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L’Insurrection d’avril : apogée des luttes de libération des Bulgares
lundi 20 avril 2026 06:30
lundi, 20 avril 2026, 06:30
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Le 20 avril 1876 éclatait l’Insurrection d’avril qui représente le sommet des luttes de libération nationale des Bulgares pendant la domination ottomane de 5 siècles. La décision pour l’insurrection est prise par les révolutionnaires bulgares qui siègent en novembre et en décembre 1875 dans la ville roumaine de Giurgiu. Une insurrection éclate l’été de cette même année en Bosnie et Herzégovine et elle a pour résultat une nouvelle crise en Europe du sud-est. Voici le commentaire au micro de Radio Bulgarie du prof. dr Plamen Mitev de l’Université de Sofia.
Prof. dr Plamen Mitev
PHOTO : BGNES
"De nombreux chercheurs croient que le comité révolutionnaire de Giurgiu connaît très bien le grand écart dans le rapport des forces entre les insurgés et le gouvernement turc. L’empire ottoman a toujours à ses services une puissante machine de guerre disposant d’une armée de plus de 500 mille soldats armés de manière moderne. C’est précisément de ce point de vue qu’on estime que l’insurrection est envisagée dans le contexte de la crise orientale qui s’approfondit et grâce à laquelle les Bulgares pourraient compter sur le soutien des Grandes puissances. C’est pour cette raison que les recherches scientifiques soulignent de plus en plus souvent que bien que l’insurrection soit du point de vue militaire une défaite, sur le plan politique elle réussit à atteindre ses objectifs. En effet, les événements des mois d’avril et de mai 1876 sur les terres bulgares attirent l’attention de toute l’Europe. C’est ainsi que finalement sous la pression des Grandes puissances on commence à chercher une solution à la crise dont la question politique bulgare fait partie intégrante.
Guéorgui Benkovski (1843-1876)
PHOTO : Archives
En vertu des décisions du comité de Giurgiu, la Bulgarie est divisée en régions révolutionnaires. L’insurrection est la plus grande dans la région No 4, celle de la ville de Plovdiv. Le mérite en revient principalement au leader de l’insurrection de cette région, Guéorgui Benkovski.
"La troupe volante de Benkovski", tableau de Pétar Morozov
PHOTO : militarymuseum.bg
Une des pages les plus marquantes de l’histoire de l’insurrection est consacrée au génial poète bulgare Christo Botev. Il rassemble un détachement de 200 combattants personnes. Les groupes embarquent sur le bateau autrichien Radetzky de différents ports roumains sur le Danube. Le 17 mai ils revêtent l’uniforme, sortent leurs armes et s’emparent du bateau. Ils débarquent sur la rive bulgare, embrassent le sol de la patrie et s’engagent dans de lourds combats et de pénibles poursuites. Le poète Christo Botev et nombre des partisans de son détachement y trouvent la mort.
"Le détachement ailé", comme on appelait à l'époque le groupe des combattants sous la direction de Guéorgui Benkovski, tableau du peintre Dimitar Gudjénov
PHOTO : Archives
L’insurrection d’Avril échoue et elle est noyée dans le sang et les cruautés. C’est pour cette raison que le 3 avril 2011 l’église orthodoxe bulgare a béatifié une partie des victimes dans cette insurrection – les martyrs massacrés dans la ville de Batak et de Novo selo.
" Des insurgés bulgares (1876)", tableau de V. Antonov
PHOTO : bg.wikipedia.org
"La question bulgare est le principal sujet à cette époque dans toutes les grandes capitales européennes. On débat dans les parlements l’attitude à l’égard de la crise orientale qui s’approfondit. Il suffit de mentionner le rôle de personnalités comme William Gladstone, Victor Hugo, Giuseppe Garibaldi, des dizaines de personnalités publiques russes, des écrivains, des hommes politiques qui s’engagent en faveur de la cause bulgare. On observe à ce moment quelque chose de nouveau, poursuit ses explications Plamen Mitev, car en l’espace de quelques mois seulement la politique des Grandes puissances évolue. On cherche d’abord une solution pacifique à une conférence internationale à Istanbul, mais après son échec, c’est la guerre qui apparaît comme l’unique possible solution de la crise orientale".
Couronnes déposées en hommage aux martyrs de l’Insurrection d’avril devant l’église "Sainte-Nedelya" à Batak
PHOTO : RNB
C’est ainsi que commence la guerre russo-turque de Libération de 1877-78. A son issue, après 5 siècles de domination ottomane, l’état bulgare ressuscite et le chemin vers les progrès économiques et culturels est ouvert.
Version française : Vladimir Sabev
Chargé de publication : Svjetlana Satric