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Le palais de Vrana retrouve progressivement son décor d'origine

lundi, 6 juillet 2026, 13:10

Le palais de Vrana retrouve progressivement son décor d'origine

PHOTO : Ivan Chichiev

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À proximité immédiate de Sofia, le palais de Vrana, achevé en 1912, s'élève au cœur d'un parc de près de 1 000 hectares, où poussent des centaines d'espèces végétales, dont certaines sont protégées. Il a été l'une des résidences préférées des souverains du Troisième Royaume de Bulgarie (1878-1946) : le roi Ferdinand Ier, le roi Boris III, le roi Siméon II et leurs descendants.

PHOTO : dvoretz-vrana.bg

Le nom de "Vrana" est lié à la passion du roi Ferdinand pour l'ornithologie. Le souverain a choisi de baptiser le palais du nom de l'oiseau qui s'était posé sur son toit. L'histoire du domaine a fait l'objet de nombreuses recherches et de plusieurs documentaires au fil des années. Depuis 2010, date de la création de la Fondation "Roi Boris et Reine Giovanna", consacrée à l'étude et à la préservation du patrimoine historique, des objets et de la mémoire du Troisième Royaume de Bulgarie, d'importants travaux de restauration sont menés dans le palais. Dans le même temps, les collections du Musée royal continuent de s'enrichir d'objets personnels, de documents et de livres conservés dans les résidences du roi Siméon à Madrid, de la reine Giovanna à Estoril, au Portugal, et de la princesse Marie-Louise près de New York. Elles sont présentées dans le bâtiment conçu par l'architecte Nikola Lazarov, connu sous le nom de Nouveau Palais. Le premier édifice construit dans le parc de Vrana, le Vieux Palais, a été réalisé selon les plans de l'architecte Guéorgui Fingov, considéré comme l'un des maîtres de l'Art nouveau en Bulgarie. Aujourd'hui, cette demeure est la résidence de Siméon II et de son épouse, Margarita, explique Ivaylo Chalafov, directeur de la Fondation "Roi Boris et Reine Giovanna", dont l'équipe veille à la préservation du patrimoine monarchique réuni au sein du Musée royal.

Le professeur associé, Dr Ivaylo Chalafov

PHOTO : dvoretz-vrana.bg

Depuis peu, le palais de Vrana accueille également des visiteurs. Le rez-de-chaussée est ouvert aux groupes, sur réservation préalable. La chapelle, restaurée il y a cinq ans, est elle aussi accessible au public:

La chapelle orthodoxe Saints Boris Tsar et Jean de Rila le Thaumaturge après sa restauration, en 2021.

PHOTO : Facebook /Ivaylo Chalafov

"Notre chapelle est un lieu de culte vivant. Un prêtre y célèbre les offices et des baptêmes y sont organisés. La volonté de la famille royale est que ce cœur spirituel du palais de Vrana soit véritablement accessible aux fidèles comme à tous les citoyens", explique Ivaylo Chalafov. Il souligne également la contribution du patriarche Néophyte, du métropolite de Plovdiv Nicolas et du Saint-Synode qui, "avec une sollicitude paternelle", ont tout mis en œuvre pour permettre le retour des reliques religieuses au sein de la résidence de la famille royale.

PHOTO : Facebook/Parc-musée de Vrana

Une promenade dans les allées ombragées du parc de Vrana peut ainsi se prolonger par la visite de cette résidence royale, offerte à la municipalité de Sofia par Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha en 2001, à la condition qu'elle soit entretenue et demeure librement accessible aux citoyens.

Un lieu intimement lié à l'histoire de la monarchie bulgare

PHOTO : Ivan Chichiev

Le palais et son parc occupaient une place particulière dans la vie des familles des souverains bulgares, qui profitaient de chaque occasion pour y séjourner.

Portrait du roi Ferdinand, retrouvé par hasard dans les réserves du Saint-Synode et offert au palais

PHOTO : Yoan Kolev

"Le roi Ferdinand a créé cet endroit pour y exprimer son intérêt pour la botanique, l'ornithologie et les sciences naturelles. Il lui était naturellement très attaché. Le destin a toutefois voulu qu'il n'y vive que quatre ans. Il abdique le 3 octobre 1918, à la suite de l'issue malheureuse de la Première Guerre mondiale pour la Bulgarie, avant de partir en exil définitif.

PHOTO : Facebook /Ivaylo Chalafov

Son fils, le roi Boris III, monte alors sur le trône et vit à Vrana pendant les vingt-cinq années qui suivent", explique notre interlocuteur. Il rappelle également que, malgré le souhait exprimé par Ferdinand d'être inhumé en Bulgarie, ce n'est qu'il y a deux ans que cette volonté a pu être officiellement réalisée. "En 1948, un tel retour était impensable, en raison du remplacement de la monarchie par la République et de la volonté des nouvelles autorités d'effacer tout souvenir et tout symbole de l'ancien régime."

Le Roi Boris

PHOTO : Yoan Kolev

Revenant sur l'histoire du palais, Ivaylo Chalafov compare les résidences de la famille royale bulgare à celles des autres dynasties des Balkans.

"En Bulgarie, tout ce qui est lié à la famille des souverains est qualifié de 'royal'. Lorsque l'on parle des palais royaux de Sitnyakovo et de Saragyol, cela me fait sourire, car il s'agit en réalité de chalets de chasse en bois, utilisés lors des parties de chasse ou des excursions. Le mot 'palais' fait immédiatement penser à un petit Versailles, ce qui ne correspond tout simplement pas à la réalité. Comparez les palais de la famille royale bulgare à ceux des autres souverains des Balkans, en Roumanie ou en Serbie. Ce sont des ensembles palatiaux remarquables. Il faut reconnaître aux dirigeants communistes de ces pays qu'ils n'ont ni endommagé ni pillé leur patrimoine. Nous ne pouvons malheureusement pas en dire autant."

Le cabinet de travail du roi Boris III

PHOTO : Yoan Kolev

En tant que résidence du pouvoir, Vrana a également accueilli les premiers ministres de la Bulgarie durant les premières années du régime socialiste, Guéorgui Dimitrov et Vassil Kolarov. Leurs successeurs, Valko Tchervenkov et Todor Jivkov, ont eux aussi utilisé les salons du palais à l'occasion de différentes manifestations officielles.

Au fil des années, la résidence a reçu de nombreux chefs d'État étrangers, venus aussi bien des pays voisins des Balkans que d'autres régions du monde. Le dirigeant cubain Fidel Castro, notamment, a expressément demandé à être logé au palais lors de chacune de ses deux visites officielles en Bulgarie.

Ivaylo Chalafov a réuni de nombreux documents, des photographies d'archives et des informations consacrées à l'histoire du palais dans son ouvrage Vrana dans la Couronne.

PHOTO : Facebook /Ivaylo Chalafov

"Dans ce livre, j'ai rassemblé tout ce qui se rapporte à l'histoire du palais de Vrana. Il contient des documents uniques ainsi que des photographies inédites de la famille royale. Nous avons également adopté une approche innovante pour certaines photographies en noir et blanc, qui ont pu être colorisées grâce aux technologies numériques. Je pense, sans fausse modestie, que cet ouvrage est une réussite. Il fait partie d'une collection consacrée au Troisième Royaume de Bulgarie, à ses souverains ainsi qu'à la vie politique, sociale et militaire de cette période. Nous poursuivons ce travail et je suis convaincu qu'il constitue une contribution importante à la mémoire historique de la Bulgarie."


Version française : Svjetlana Satric