Auteur :
Diana Tsankova
Actualité
Les élèves abusent souvent de l’IA, déclare une directrice d’école
jeudi 4 juin 2026 13:30
jeudi, 4 juin 2026, 13:30
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Le ministère de l’Éducation est sur le point de mettre en place un projet de transformation numérique de l’éducation scolaire en se concentrant sur l’introduction d’outils utilisant l’intelligence artificielle. Cette initiative se fait dans un contexte de constatations inquiétantes contenues dans une étude de DigitalEdu-SU de l’Université de Sofia indiquant que les instituteurs ne sont pas préparés à un enseignement innovant et les élèves ont des lacunes dans leurs connaissances numériques.
Nous nous entretenons avec Antoinéta Kalendérova, directrice d’une école privée de Sofia, sur l’introduction de l’IA dans l’enseignement scolaire et dans quelles circonstances elle peut devenir dangereuse :
Antoinéta Kalendérova
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Dangereuse ou pas, c’est une réalité et ce qui dépend de nous les adultes est de l’utiliser à l’école comme un outil qui fait gagner du temps, mais qui ne remplace pas l’intelligence humaine. L’IA est parfaite pour adapter le matériel scolaire à des élèves de niveaux différents. En ce sens elle est un excellent outil, et aussi pour un élève qui veut écrire un essai et trouver rapidement à des auteurs et des sources qui ont déjà discuté sur son sujet. Mais une fois que l’IA a fourni l’information nécessaire, l’élève doit écrire lui-même son essai. Dans ce cas c’est un outil utile qui fait gagner du temps.
L’IA peut être aussi bien une aide qu’un adversaire si nous négligeons nos aptitudes créatives et nous perdons notre capacité d’analyse et de regard critique à long terme :
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L’IA devient un ennemi quand elle remplace notre pensée, souligne Antoinéta Kalendérova. Et aussi quand on l’utilise à des tâches qui nous font gagner du temps, mais qui nous habituent à compter sur elle et que notre esprit devient plus paresseux et s’atrophie. C’est pourquoi la responsabilité des instituteurs demeure très importante. Ce sont les gens qui devraient bien connaître cet outil, ses diverses variations et comment les utiliser. Ils doivent ensuite formuler les règles de son emploi à l’école et apprendre aux élèves comment s’en servir de la meilleure façon possible.
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Une autre question importante est la propriété intellectuelle sur l’information donnée par l’IA, un problème qui est de plus en plus discuté, fait valoir Antoinéta Kalendérova. Dans son école on appelle ce phénomène "intégrité académique", parce que si l’on s’approprie quelque chose en le présentant comme son propre produit intellectuel, cela est mensonger. "Et plus tôt nous apprendrons aux enfants qu’être inspiré par quelqu’un d’autre est un bon début, mais il faut indiquer qui est l’auteur de l’idée initiale", souligne-t-elle.
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Le programme "Baccalauréat international" propose une solution honnête :
Indiquez quelle question vous avez posée à l’IA, explique Antoinéta Kalendérova. Et si cette question est "Écris-moi un essai sur tel sujet", ce n’est à l’évidence pas votre travail. Mais si la question est "Trouve-moi au moins trois chercheurs qui ont écrit sur ce problème", c’est acceptable, parce que vous n’avez pas fait la recherche vous-même, mais le texte final vous appartient.
Diana Tsankova
Version française : Christo Popov
Chargé de publication : Christo Popov