mardi 14 avril 2026 14:36
mardi, 14 avril 2026, 14:36
PHOTO : BGNES
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En avril, la hausse des prix des produits de première nécessité enregistre sa progression la plus marquée depuis le début de l’année, atteignant 2 %. Depuis juin de l’an dernier, l’augmentation cumulée s’élève à 7,5 %. Tels sont les enseignements d’un suivi mensuel portant sur 21 biens de consommation essentiels, réalisé par la Confédération des syndicats indépendants de Bulgarie (CSIB).
Le syndicat souligne des flambées particulièrement spectaculaires pour certains produits frais : les concombres voient leurs prix bondir de 73 %, tandis que les tomates enregistrent une hausse de 47 %. Ces produits sont actuellement importés du Moyen-Orient et de pays voisins. Par ailleurs, des augmentations sensibles touchent également des denrées de base telles que le pain, le lait, le riz et les haricots, piliers de l’alimentation des ménages bulgares.
Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique : la hausse du coût des aliments pour animaux, le renchérissement de l’électricité nécessaire à la production, ainsi que l’augmentation des frais de transport et d’emballage.
La CSIB dénonce également des pratiques spéculatives tout au long de la chaîne de distribution. Pour des produits comme le riz, les haricots ou le lait, les marges peuvent atteindre jusqu’à 67 % dans certains cas, ce qui, selon l’organisation, appelle un renforcement du contrôle étatique.
Son président, Plamen Dimitrov, résume la situation en des termes sans équivoque : les prix des biens essentiels poursuivent leur ascension, certaines hausses n’étant pas justifiées par les mécanismes du marché. Plus frappant encore, ces prix dépassent parfois ceux observés dans des pays comme l’Allemagne, la France ou les Pays-Bas. Une anomalie économique, souligne-t-il, dans l’État membre le plus pauvre de l’Union européenne.
Depuis le début de l’année, les services de transport ont vu leurs tarifs augmenter de 15 %, avec une envolée particulièrement marquée du diesel (+45 %). Le prix à la pompe dépasse désormais 1,70 euro le litre.
Dans ce contexte, les experts de la CSIB appellent à des mesures urgentes pour protéger les ménages contre la précarité énergétique. Selon les données disponibles, près de deux millions de Bulgares vivent sous le seuil de pauvreté. Le syndicat préconise l’octroi d’une aide mensuelle de 60 euros aux plus vulnérables, soit trois fois le montant actuellement prévu (20 euros), pour les personnes dont les revenus sont inférieurs de moitié au seuil de pauvreté, fixé à 390,63 euros depuis le début de 2026.
Édition : Migléna Ivanova
Version française : Svjetlana Satric
Chargé de publication : Svjetlana Satric