Auteur :
Anelia Dimitrova
Actualité
Dr Lu Tien : la médecin de Pékin qui a choisi la Bulgarie comme seconde patrie
"La santé passe par la préservation de l’énergie positive", rappelle la docteure Lu Tien, qui associe avec succès médecine occidentale et médecine traditionnelle chinoise
mardi 26 mai 2026 13:05
mardi, 26 mai 2026, 13:05
Dr Lu Tien
PHOTO : doctortien.com
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Née à Pékin, la docteure Lu Tien découvre la Bulgarie pour la première fois en 1993, à l’âge de seize ans. Sa mère, elle aussi praticienne de médecine traditionnelle chinoise, exerce déjà depuis de longues années dans le pays. Quelques années plus tard, après des études de médecine chinoise à l’Université de Shanghai, Lu Tien revient en Bulgarie – cette fois pour s’y installer durablement. Elle complète alors sa formation par des études de médecine conventionnelle à l’Université de Sofia "Saint-Clément-d’Ohrid".
Issue d’une lignée de dix générations de médecins, elle soigne depuis dix-huit ans ses patients grâce aux méthodes traditionnelles chinoises – phytothérapie, acupuncture et thérapie par ventouses – tout en conciliant approches orientale et occidentale. Aujourd’hui, elle affirme se sentir profondément bulgare et défend une conviction simple : la santé et la longévité reposent avant tout sur l’équilibre intérieur, le mouvement, la maîtrise du stress et la capacité à préserver une énergie positive.
"Ce que j’aime en Bulgarie, ce sont la nature, la cuisine et les amis. Ce qui distingue les Bulgares, c’est qu’ils ont le cœur bon et le sang chaud. J’ai énormément d’amis ici et je me suis habituée à vivre en Bulgarie. Je me sens bulgare.Ma mère était très proche de Baba Vanga. Elle lui avait dit qu’il y a quatre cents ans, ma mère et moi étions bulgares. C’est pour cela que nous sommes revenues dans cette vie : pour remercier ce pays, aider les Bulgares et les soigner tout au long de notre vie. Peut-être est-ce pour cela que je me sens ici chez moi et que tout me plaît. La seule chose que je ne mange pas, c’est le fromage de chèvre", raconte-t-elle en riant.
Selon les principes de la médecine chinoise, rappelle-t-elle, mener une vie saine suppose avant tout de protéger son énergie intérieure : éviter le stress, maintenir un équilibre émotionnel et se préserver des pensées négatives comme de la dépression. Avec humour, elle évoque aussi un souvenir de ses débuts en Bulgarie :
PHOTO : doctortien.com
"Je me souviens de mon arrivée en 1993. Les prix étaient tels qu’il fallait plusieurs milliers de leva pour acheter une glace. À l’époque, j’apprenais le bulgare à l’Institut des étudiants étrangers et je ne connaissais que quelques mots. Je devais aller acheter des œufs. Il n’y avait pas encore de supermarchés, seulement de petites boutiques. Pendant les cours, j’avais appris le mot “poulet”, mais pas 'poule'. Alors, en entrant dans le magasin, j’ai demandé : 'Puis-je acheter les enfants du poulet ?' La vendeuse a immédiatement compris et m’a apporté des œufs. Aujourd’hui, on me donnerait sûrement un vrai petit poulet !", plaisante-t-elle.
Pour Lu Tien, la Bulgarie fait partie des pays où l’on vit longtemps. Elle attribue cette longévité à certains traits profondément enracinés dans le mode de vie local.
"Beaucoup de Bulgares vivent jusqu’à quatre-vingt-dix ans. Cela vient du yaourt, du bon vin et de la rakia. Dans l’ensemble, c’est un pays en bonne santé. Mais il existe aussi des maladies que la médecine chinoise classe en trois grandes catégories. La première concerne les troubles cardiaques. La deuxième touche les personnes qui manquent d’énergie, avec des problèmes de prostate ou de reins. La troisième regroupe les douleurs articulaires. Elles sont surtout liées au manque de mouvement et d’activité physique, mais aussi à certaines habitudes. Ici, vous aimez trop le froid ! En hiver, beaucoup portent des jupes au lieu de pantalons, ce qui n’est pas bon pour les os. Et puis il y a les fenêtres ouvertes pendant la nuit ou la climatisation glaciale dans les voitures… Comment les os pourraient-ils ne pas souffrir ?" s’interroge-t-elle.
PHOTO : doctortien.com
Plus de trente ans après sa première découverte du pays, Lu Tien garde intact le souvenir d’une Bulgarie qu’elle trouvait belle, propre et accueillante. Après dix-huit années de vie sur place, elle ne cache plus le lien intime qu’elle entretient avec cette terre devenue la sienne.
"Je me sens absolument bulgare. Chaque jour, je vois des visages bulgares autour de moi, au point d’oublier que je suis chinoise. J’ai l’impression d’être l’une des vôtres. Ici, en Bulgarie, je me sens chez moi à cent pour cent", confie la docteure Lu Tien. En véritable médecin chinoise, elle conclut avec un vœu simple : souhaiter à chacun santé, sérénité et longue vie.
Version française : Svjetlana Satric
Chargé de publication : Svjetlana Satric