lev). Donc les prix ont bondi après l’adoption de l’euro, alors que les salaires restent les mêmes, ce qui fait baisser le pouvoir d’achat et les gens commencent à acheter de moins en moins.
PHOTO : Facebook/ marché de Blagoevgrad
Deux autres sources de pression sont la hausse du coût du travail et la pénurie de main-d’œuvre après le départ de beaucoup d’actifs à l’étranger.
Ainsi les petits producteurs se retrouvent-ils écrasés entre la hausse des frais et la baisse du pouvoir d’achat de leurs clients, sans oublier la concurrence des chaînes de grande distribution. Les pronostics sont compliqués, car les prix de l’énergie restent fortement dépendants de l’instabilité géopolitique, notamment des conflits au Proche-Orient. Cela se voit clairement sur les marchés municipaux de Bulgarie qui reflètent de plus en plus les tensions économiques avec des acheteurs toujours plus prudents et des vendeurs toujours plus en difficulté, un lieu ou le budget es ménages entre en collision avec l’insécurité globale.
Édition : Eléna Karkalanova, sur des reportages de Radka Petkova de RNB-Kardjali et Kéti Trentchéva, correspondante de la RNB à Blagoevgrad
Version française : Christo Popov
Chargé de publication : Christo Popov