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La guerre de la route : un énième accident mortel agite de nouveau les esprits

mercredi, 10 juin 2026, 13:30

La guerre de la route : un énième accident mortel agite de nouveau les esprits

PHOTO : BTA

Taille de la police

L’accident mortel à Sofia qui a fait quatre victimes a de nouveau attiré l’attention sur le problème de la mortalité élevée des accidents de la route qui existe depuis de longues années. Pourquoi, en dépit de notre appartenance à l’UE et des nombreux amendements législatifs, la Bulgarie est-elle toujours parmi les pays où le nombre de victimes de la guerre de la route continue d’être bien trop élevé ?

En 2025 ont été recensés 6655 accidents de la route graves ayant fait 456 morts. Bien que ces chiffres soient en légère baisse par rapport aux années précédentes, la Bulgarie demeure le pays de l’UE à la mortalité la plus élevée d’accidents de la route : 71 morts par million d’habitants pour une moyenne de 43 dans toute l’UE.

Roumen Radev

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Après la tragédie du 5 juin impliquant un autobus et deux voitures le premier ministre Roumen Radev a convoqué les institutions responsables de la sécurité routière et a demandé des mesures draconiennes contre tous les types de conduite irresponsable et dangereuse.

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L’enquête de l’accident se poursuit, mais selon des sources officieuses les conducteurs qui l’ont provoqué seraient liés à un groupement criminel connu sous l’appellation "Les Kalashnikovs". Ce qui soulève une autre question : pourquoi des gens apparemment connus des services de police sont toujours des menaces pour la société?

Dans un entretien à la RNB le président de l’Union des moniteurs d’auto-école Yonko Ivanov a commenté : "Les institutions n’arrivent pas à communiquer normalement et se rejettent la responsabilité".

Yonko Ivanov

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Il estime que le problème n’est pas seulement les contrevenants concrets, mais le manque de coordination entre les institutions au niveau central et local. A ses dires la population locale et les institutions savent souvent qui sont ceux qui ne respectent pas la loi, mais les actions efficaces font défaut.

Les deux conducteurs ayant provoqué l’accident sont bien connus aussi bien de la Police routière que de la Police judiciaire, indique Ivanov, ajoutant que ces gens pensent être au-dessus de la loi, parce que les autorités refusent de sévir à leur encontre. Il a également commenté l’information que ces deux conducteurs avaient des permis de conduire tchèques, probablement parce qu’en Bulgarie il faut avoir fait au moins des études primaires pour obtenir un tel permis. "Dans l’espace Schengen on ne demande nulle part de niveau d’éducation pour l’obtention d’un permis de conduire et comme la Bulgarie fait partie de l’espace Schengen, ces permis de conduire sont valides dans tous les pays membres", note Yonko Ivanov.

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Outre le problème du contrôle l’expert pointe aussi du doigt celui de l’infrastructure. D’après lui le lieu de l’accident est un des endroits dangereux de la capitale. "Ce carrefour est tellement dangereux et mal sécurisé qu’il y a chaque jour un danger potentiel d’accident mortel", dit-il.

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La différence entre la Bulgarie et d’autres pays n’est pas tellement dans la sévérité des lois, mais dans l’incertitude qu’elles sont appliquées de la même façon pour tous. C’est bien pour cela qu’après chaque tragédie de la route la société pose la même question : pas s’il y a suffisamment de règles, mais si l’État est prêt à garantir que la loi sera la même pour tout le monde.

 

Édition : Eléna Karkalanova

Version française : Christo Popov