Auteur :
Elena Karkalonova
Actualité
Ecoles bulgares dans le monde : nouvelles stratégies et dialogue institutionnel
Réunion de l’Association des écoles bulgares à l’étranger à Sofia
mercredi 22 juillet 2026 10:05
mercredi, 22 juillet 2026, 10:05
PHOTO : Facebook/AEBE
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Imaginez un samedi matin où, au lieu de profiter d'une grasse matinée, vous entreprenez un trajet de trois heures pour que votre enfant puisse entendre parler bulgare dans une salle de classe, apprendre à lire et à écrire, mais aussi découvrir la culture, l'histoire et les traditions de son pays d'origine. Pour des milliers de Bulgares installés à l'étranger, ce choix exigeant est fait en toute conscience. Et ces établissements sont de plus en plus nombreux : le ministère de l'Éducation en recense 277, dont beaucoup possèdent une ou plusieurs antennes, ce qui porte leur nombre total à près de 400.
Du 21 au 23 juillet 2026, l'Université de Sofia "Saint-Clément-d'Ohrid" se retrouve au carrefour de cet engagement citoyen et des politiques publiques à l'occasion de la 19e réunion annuelle de l'Association des écoles bulgares à l'étranger (AEBE).
L'équipe de l'AEBE
PHOTO : Facebook/AEBE
Zornitsa Gogan, présidente de l'AEBE, souligne toute l'importance du dialogue institutionnel pour une organisation qui rassemble aujourd'hui 280 membres. "Ce qui distingue cette édition de la conférence, c'est notre volonté d'engager un dialogue institutionnel plus dynamique. Pour la première fois, nous organisons une table ronde avec des représentants des pouvoirs publics autour des politiques à long terme destinées à l'enseignement bulgare à l'étranger. Le programme et les thématiques ont été élaborés à partir d'une enquête menée auprès des membres de l'AEBE . Il était essentiel pour nous que cette rencontre réponde aux besoins réels du terrain", explique Mme Gogan à Radio Bulgarie.
Directrice de l'école du dimanche bulgare "Rayna Knyaginya" à Dublin, en Irlande, elle préside le conseil d'administration de l'AEBE depuis un an. "Notre association existe avant tout pour ses membres. Nous allons mettre à l'ordre du jour des sujets fondamentaux dans l'espoir d'offrir un espace où institutions et écoles bulgares de l'étranger pourront échanger et dégager des solutions concrètes."
PHOTO : Фейсбук/bulgarianschoolnyc
Les différents ateliers du forum abordent aussi bien les enjeux stratégiques que la qualité même des enseignements :
"Le premier volet de la table ronde porte sur la politique stratégique de l'État et sur la nécessité de dégager une vision cohérente sur le développement des écoles bulgares à l'étranger, assortie d'un modèle de financement durable et d'un véritable partenariat entre notre communauté éducative et les institutions. Le deuxième volet concerne la place de nos établissements dans le paysage éducatif international. C'est un combat de longue date de l'AEBE : faire reconnaître l'enseignement du bulgare au sein des systèmes éducatifs des pays d'accueil. Lors de cette deuxième session, nous aborderons également les moyens de garantir un accès plus équitable de nos élèves à l'enseignement supérieur en Bulgarie. Enfin, le troisième volet est axé sur la qualité de l'enseignement et le déploiement des nouveaux programmes de bulgare langue étrangère, le développement de ressources pédagogiques modernes et d'outils numériques, ainsi que de bonnes pratiques. Notre objectif est de soulever ces questions afin d'amorcer un dialogue durable, fondé sur le partenariat et la continuité. Nous sommes convaincus que c'est de cette concertation active entre écoles et institutions que viendront des solutions efficaces."
