Auteur :
Vénéta Nikolova
Actualité
Le "Monastère aux diables", tout droit sorti d’un conte de fées
Extrait des trésors de Radio Bulgarie
dimanche 28 juin 2026 13:15
dimanche, 28 juin 2026, 13:15
PHOTO : Vénéta Nikolova
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Ograjden est un massif montagneux en Bulgarie du sud-ouest, à la frontière avec la Macédoine du Nord dont le point culminant se trouve en territoire macédonien. Des décennies durant, cette région était inaccessible aux voyageurs parce qu’elle était soumise à un strict régime de contrôle frontalier. Aujourd’hui, elle est devenue une destination appréciée de tous ceux qui désirent admirer in situ ses hameaux anciens avec les solides églises de pierre, qui défient le temps et les éléments, mais aussi se ressourcer grâce aux superbes paysages, offerts par la nature généreuse.
Le village de Guéga
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Le village de Guéga et le monastère de Tchourilovo
Le village de Guéga et le monastère de TchourilovoGuéga est un de ces endroits de toute beauté. Situé à moins de 10 km de la ligne frontalière avec la Macédoine du Nord, il possède un vrai monument du patrimoine national. Perché sur une petite hauteur un peu à l’écart se profile la blanche silhouette d’un monastère – le monastère Saint-Georges, connu aussi comme le Monastère aux diables. Et pourquoi l’appelle-t-on alors le monastère de Tchourilovo ? Tout simplement parce qu’il se situe à mi-chemin entre les deux villages Guéga et Tchourilovo. Et pourquoi le Monastère aux diables ? Parce que les parois du porche de l’église sont recouvertes de scènes impressionnantes du Jugement dernier qui nous renvoient, dirait-on, à un étrange défilé d’illustrations pour contes pour enfants. Sorties de l’imagination d’un vrai génie anonyme, elles sont créées dans le plus pur style du Réveil national bulgare de la fin du 18e et du début du 19e siècle. L’artiste voulait peut-être éduquer, moraliser, en quelque sorte, les fidèles auxquels les images étaient destinées.
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Histoires de diables et de pécheurs
Les peintures murales relatent toute une série de péchés et transgressions aux Dix commandements. Mais elles rappellent aussi les "punitions" et les tortures auxquelles le diable condamnera les pécheurs. Par exemple, au minotier qui fraude et vole les clients, Satan accrochera au cou une lourde meule pour lui rappeler ses péchés à tout instant. Les pécheurs qui ne se sont pas repentis traînent de lourdes chaînes de fer et sont précipités dans la gueule hideuse et béante d’un dragon monstrueux. Le prophète Isaïe y est représenté lui aussi, car pour avoir médité et proféré des paroles impures, il a eu la langue sciée.
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L’église de pierre et l’école du cloître
L’église du monastère de Tchourilovo est une solide bâtisse en pierre à trois nefs. L’intérieur est décoré de splendides sculptures sur bois finement gravées et les colonnes sont peintes aux couleurs très vives. Les femmes se tenaient au deuxième niveau, qui était délimité par une sorte de paravent spécialement aménagé et au travers duquel les jeunes filles pouvaient entrevoir les hommes qui se tenaient en bas au premier niveau. L’idée de ce parapet est bien claire – faire obstacle à la tentation dans la maison de Dieu.
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On y distingue une figure floue et pâle – une jeune femme qui se regarde dans un miroir. Et qui tient le miroir ? Super facile à deviner – le diable, bien entendu ! Jadis, cette image défraîchie était accompagnée d’une inscription sévère qui disait "Jeune fille qui ne pense qu’à s’attifer et se parer de bijoux est tentée par le diable".
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Que savons-nous du passé du monastère
L’histoire n’est guère prolixe, on ne sait pas grand-chose. Une hypothèse avance que sa construction aurait débuté en 1848 à l’emplacement même d’un très ancien temple orthodoxe. Les prêtres y avaient ouvert une école pour les enfants des villages voisins. Néanmoins, il y a un fait qui mérite d’être signalé – Stoyan Galabov, le premier maître de cette école de cloître, avait été envoyé étudier à Constantinople aux frais de la communauté. Les gens du coin voulaient qu’il y reçoive une bonne éducation pour pouvoir transmettre ses connaissances aux enfants de Guéga.
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Maintenant, l’école et l’église avec son clocher qui se dresse tout près ont été rénovées et sont resplendissantes de beauté. Du haut du clocher s’étalent à perte de vue les magnifiques paysages du massif Ograjden et les sommets du mont Bélassitza.
Chargé de publication : Svjetlana Satric