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Zvérino, village où l’esprit bulgare se transmet de génération en génération

lundi, 7 septembre 2026, 12:10

Zvérino, village où l’esprit bulgare se transmet de génération en génération

PHOTO : БТА

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Dans les méandres des gorges de l’Iskar se niche Zvérino, un village bulgare de taille respectable à la vie culturelle particulièrement foisonnante. Les enfants y dansent et apprennent à jouer de différents instruments, tandis que les adultes veillent sur les traditions et font revivre des épisodes marquants de l’histoire, inscrivant ainsi le passé dans la vie de la communauté d’aujourd’hui.

Le "Fakel 1926", le foyer culturel local, qui fête cette année son centenaire, est au cœur de cette vie culturelle. Lieu de rencontre, de création et d’apprentissage, il rassemble des habitants de toutes les générations.

Zvérino, village où l’esprit bulgare se transmet de génération en génération

PHOTO : Eléna Karkalanova

"Je travaille depuis dix ans déjà dans cette institution culturelle, qui est le principal centre spirituel et culturel du village. Zvérino compte 1 400 habitants ; nous avons une école jusqu’à la terminale ainsi qu’une école maternelle. La force de caractère des habitants et la cohésion de la communauté donnent à nos initiatives une résonance particulière", raconte Stiliyana Stoyanova, secrétaire du foyer culturel.

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PHOTO : Eléna Karkalanova

Le "Fakel" abrite un ensemble de danses traditionnelles pour enfants, qui compte 60 jeunes répartis en trois groupes d’âge, ainsi qu’une école de musique où ils apprennent à jouer de différents instruments. Il accueille également des ensembles folkloriques féminin et masculin, un club de travaux manuels et un cercle artistique réunissant 36 écrivains, peintres et photographes de la région. Leurs œuvres ont déjà été réunies dans cinq almanachs.

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PHOTO : Eléna Karkalanova

"Nous sommes particulièrement fiers de voir des jeunes participer en si grand nombre à nos ensembles amateurs. Le plus important, c’est que les manifestations que nous organisons touchent profondément les habitants et incitent toujours plus de personnes à y prendre part. Cela tient aussi au dialogue et au travail mené conjointement par le foyer culturel, la mairie, l’école et l’école maternelle, mais surtout à l’attachement des habitants à la culture bulgare et aux traditions, à leur volonté de les préserver et de les transmettre", explique Stiliyana Stoyanova, avant de nous faire découvrir les richesses du foyer culturel : sa vaste salle, sa bibliothèque rénovée, les vestiaires où sont conservés les costumes des ensembles de danse ainsi que les uniformes des insurgés.

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PHOTO : Eléna Karkalanova

À Zvérino, le lien avec l’histoire bulgare est particulièrement fort. En 1876, pendant la lutte pour la libération du joug ottoman, les insurgés de la troupe de Cristo Botev traversent la région. Selon la mémoire historique locale, les habitants de Zvérino les accueillent, leur donnent à manger et les aident à franchir la rivière.

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PHOTO : Eléna Karkalanova

Chaque année, le 4 juin, cette histoire reprend vie à l’occasion de la fête de Zvérino. Le groupe local des "Compagnons  de Botev" reconstitue la descente des insurgés depuis les Balkans, tandis qu’une plaque commémorative consacrée à l’événement a été apposée dans la maison-musée voisine "Vodénitsa".

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PHOTO : Eléna Karkalanova

"Le groupe porte l’uniforme caractéristique des insurgés et nous reconstituons leur descente des Balkans, torches à la main. Nous traversons littéralement la rivière Iskar, après l’avoir préparée et sécurisée à l’aide de cordes. C’est ainsi que nous reconstituons le passage des insurgés à travers la rivière", explique Stiliyana Stoyanova.