La multiplication des écoles bulgares du dimanche s'explique aussi bien par l'engouement croissant des familles que par des contraintes très pratiques, poursuit Zornitsa Gogan :
"Ces dernières années, on observe un véritable regain d'intérêt pour les écoles bulgares à l'étranger. De plus en plus de parents réalisent que la maîtrise de la langue maternelle favorise le développement linguistique, cognitif et personnel de l'enfant. La langue bulgare devient ainsi un pont entre la jeune génération qui grandit hors de Bulgarie et celle qui vit dans le pays. La seconde raison réside dans la nécessité de disposer de davantage de centres éducatifs dispensant des cours de bulgare. À l'étranger, rejoindre un établissement s’avère parfois extrêmement compliqué : certains parents parcourent deux à trois heures de route, une raison supplémentaire pour l’ouverture de plus d’établissements bulgares à l’étranger.”
PHOTO : Facebook/AEBE
La diversité des approches sera explorée lors du troisième jour de la conférence annuelle, précise Vanya Kotorova, membre du conseil d'administration. Elle est venue de Budapest, où elle dirige l'école bulgare dans la capitale hongroise :
"L'un des grands objectifs de cette conférence est que chaque participant reparte non seulement avec de nouvelles idées, mais aussi avec des outils très concrets à appliquer au quotidien. Parmi les temps forts figurera la présentation de la méthode intégrale "Retchenitsa", conçue pour l'enseignement du bulgare comme langue étrangère par le département de langue bulgare de l'Université de Sofia "Saint-Clément-d'Ohrid". Nous découvrirons aussi le nouveau manuel "Notre Bulgarie" destiné aux classes de troisième et quatrième année, élaboré par des enseignants pour les besoins de nos écoles à l'étranger. Un programme destiné à motiver les élèves pour apprendre le bulgare, l'histoire, la géographie et la culture bulgares, ainsi que l'exposition itinérante "Esprits fantastiques", consacrée aux jeunes talents bulgares dans le aine des sciences naturelles, qui fera le tour des écoles bulgares à travers le monde, seront présentés également. Enfin, nous partagerons des approches et des modèles de travail dans le cadre de projets européens et de développement de partenariats internationaux."
PHOTO : Facebook/suzie.gogan
La réalité particulière des établissements situés hors de l'Union européenne figurera également au cœur des débats. Neli Hadjiyska, de l'école "Gergana" à New York et membre du conseil d'administration de l'AEBE, insiste notamment sur les moyens de financement :
"Dieu merci, nous bénéficions du soutien du ministère de l'Éducation, mais cette aide répond à ce que l'État bulgare peut assumer, soit 20 % du budget de chaque école. Le reste est collecté de différentes façons. Dans notre cas, nous faisons appel à des mécènes soucieux de préserver le sentiment d'appartenance bulgare. Ce sont des défis auxquelles nous faisons face et ils sont loin d'être négligeables", explique Neli Hadjiyska, avant de poursuivre : "L'Association des écoles bulgares à l'étranger s'efforce de rassembler tous nos établissements, près de 400, afin qu'ils partagent des problématiques communes, des idées communes et apprennent l’un de l’autre. Chaque école a une identité unique ; nous ne sommes pas moulés dans le même moule. C'est pourquoi nous tenons à accorder une place centrale, lors de la journée du 23 juillet, aux méthodes pédagogiques innovantes comme le mentorat académique ou les plateformes éducatives numériques. Le fil conducteur de toutes ces initiatives est de proposer des solutions adaptées à nos écoles à l'étranger dont la spécificité diffère beaucoup de celle des établissements situés en Bulgarie."
La conférence de l'AEBE à l'Université de Sofia sera inaugurée ce 22 juillet par la présidente de Bulgarie, Iliyana Yotova. Placé sous le thème "Les écoles bulgares à l'étranger : un espace d'identité, de culture et d'appartenance", cet événement se tient sous le haut patronage du ministre de l'Éducation, Guéorgui Valtchev. Il consacre le rôle de cette communauté professionnelle qui ne se contente pas d'enseigner, mais insuffle un véritable sentiment d'appartenance au cœur d'un monde globalisé.
Version française : Maria Stoéva
Chargé de publication : Maria Stoeva