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Solidarité bulgare : la générosité au-delà des fêtes

lundi, 27 avril 2026, 13:15

Solidarité bulgare : la générosité au-delà des fêtes

PHOTO : Eléna Dyulgerova

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À l’approche des grandes fêtes chrétiennes, comme Pâques ou Noël, les Bulgares ont la réputation "d’ouvrir leur cœur" pour soutenir des causes caritatives, qu’il s’agisse de collectes pour des traitements médicaux ou d’aides aux plus démunis. Mais cette solidarité ne se limite pas aux périodes festives. Si elle semble plus visible à ces moments-là, c’est surtout parce que les récits et initiatives solidaires occupent davantage l’espace public. En réalité, pour beaucoup, nul besoin d’un calendrier liturgique pour tendre la main. "Certains le font discrètement, par des dons mensuels", confie Eléna Dyulgerova, cofondatrice de l’initiative caritative 'Les citrons cachés'. Né à l’origine comme une équipe féminine de football, le collectif s’est transformé depuis cinq à six ans en un projet solidaire centré sur la vente de livres d’occasion au profit de causes sociales.

PHOTO : Eléna Dyulgerova

"Un jour, une fille de notre équipe nous a demandé si nous accepterions de participer à une vente caritative de quelques livres qu’elle ne lirait plus. Nous avons immédiatement décidé de l’aider, en ajoutant nos propres ouvrages. Au début, nous les vendions entre nous. Puis notre cause a touché un public plus large, et nous avons commencé à recevoir des livres de personnes qui ne souhaitaient plus les garder. Tous les fonds collectés sont reversés à la personne ou à la cause que nous avons choisi de soutenir."

PHOTO : Eléna Dyulgerova

Aujourd’hui, une nouvelle initiative prend de l’ampleur : des rencontres dans les écoles avec des élèves de différents âges, autour du thème du bien et de sa capacité à transformer, ne serait-ce qu’une seule vie.

PHOTO : Facebook/Les citrons cachés

"Nous n’avons mené ce projet que deux fois pour l’instant, mais c’est une expérience extrêmement enrichissante sur le plan émotionnel. Nous essayons de ne pas surcharger les enfants avec trop de faits inutiles. Il était important pour moi que le cours soit interactif : nous avons organisé des jeux mêlant football, littérature et quelques énigmes mathématiques. Le jeu est le meilleur moyen de capter l’attention et de favoriser la compréhension. À la fin, chaque enfant nous a apporté un livre qu’il avait aimé. Une fois tous les livres vendus, nous reviendrons vers eux pour leur montrer concrètement comment leur geste a aidé quelqu’un."

PHOTO : Eléna Dyulgerova

Le bien, toutefois, ne se laisse pas enfermer dans une définition unique. Chacun en trace les contours à sa manière. C’est aussi la conviction d’Iliyan Roussev, entraîneur de natation à Roussé depuis près de trois décennies. Animé par le désir de réaliser le rêve de son fils défunt, Alexandre, il œuvre sans relâche à la création d’un centre aquatique et de rééducation dans la ville danubienne. Le projet est entièrement financé par des dons, via la fondation Fondation Alexandre Roussev, tandis que le terrain a été mis à disposition à titre gratuit par la municipalité :

Iliyan Roussev

PHOTO : Facebook/ Kristina Borisova

"Le projet prévoit trois piscines au rez-de-chaussée, à l’étage, une salle multisensorielle, des cabinets pour psychologues, orthophonistes, ergothérapeutes, entre autres et au sous-sol, une chambre de sel", détaille-t-il.

L’objectif est clair : offrir aux enfants et aux adultes ayant des besoins spécifiques un accompagnement global et spécialisé en un seul lieu, évitant ainsi les déplacements multiples à travers la ville.

PHOTO : Facebook/ Kristina Borisova

"Je ne me considère pas comme un éveilleur de conscience, et je ne ressens pas cela ainsi", confie Roussev. "Mon travail est d’aider les enfants et les adultes dans le besoin. Je souhaite à tous une bonne santé, davantage de compréhension et de sérénité, et que chacun aide comme il le peut."

PHOTO : Facebook/ Kristina Borisova

Ces parcours individuels illustrent une réalité plus large : malgré les difficultés de notre époque et les combats personnels, l’espoir demeure vivant en Bulgarie. La conviction que le monde peut devenir meilleur et que chaque geste de bienveillance, même le plus modeste, peut changer une vie.


Version française : Svjetlana Satric