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Yoan Kolev

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Sécurité routière en Bulgarie : mauvais conducteurs et mauvaise infrastructure

mercredi, 1 juillet 2026, 13:30

Sécurité routière en Bulgarie : mauvais conducteurs et mauvaise infrastructure

PHOTO : BGNES

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La sécurité routière est parmi les problèmes de société les plus épineux en Bulgarie : accidents mortels à répétition, vies perdues et réponses insatisfaisantes aux questions sur l’état de l’infrastructure, l’efficacité des contrôles et la responsabilité des conducteurs. La statistique est de plus en plus alarmante : sur les six premiers mois de l’année 220 personnes ont perdu la vie et 3740 ont été blessées dans 3018 accidents de la route. Cela fait 36 morts de plus que pour la même période de 2025, ce qui ne fait que renforcer le sentiment d’une véritable guerre de la route et les actions de protestations après un accident mortel.

PHOTO : BGNES

Des experts font valoir que pour réduire les accidents, il faut investir dans une infrastructure plus sécurisée, un bon entretien du réseau routier et un contrôle plus efficace. Les problèmes majeurs sont les glissières de sécurité inadéquates et les nombreux nids-de-poule qui augmentent les risques d’accidents graves.

PHOTO : BTA

 Sans oublier le comportement des conducteurs qui devraient être plus responsables, car les accidents graves sont très souvent provoqués par des conducteurs inexpérimentés à bord de voitures très puissantes.

Une habitude fréquente des jeunes conducteurs est d’utiliser leurs téléphones pendant qu’ils conduisent, ce qui les distrait de ce qui se passe sur la route, explique sur Radio Bulgarie le moniteur d’auto-école Boyan Blajev :

PHOTO : Pexels

Il ne faut pas utiliser de téléphone, parce qu’une telle déconcentration à une vitesse élevée est fatale. A vitesse élevée la voiture a une moins bonne tenue de route et si on vire ne serait-ce qu’un peu à gauche ou à droite, cela peut être fatal.

Une des restrictions commentées était une limite d’âge minimum pour les jeunes conducteurs de voitures puissantes.

Je ne suis pas sûr qu’une telle limite soit nécessaire, c’est une question de mentalité. On peut conduite lentement une grosse voiture. Il faut retenir qu’à grande vitesse on n’a pas le temps de réagir. Plus la vitesse est faible, plus le temps de réaction est suffisant, et à des vitesses élevées il peut ralentir d’un tiers, indique Boyan Blajev.

PHOTO : Union des automobilistes bulgares

L’été est la saison des motards sur les routes de Bulgarie, mais eux aussi doivent se conformer aux règles de vitesse, parce que leur casque et autres protections ne les protègent qu’à 30% en cas d’accident, prévient le moniteur d’auto-école :

Je dispense aussi de cours de moto. Je vois comment ils veulent démarrer dès que le feu passe au jaune. Alors qu’en fait ils devraient attendre 2-3 secondes après le feu jaune, parce que si un autre véhicule entre ou sort du carrefour, il n’a aucune chance de réagir et d’éviter la collision.

PHOTO : BTA

Faut-il apporter des modifications à la formation des futurs conducteurs pour parvenir au moins partiellement à un changement de comportement et une réduction des accidents graves et du nombre de victimes ?

Je pense que la formation est déjà assez bonne. On pourrait éventuellement rajouter une dizaine d’heures de formation pratique, mais c’est l’attitude mentale des conducteurs qui pose problème. Maintenant tout le monde se met au volant et fonce pied au plancher. Les voitures sont devenues très puissantes et rapides. Il faut un état d’esprit approprié et une vitesse normale, alors qu’on voit plein de gens faire des excès de vitesse et se dépêche d’arriver à destination.

Selon Boyan Blajev l’infrastructure routière en Bulgarie est "au-dessous de tout" avec une signalisation horizontale trop souvent manquante et des panneaux obsolètes et incorrects. Le moniteur conseille donc aux conducteurs de respecter les limitations de vitesse et de faire une pause toutes les 60 à 90 minutes.

 

Yoan Kolev

Version française : Christo Popov