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PHOTO : Eléna Karkalanova

À Zvérino, le calendrier des festivités commence le 6 janvier, jour de l’Épiphanie, l’une des grandes fêtes du christianisme orthodoxe. Après la liturgie célébrée dans l’église, les habitants se rendent en procession jusqu’à la rivière Zlatitsa, où les hommes récupèrent la croix de l’Épiphanie avant de former une ronde traditionnelle dans les eaux glacées. Le 3 mars, jour de la fête nationale bulgare, Zvérino célèbre la fête avec les villages voisins d’Oselna et d’Ignatitsa. Tous se retrouvent sur la place du village et la journée s’achève par une grande ronde folklorique bulgare, raconte Stiliyana Stoyanova.

Autre temps fort de la vie locale : le Festival national de folklore "Zmey Goryanin", qui rassemble plus de 500 artistes amateurs, chanteurs, danseurs et solistes, venus de toute la Bulgarie. Son nom est lié à la tradition folklorique locale et sa vocation est de préserver et de faire connaître le patrimoine populaire bulgare. Les coutumes du kolédouvané et du rituel de la Saint Lazare sont toujours vivaces. La secrétaire du centre culturel espère par ailleurs voir prochainement renaître l’ancien rituel local du "Brashlenkyou", associé à l’ "eau silencieuse" et aux vœux de prospérité.

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PHOTO : Eléna Karkalanova

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PHOTO : Eléna Karkalanova

Le foyer culturel abrite enfin un espace ethnographique spécialement aménagé, où sont exposés des objets de la vie quotidienne des habitants ainsi que d’authentiques costumes traditionnels locaux, tous offerts par les habitants de Zvérino.

Mais qu’est-ce qui pousse les habitants à rester à Zvérino ? La question se pose d’autant plus que les emplois y sont rares. Le village compte quelques serres maraîchères, mais les possibilités d’emploi restent limitées. Nombreux sont donc les habitants qui travaillent à Sofia et font chaque jour le trajet entre leur domicile et la capitale, à un peu plus de 100 kilomètres de là.

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PHOTO : Eléna Karkalanova

Et pourtant, certains jeunes choisissent de rester. Les raisons tiennent avant tout à un attachement affectif au village.

"La pierre reste là où elle est, comme on dit chez nous. Cela ne s’explique pas avec des mots. Ce lieu dégage simplement une énergie particulière et offre une nature magnifique", confie Stiliyana Stoyanova.

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PHOTO : Eléna Karkalanova

Zvérino peut également compter sur une autre richesse : son environnement naturel. Le village se trouve dans les gorges de l’Iskar, une région pittoresque de l’ouest de la Bulgarie traversée par la rivière du même nom, entre Sofia et Mezdra. À proximité se trouvent le monastère de Tcherepich, le site rocheux des Ritlite, le monument consacré à Dyado Yotso, près d’Otchindol, inspiré du personnage éponyme d’un récit de l’écrivain bulgare Ivan Vazov, ainsi que la maison-musée de Baba Iliitsa, associée à l’héroïne de la nouvelle "Une Bulgare".

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PHOTO : Eléna Karkalanova

En 2025, le centre culturel et la direction du parc naturel des Balkans de Vratsa ont lancé le projet "Écodestination des gorges de l’Iskar", destiné à mettre en valeur les sites naturels et culturels de la région. Deux itinéraires de randonnée ont été aménagés. Parmi les lieux qui attirent les visiteurs figure la cascade de Bigora, accessible par un sentier de sept kilomètres qui longe la rivière Zlatitsa.

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PHOTO : Eléna Karkalanova

Pour l’heure, la région reste surtout une destination d’excursion à la journée. Mais à Zverino, les habitants espèrent aller plus loin.

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PHOTO : Eléna Karkalanova

Car il ne s’agit pas seulement pour eux de préserver leur passé : ils veulent faire de cet héritage transmis par leurs ancêtres une raison pour que les jeunes puissent envisager leur avenir ici.


Version française : Svjetlana Satric

Chargé de publication : Svjetlana Satric