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Sofia a déjà son refuge climatique

Sevdalina Voynova de l’Association pour le développement de Sofia : "La Bulgarie occupe la deuxième place en Europe, après l'Espagne, pour le nombre de décès enregistrés pendant l'été"

lundi, 20 juillet 2026, 13:30

Sofia a déjà son refuge climatique

PHOTO : sofia-da.eu

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la fin juin, dans la majeure partie d’Europe occidentale, les thermomètres affichaient déjà 40 degrés, et de nouvelles vagues de chaleur se profilent encore. Plus de 10 mille décès sont enregistrés en France, République tchèque, Allemagne, au Royaume-Uni et en d’autres pays en dépassant les chiffres habituels pour la saison des canicules, selon le réseau EuroMOMO (European Mortality Monitoring), qui surveille la mortalité globale en Europe.

Une grande partie des victimes, plus de 9 mille personnes, sont âgées de plus de 65 ans. La canicule peut s’avérer fatale en provoquant un coup de chaleur ou en aggravant des maladies cardiovasculaires ou respiratoires déjà présentes. Tout cela fragilise la population âgée du vieux continent, note Reuters dans son analyse.

Sofia a déjà son refuge climatique

PHOTO : EPA/BGNES

Le dérèglement climatique rendra ces épisodes d’extrême chaleur encore plus fréquents et intense. Pendant que le corps humain essaie de s’adapter aux nouvelles conditions, l’OMS recommande aux autorités dans les grandes villes de prendre en charge ses habitants et visiteurs via les refuges climatiques. Il s’agit d’espaces verts, à l’ombre qui protègent les gens de la chaleur. Ces oasis climatiques sont dotées de brumisateurs et offrent même des flacons de neige voltigeant dans certaines capitales chaudes.

L’Association pour le développement de Sofia a créé un tel refuge, le premier sur le territoire de la capitale bulgare. Situé près du Pont des lions, au début de la rue "Veslets", il est pourtant peu connu, comme le montre un micro-trottoir de Kalina Stoyanova d’Horizon, la chaîne info de la RNB. Il a été aménagé précisément dans ce quartier parce qu’il est densement peuplé et desservi de beaucoup de lignes des transports en commun que des milliers de gens empruntent chaque jour. En outre, beaucoup de personnes des groupes dits vulnérables y habitent.

Sevdalina Voynova

Sevdalina Voynova

PHOTO : sofia-da.eu

"C'est un quartier qui a un besoin immense d'un endroit pour échapper à la chaleur", explique Sevdalina Voynova de l'Association pour le développement de Sofia :

"Personne n'ignore que le changement climatique a fait que les périodes caniculaires soient plus intenses et plus longues. Pourtant, il y a aussi un phénomène spécifique dans les villes en raison de l’urbanisation excessive et du fait que la majeure partie du sol est scellée par l'asphalte, le béton et d'autres revêtements, mais aussi à cause de la densité de population, de la forte circulation des transports en commun, etc. Par conséquent, dans certaines zones urbaines, la température à l'ombre est de 5 à 7 degrés plus élevée que dans d'autres parties du pays ou à la périphérie de la ville. Et n'oublions pas que la température n'est pas mesurée à la surface du sol, mais à environ un mètre cinquante, et à l'ombre. Cela signifie par exemple que l'air qui entoure un piéton est bien plus chaud."

Sofia a déjà son refuge climatique

PHOTO : sofia-da.eu

Il existe différents refuges climatiques à travers le monde, aménagé à l’intérieur comme à l’extérieur. "L'îlot de fraîcheur" qui nous aide à faire face à la canicule à Sofia est un refuge climatique en plein air, précise Sevdalina Voynova : "Par définition, c'est un endroit où l'on a envie d'aller pour s'asseoir, se reposer, se rafraîchir, reprendre haleine pour pouvoir ensuite poursuivre son chemin à travers les rues brûlantes", ajoute-t-elle :

"Ce que nous avons fait, c'est prendre une cour négligée appartenant à un hôpital municipal pour la transformer en un mini-parc qui fonctionne comme un refuge climatique. Pour cela, il doit impérativement offrir de l'ombre et un système de refroidissement par eau. Nous avons donc installé un système de brumisation. L'accès à l'eau potable est également obligatoire : il y a une fontaine pour que les gens puissent remplir leur bouteille. Ici, en plus de pouvoir travailler et connecter son appareil au réseau Wi-Fi gratuit, on peut boire de l'eau gratuitement. Notre refuge propose aussi des jeux de société et un petit box médical où l'on peut mesurer sa tension artérielle. Il y a même un petit jardin pour cultiver des légumes, des herbes aromatiques et des fleurs. On peut donc cueillir des herbes aromatiques ou même planter quelque chose si on le souhaite. L'idée est que les gens passent un moment agréable pendant les fortes chaleurs, en particulier s'ils n'ont pas de climatisation chez eux."

Sofia a déjà son refuge climatique

PHOTO : sofia-da.eu

Il est préférable qu'une personne soit toujours présente pour veiller à l'ordre et au bon état de cet espace vert. Il n’y a eu aucun problème pour le moment, indique l'Association pour le développement de Sofia, qui prévoit de créer plusieurs îlots de fraîcheur dans d'autres quartiers de Sofia.

"Je suppose que d'ici la fin de l'année, au moins deux autres seront prêts", déclare Sevdalina Voynova. "L'impact social de ces espaces est extrêmement important. Serviront-ils réellement aux personnes qui n'ont pas d'autre moyen de se protéger de la canicule à Sofia ? Dans tout le quartier où nous avons implanté notre premier refuge climatique, il n'y a qu'une seule fontaine publique qui fonctionne. Le simple fait que les gens puissent boire et remplir leur bouteille gratuitement a déjà un impact social majeur. C'est pourquoi ces espaces ne doivent pas être mesurés en termes d'investissements financiers, leur véritable valeur réside dans l’impact qu’ils font pour les gens. Nous nous heurtons encore à une certaine méfiance, mais une fois venus, les gens y retournent. C'est l'occasion d'encourager les entreprises et les organisations qui disposent d'espaces adaptés à y aménager de tels refuges. Ouvrez une petite partie de la cour, rendez l’accès libres au public, offrez de l'eau et de la fraîcheur aux passants. Le même vaut pour les halls d'accueil  - ouvrez-en une partie à ceux qui ont besoin de s'abriter de la chaleur. La Bulgarie occupe la deuxième place en Europe, après l'Espagne, pour le nombre de décès enregistrés pendant l'été, des vies perdues à cause de la chaleur extrême."

 

 

Edition : Guergana Mantchéva

(propos recueillis par Kalina Stoyanova, RNB Horizon)

Version française : Maria Stoeva

Chargé de publication : Maria Stoeva