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"Un instant comme l’éternité ", l'hymne bulgare à l’amour

vendredi, 29 mai 2026, 19:15

"Un instant comme l’éternité ", l'hymne bulgare à l’amour

PHOTO : Image de la vidéo

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"C’est toi que j’aimais avant même de t’avoir rencontrée". Voilà déjà quatre décennies que ce vers émeut les amoureux. Si la chanson du poète Guérogui Konstantinov et du compositeur Vladimir Naoumov connaît un grand succès auprès du public, c’est dû en grande partie à la beauté de ses paroles. Grand maître de la poésie d’amour, Guéorgui Konstantinov, confie qu’il était ovationné lors d’une conférence d’écrivains à l’étranger même si personne ne parlait bulgare. Le public était tout simplement fasciné par la mélodie du poème.

"C’est un de mes poèmes préférés", relate Konstantinov dans une interview accordée à la chaîne BTV en ajoutant :"j’aime beaucoup la chanson aussi". Le compositeur Vladimir Naoumov déclare de son côté : "Un instant comme une éternité, c’est l’éternité en un instant".

PHOTO : archives

Le poème paraît pour la première fois en 1978 dans un recueil de Guéorgui Konstantinov intitulé "Cœur analphabète". Le poète se souvient de son succès rapide, surtout auprès des jeunes (lui-même à l’époque n’avait même pas 35 ans). Des années plus tard, il a été surpris d’entendre son texte, à la fois émouvant, lyrique et profondément philosophique, revivre sous forme de chanson interprétée à la Radio nationale par Todor Varbanov. C’est grâce à son interprétation poignante de Un instant comme une éternité que ce chanteur, connu sous son nom artistique, Varban, reste dans l’histoire de la musique bulgare, et c’est elle qu’il considère comme sa véritable carte de visite.

Todor Varbanov

PHOTO : todorvarbanov.com

Né à Varna en 1954, Vladimir Naumov est le fils d’Anastas Naumov, célèbre folkloriste, compositeur et chef d’orchestre bulgare. Très jeune, il commence à écrire de la musique pop et sa toute première œuvre remporte le premier prix au Concours de musique légère jeunesse en 1975. Par la suite, il se tourne vers la fusion du folklore bulgare et les genres contemporains en réalisant plusieurs arrangements très populaires de chansons traditionnelles.

Dans les années 1980, il rencontre la chanteuse Elvira Guéorguieva et il lui consacre plus de 100 chansons. Il écrit également pour des stars comme Lili Ivanova, Vassil Naydenov et Nelly Ranguélova.

Vladimir Naoumov

PHOTO : BTV

Bien avant que Todor Varbanov ne découvre le poème de Guéorgui Konstantinov, la mélodie de " Un instant comme une éternité " voit le jour dans la maison de Vladimir Naumov, pensée à l’origine comme bande originale d’un film qui ne sera jamais réalisé. La partition reste cachée dans un tiroir. Quand, un peu plus tard, Varbanov montre au compositeur le poème de Guéorgui Konstantinov, tous deux le jugent magnifique. C’est alors que Naumov se souvient de cette mélodie imaginée pour le cinéma.

"La musique a immédiatement collé à ce texte, comme si elle avait été écrite sur-mesure … En réalité, c’était bien le cas !", s’exclame Naumov.

Guéorgui Konstantinov et Todor Varbanov

PHOTO : Facebook/ Guéorgui Konstantinov

Todor Varbanov enregistre Un instant comme une éternité dans un studio de la Radio nationale bulgare en environ 35 minutes à la mi-février 1987. Quelques jours plus tard, la chanson est déjà diffusée atteignant rapidement le record de 12 diffusions par jour. Selon le chanteur, pendant des décennies, le public a toujours repris cette chanson avec lui lors de ses concerts.

Pour Guéorgui Konstantinov cette miniature vocale est "stellaire", résultat de la rencontre heureuse de deux muses, celle de la poésie et celle de la musique. Un instant comme une éternité prête également son nom à l’un de ses derniers recueils de poésie, rassemblant ses cent plus belles œuvres lyriques.


Version française : Maria Stoeva