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Gabriella Iliéva cultive "la fleur du paradis" près de Vratsa
"Les producteurs de safran ne bénéficient d’aucun soutien de la part de l’Etat", regrette-t-elle.
jeudi 20 août 2026 14:00
jeudi, 20 août 2026, 14:00
PHOTO : Gabriella Iliéva
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Voici l’histoire de Gabriella Iliéva de Vratsa : à cinq ans elle prenait des cours de piano mais quand elle était élève en neuvième année, après avoir dévoré le manuel de chimie inorganique, elle a décidé de faire des études de laborantine au Lycée professionnel de chimie. Etudiante, elle n’arrivait pas à concilier les études et le travail pour pouvoir subvenir à ses besoins. Elle est alors partie pour le Royaume Uni où elle était nounou, puis agente de propreté, avant de créer une entreprise de vente de mobilier orthopédique d’occasion. Mais comme, selon sa propre définition, elle est quelqu’un de curieux qui amie expérimenter, elle a décidé de se reconvertir professionnellement.
"En 2016, je suis retournée de l’Angleterre après six ans. En 2019, peu après que j’ai rencontré mon mari, nous avons décidé de faire quelque chose ensemble", relate-t-elle. "Je voulais travailler dans le domaine de l’agriculture, parce que nous disposons de terrain, mais je souhaitais quand-même que ce soit plus intéressant, exotique et stimulant. J’ai fait des recherches sur internet et c’est ainsi que j’ai découvert au safran. Nous avons acheté 100 kg de bulbes et nous les avons plantées dans la cour, sans avoir la moindre idée de ce qui allait en ressortir."
PHOTO : Association des producteurs de safran en Bulgarie
Le résultat a étonné ces producteurs débutants qui ont appris dès la première récolte que tout devait se faire à la main, que la période de floraison du safran s’étend de la mi-octobre à la mi-novembre, qu’il faillait cueillir les fleurs chaque jour à l’aube et qu’on avait besoin d’environ 150 fleurs pour produire un gramme d’épice, de même que plein d’autres choses : par exemple, le fait que le safran est aussi utilisé dans la confiserie. C’est ainsi qu’est née leur confiture de safran qui n’est pourtant pas commercialisée pour l’instant car on nécessite à cet effet "un tas de permis".
Entre-temps, Gabriella Iliéva s’est inscrite dans le registre des producteurs agricoles mais elle s’est retrouvée face à un mur qu’elle doit démolir sans l’aide de personne.
PHOTO : Association des producteurs de safran en Bulgarie
"J’ai dû chercher un marché moi-même", indique-t-elle à Zornitsa Garkova de "Hristo Botev", la chaîne culturelle de la RNB. "C’était encore un obstacle, parce que les gens chez nous ne connaissent presque pas cette épice et pour vendre un produit de si haute qualité, il faut expliquer de quoi il s’agit et ce qu’on en fait. Qui plus est, en entendant le prix, les gens ne veulent pas l’acheter, cela leur revient trop cher. C’est vrai qu’on peut trouver dans les commerces du safran pas cher mais il est de basse qualité. On ne se rend pas compte que nous faisons tout à la main, sans aucune machine pour nous aider."
Pour proposer son safran, Gabriella Iliéva fait le tour des magasins à Vratsa, dont il n’y a qu’un qui accepte de vendre le produit pour une courte période, avant de trouver une option moins chère. Les amis et les connaissances d’Iliéva sont également ses clients. Quant à la perspective d’un marché plus important, elle place son espoir dans la l’Association des producteurs de safran qui pourrait exporter la production.
PHOTO : Association des producteurs de safran en Bulgarie
Quid de l’encadrement légal de la culture de safran en Bulgarie?
"Pour l’instant, il n’y a pas de législation qui prend en compte la production du safran en tant que tel", répond Gabriella Iliéva. "Je suis enregistrée comme productrice d’huiles essentielles, mais ce n’est pas la nature du safran qui est une épice, une plante médicinale et plein d’autres choses. En ce moment, notre association travaille d’arrache pied pour que l’Etat regarde la production de safran d’un autre oeil afin qu’elle devienne un domaine part entière, car il s’agit de l’épice la plus chère dans le monde. Nous luttons donc pour obtenir quelque chose alors que les autres pays sont beaucoup plus avancés par rapport à la législation et le soutien accordé au producteurs. Nous, personne ne nous assiste en rien. Il y a pourtant des recherches montrant une pénurie du safran à l’échelle mondiale."
PHOTO : Association des producteurs de safran en Bulgarie
Tôt ou tard, la "fleur du paradis" finira par s’éclore et ouvrira les portes bien méritées à Gabriella Iliéva qui expérimente non seulement avec une plante d’une grande beauté mais aussi avec la force de son esprit et sa foi dans la réussite.
Edition : Diana Tsankova (propos recueillis par Zornitsa Garkova de la chaine "Hristo Botev")
Version française : Maria Stoéva
Chargé de publication : Maria Stoeva