Auteur :
Antonia Popova, BNR Plovdiv
Actualité
Politologue : la patience des Bulgares envers le pouvoir s’amenuise
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Le Parlement bulgare reprend ses travaux après la pause estivale des députés. Dans un mois exactement débutera la campagne électorale, qui durera un mois et précédera l’élection présidentielle prévue le 25 octobre.
La nouvelle séquence politique s’annonce mouvementée. Alors que le gouvernement promet des réformes dans le cadre du budget 2027, le parti du Premier ministre Roumen Radev, "Bulgarie progressiste", parviendra-t-il à convaincre ses électeurs qu’un changement est réellement à l’œuvre ? Et dans quelle mesure la campagne présidentielle modifiera-t-elle la vie parlementaire ? La politologue et enseignante à l’université Tatiana Bouroudjieva a analysé la situation pour RNB Plovdiv. Selon elle, les candidatures annoncées jusqu’à présent ne sont pas le signe d’un changement dans la vie politique, "car, traditionnellement, en Bulgarie, le parti au pouvoir a son propre candidat à la présidence". Elle s’est également penchée sur les modifications du Code électoral adoptées par la majorité, qui, à ses yeux, soulèvent des interrogations quant à la capacité du scrutin à refléter pleinement la volonté des électeurs :
Tatiana Bouroudjieva
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"Les doutes pèseront constamment sur le président nouvellement élu, quel qu’il soit, car on se demandera s’il a réellement été élu conformément à la volonté des électeurs. Par ailleurs, les attentes portent surtout sur le pouvoir exécutif et sur ce qu’il a promis à ses sympathisants, à ses soutiens et à tous ceux qui ont tant contribué à faire aboutir cette campagne. Ils attendent désormais des résultats et un retour en reconnaissance de leur soutien, tout comme les électeurs attendent des résultats en échange de leur vote et les différents cercles économiques de l’oligarchie désormais vaincue. Tout se concentre donc surtout sur ce qui va réellement se passer. Et le grand avantage, je dirais, de ce gouvernement, c’est qu’il présente constamment les choses de manière à ce que ce soit à nous de les interpréter."
Bouroudjieva estime que le principal défi qui attend le gouvernement au cours de la nouvelle séquence politique sera de tenir les engagements pris, notamment en matière de revenus, de réformes et de lutte contre la corruption. Elle juge trop générales les formulations du programme gouvernemental. Selon elle, elles permettent à différents groupes sociaux et économiques de se reconnaître dans les objectifs affichés, sans toutefois apporter suffisamment de précisions sur les moyens de les atteindre. Elle ajoute : "Il faut attendre de voir les actes et leurs résultats pour pouvoir déterminer si, en réalité, les promesses sont tenues."
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La politologue souligne que les cent premiers jours d’un gouvernement constituent la période durant laquelle, lorsqu’il dispose d’une majorité politique, les décisions les plus déterminantes doivent être prises. Selon elle, l’absence de telles initiatives remettrait en question le message de campagne de "Bulgarie progressiste" : "Nous sommes prêts".
Le soutien au gouvernement pourrait rapidement s’éroder si les attentes de la population en matière de revenus ne sont pas satisfaites, estime la politologue, qui met également en garde contre le risque d’une nouvelle hausse des prix :
"Mais pour la plus grande partie de la société, la patience est, à mon avis, une ressource devenue très rare. Si, autrefois, un tel gouvernement bénéficiait d’un certain confort, au moins pour la durée d’un mandat, avec déjà le suivant en perspective, il me semble qu’aujourd’hui la mobilité, les changements, le nouveau monde, la communication, qui est très différente, et le fait que les gens attendent désormais tout autre chose des responsables politiques, et surtout cette patience qui se réduit et qui exige que les choses se fassent ici, aujourd’hui et maintenant, plutôt que dans un hypothétique avenir lointain, risquent de jouer un mauvais tour au gouvernement."
Premier ministre Roumen Radev
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Selon Tatiana Bouroudjieva, en l’absence d’une politique convaincante en matière de revenus, des manifestations et un désengagement accru de la population vis-à-vis du gouvernement sont à prévoir. La politologue ajoute que les restrictions qu’introduiraient, selon elle, les modifications du Code électoral pourraient accentuer les tensions sociales au lieu de permettre leur expression par des voies démocratiques. Bouroudjieva est catégorique :
"On ne peut pas mettre un couvercle sur une cocotte-minute en empêchant complètement la vapeur de s’échapper."
Version française : Svjetlana Satric
Chargé de publication : Svjetlana Satric