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1er mai

Les syndicats demandent "de la sécurité, des emplois et des salaires"

En Bulgarie, il n’existe toujours pas de loi sur les syndicats, ce qui rend difficile la défense des droits des journalistes, estime la présidente de l’Union des journalistes bulgares

vendredi, 1 mai 2026, 10:35

Les syndicats demandent "de la sécurité, des emplois et des salaires"

PHOTO : BGNES

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Le 1ermai est la Fête du Travail et de la solidarité des travailleurs, jour férié en Bulgarie et à beaucoup d’autres endroits dans le monde. Reconnue comme fête officielle depuis 1939, elle est célébrée par des défilés et des manifestations organisées par les syndicats. L’événement que cette date commémore a eu lieu il y a 140 ans jour pour jour à Chicago, quand1000 travailleurs élèvent leur voix en réclamant une journée de travail de 8 heures. En Bulgarie, le premier 1 est célébré depuis 1890, seulement 4 ans après la grève à Chicago.

"Les travailleurs bulgares sont hautement conscients. Tout autant que leurs cofrères d’outre-Atlantique, ils se sont rendu compte qu’il devait exister une réglementation liée au travail qu’ils faisaient", déclare Ioannis Parteniotis, vice-président de CT"Podkrépa" en rappelant les les acquis syndicaux au fil des décennies.

Ioannis Parteniotis, vice-président de CT Podkrépa

PHOTO : BTA

"Tous ces acquis comme la journéde travail de 8 heures, la semaine de 5 jours (nous nous souvenons bien comment nos parents travaillaient le samedi, c’est-à-dire que la semaine de travail était de 6 jours), le congé maternité, l’allocation chômage, les indemnité d’incapacité temporaire de travail, de vêtements professionnels, les conditions de travail, les congés, etc., tous ces avantages ont été conquis pas à pas par nos ancêtres et par une partie de notre génération. Ces choses ne sont pas acquises à jamais : elles doivent être défendues et développées.Le monde, et nous-mêmes en Bulgarie, vivons dans des conditions tout à fait différentes : les défis actuels sont à la fois d’ordre interne et causés par des facteurs externes. Les conflits militaires par exemple qui, non seulement ne s’apaisent pas, mais engendrent de plus en plus de problèmes liés à l’approvisionnement en pétrole, en matières premières, au transport. Enfin, il ne faut pas oublier les exigences que l’Union européenne s’impose à elle-même. Tout cela se répercute sur la prospérité de notre société, dont font partie les travailleurs."

PHOTO : socbg.com

La crise politique en Bulgarie dure déjà depuis 5 ans. Elle a conduit à l’instabilité, l’insécurité et réduction du nombre d’investisseurs qui apportent des capitaux dans le pays, ajoute Ioannis Parteniotis.

"J’espère vivement qu’après les dernières législatives(du 19 avril), notre élite politique se réveillera.Car voilà déjà cinq mois que l’État fonctionne en pilotage automatique, sans budget, à capacités réduites dans un contexte social, économique et financier totalement différent. Il y a un ralentissement de la croissance économique, voire stagnation dans certains secteurs industriels. A son tour, cela entraîne une baisse des revenus et des possibilités d’investissements, y compris ceux visant à améliorer les conditions de travail des salariés bulgares. Tout cela met en danger les emplois, crée un risque d’augmentaitondu taux de chômage, dévalorisation des revenus et, enfin, un risque d’appauvrissement des gens. L’entrée dans la zone euro a en outre accentué l’incertitude et le sentiment d’appauvrissement chez les citoyens bulgares.Dans ce contexte, cette année, à l’occasion du 1er mai, CT Podkrépa élève le slogan : "Sécurité, emplois et salaires maintenant ! " Certes, nous avons marqué des progrès, la Bulgarie n’est plus ce qu’elle était il y a 36 ans, mais elle peut faire bien davantage. Les Bulgares l’ont déjà prouvé juste après la Libération du joug ottoman (en 1878), quand, en peu de temps, le pays est devenu une puissance économique de premier plan dans les Balkans. Mais nous ne pourrons y parvenir à nouveau quen nous y prenant tous ensemble ", indique le syndicaliste.

En Bulgarie le 1er mai est également la journée de la presse de gauche

Snéjana Todorova, présidente de l'Union des journalistes bulgares

PHOTO : BTA

Le 1er mai, les partisans de l’idée de gauche descendent dans la rue pour soutenir la lutte pour l’égalité, la solidarité et la justice. C’est précisément la presse de gauche, représentée aujourd’hui en Bulgarie par le journal "Duma", qui a mené ces défilés au fil des années. À l’initiative de ce journal, fondé par le l’essayiste Stefan Prodev, le 1er mai a toujours été marqué par un défilé qui se termine dans le Jardin de Boris. Borisova Gradina, avec des discours et un concert.

"Depuis que je m’en souviens, il y a toujours eu des journalistes qui prennent la parole pour appeler à la solidarité, à l’unité, à être ensemble dans la lutte pour un monde plus progressiste et plus juste", indique Snéjana Todorova, présidente de l’Union des journalistes bulgares,  la plus ancienne et la plus représentative organisation des journalistes dans le pays.

"Nous continuons à défendre nos collègues, quand ils se tournent vers nous. Vous savez combien de licenciements il y a, combien de fortes pressions s’exercent sur les journalistes. Dans une étude de l’Association des journalistes européens publiée très récemment, plus de 70 % des journalistes interrogés déclarent subir des pressions, principalement d’ordre politique.En Bulgarie, malheureusement, il n’existe toujours pas de loi sur les syndicats, si bien que nos fonctions reposent sur les traditions que l’Union des journalistes bulgares a héritées au fil des années depuis sa création en juin 1955, lorsqu’elle défendait les droits des journalistes.

Nous continuons à le faire aujourd’hui, mais sans l’aide du législateur et sans droits législatifs, cela reste très difficile à réaliser. Et sans que ceux qui élaborent les lois comprennent que le journaliste devrait être soutenu dans son travail, et non pas soumis à des pressions, chassé ou sanctionné pour avoir dit la vérité."


Version française : Maria Stoéva