Auteur :
Diana Tsankova
Actualité
À 20 ans, Dessislava Marinova fait revivre les costumes traditionnels bulgares
"L’intérêt pour la tradition grandit, y compris chez les enfants", affirme-t-elle
lundi 21 septembre 2026 13:10
lundi, 21 septembre 2026, 13:10
PHOTO : RNB Bourgas
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La broderie qui orne les costumes traditionnels bulgares évoque une ronde populaire. L’entrelacement de ses fils traverse les époques, à l’image de la danse qui accueille sans cesse une nouvelle main tendue. C’est à ce voyage singulier entre passé et présent que se joint une jeune femme de 20 ans, qui trouve du sens et de l’inspiration dans la renaissance des costumes traditionnels bulgares, fidèles aux modèles anciens.
Depuis son enfance, Dessislava Marinova aide sa mère dans son atelier de couture à Aytos. À mesure que les commandes de costumes traditionnels se multipliaient, elle a découvert le domaine dans lequel elle pouvait mettre son savoir-faire à profit : la broderie.
"Ce que j’aime, c’est rendre les costumes aussi authentiques que possible, pour qu’ils ressemblent au maximum aux originaux", explique Dessislava. "J’aime beaucoup celui que je porte en ce moment. Il provient du musée d’Elhovo et c’est moi qui l’ai réalisé. Mon préféré reste le costume de mariée de Samokov, mais je ne l’ai pas encore confectionné, car je ne me sens pas encore au niveau nécessaire. En réalité, je les aime tous."
PHOTO : RNB Bourgas
Pour se rapprocher au plus près des costumes d’origine, la mère et la fille puisent dans des sources couvrant différentes époques. Leur travail commence par l’étude de la région ethnographique concernée, avec une attention particulière portée aux matières, aux couleurs et aux caractéristiques des broderies.
"Sur Internet, on trouve beaucoup d’informations", raconte Dessislava. "Nous achetons aussi de nombreux ouvrages spécialisés. Nous allons également dans les bibliothèques et les musées, car on y conserve des publications qui ne sont plus disponibles dans le commerce et qu’on ne peut plus trouver en librairie. Où que nous allions, nous interrogeons les habitants : ils aiment nous raconter comment leurs grands-mères et leurs mères confectionnaient autrefois les vêtements. Des clients viennent régulièrement chez nous parce qu’ils ont repéré des costumes de leur village. Leurs grands-mères leur ont transmis leur costume, mais celui-ci est désormais trop ancien pour être porté. Ils souhaitent donc que nous en réalisions un nouveau afin de perpétuer la tradition familiale."
PHOTO : Facebook /Atanaska Marinova
En deux ans, Dessislava Marinova a confectionné de nombreux costumes. "Je ne saurais pas en donner le nombre exact. J’en découvre un qui me plaît dans une région donnée et, tout le temps, je travaille sur quelque chose de nouveau." Selon elle, le plus difficile consiste à retrouver les anciennes techniques, qui disparaissent peu à peu.
"Aujourd’hui, les techniques sont différentes et il est très difficile de se rapprocher de la manière dont les costumes étaient confectionnés autrefois", explique Dessislava. "Nous ne savons pas tisser, alors que de nombreux éléments sont tissés et que nous devons ensuite les orner de broderies. Cela nous empêche, dans une certaine mesure, de réaliser des costumes qui soient à 100 % fidèles aux originaux. La broderie n’est pas faite à la main, mais à la machine. Nous essayons néanmoins d’utiliser des matières aussi naturelles que possible, comme le coton et la laine, pour nous rapprocher au maximum des modèles anciens."
PHOTO : RNB Bourgas
La jeune artisane entend continuer à faire revivre l’esprit authentique des vêtements portés autrefois par les Bulgares. D’autant que l’intérêt pour les costumes traditionnels ne cesse de grandir, y compris chez les enfants. Elle s’apprête par ailleurs à obtenir son diplôme universitaire, dans un domaine qui rejoint une fois encore ce qui lui tient le plus à cœur : l’ethnographie. À ceux qui considèrent que son activité appartient au passé, elle répond sans hésiter : "Le costume traditionnel fait partie de notre histoire, et cette histoire doit être transmise."
Édition : Diana Tsankova (d’après une interview de Stefka Bakardjieva de Radio Bourgas - RNB)
Version française: Svjetlana Satric
Chargé de publication : Svjetlana Satric