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La Bulgarie a besoin de meilleures prévention et culture sanitaire
mardi 29 septembre 2026 13:45
mardi, 29 septembre 2026, 13:45
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La santé est un capital précieux. En prendre soin relève en effet tant de la responsabilité du patient que de celle des professionnels de santé et des institutions. Deux médecins, l'un fort d'une longue expérience et le second, un jeune soignant à quelques mois seulementde l’épreuve finale lui permettant d‘exercer sa spécialité, se sont exprimés au micro de la Radio Nationale Bulgare sur la nécessité d'améliorer la prévention, la culture sanitaire et les conditions de travail des praticiens. Deux générations, deux regards sur les défis de la prise en charge médicale dans le pays.
L'un des problèmes majeurs du système de santé bulgare réside dans le désintérêt des gens vis-à-vis de leur propre santé, affirme la Dr Liliana Dimitrova, spécialiste de chirurgie maxillo-faciale. Selon elle, les lacunes de la santé publique nationale sont nombreuses, et même lorsque les patients ont accès à des examens préventifs, ils diffèrent bien souvent les consultations par peur d'un diagnostic potentiel.
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"Les gens ne se rendent toujours pas compte que la santé les concerne eux, et pas les médecins. Même lorsqu'on leur propose des bilans de prévention, des examens, ou qu'on les oriente vers des spécialistes, ils ont beaucoup de mal à y consacrer du temps. Il y a une certaine peur des maladies. "Et si je passe un scanner et qu'on me trouve quelque chose ?" : voilà la principale préoccupation des patients. Cela rend ardue la coopération entre le médecin et les patients ", estime la Dr Dimitrova. Selon elle, l'absence d'une approche médicale unifiée et les difficultés d'orientation des patients constituent un obstacle supplémentaire. Souvent, les gens sollicitent plusieurs avis, et les contradictions peuvent entraîner confusion et abandon des soins.
La Dr Dimitrova, qui a formé des générations de médecins, a également souligné la répartition inégale des professionnels de santé dans le pays. Il y a à son avis, des régions entières qui sont privées de spécialistes, y compris dans des domaines tels que la chirurgie maxillo-faciale, ce qui conduit à des diagnostics tardifs et à une prise en charge différée de pathologies graves. Par le passé, la prévention s’étendait sur davantage de personnes grâce à diverses formes de médecine organisée, alors qu'aujourd'hui, la responsabilité relève beaucoup plus du patient lui-même, explique la Dr Liliana Dimitrova. A son avis, la culture sanitaire de la population est l'un des problèmes les plus préoccupants.
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On a besoin de plus de campagnes d'information, préparées avec la participation de soignants, affirme à ce sujet la jeune médecin Dr Mina Markova qui considère qui les patients doivent avoir accès à une information claire et fiable afin de comprendre pourquoi la prévention et la prise en charge précoce sont indispensables.
La Dr Mina Markova est résidente en endocrinologie et maladies métaboliques. Elle estime qu‘en dépit des difficultés, nombreux sont les jeunes médecins qui choisissent de rester en Bulgarie. Elle-même envisage son avenir professionnel dans son pays natal, la raison étant qu’elle aime son pays, sa famille et sa maison se trouvent ici, et elle souhaite soigner ses concitoyens. Elle croit fermement qu'un changement est possible et que, grâce à des efforts collectifs, les services de santé s'amélioreront.
Si elle est sur le point de se heurter aux réalités du terrain, elle se dit encouragée par le fait que la majorité de ses camarades de promotion ont, fait le choix de rester en Bulgarie après leur diplôme obtenu il y a quatre ans :
"La majorité se sont naturellement orientés vers les hôpitaux des grandes villes pour leur résidence. Il y a cependant certains qui sont retournés dans leur région d'origine ou sont allées s’installer dans de petites agglomérations. Cela m'a énormément réjouie à l'époque. Nous en discutions et nous disions que nous n'étions pas certains de ce que nous ferions, mais la majorité d'entre nous souhaitait rester ici, pour soigner des Bulgares, plutôt que de partir à l'étranger. Dans certains domaines, il y a déjà des évolutions positives et j'aimerais que les choses s’améliorent. Je pense que le corps médical, de concert avec les autorités publiques, doit avancer dans cette direction, car c'est un enjeu primordial pour nous tous ", a déclaré la Dr Markova.
Elle a souligné que l'un des problèmes auxquels sont confrontés les jeunes médecins réside dans la nécessité de travailler à plusieurs endroits pour pouvoir vivre dignement, ce qui réduit le temps consacré au repos et à la famille, tout en entraînant une charge supplémentaire aux soignants. Elle a également mis en avant une autre difficulté majeure : la concentration des soins médicaux dans les grandes villes au détriment des zones périphériques qui souffrent d'un manque de personnel.
Les deux médecins ont pris part à la 25ᵉ rencontre nationale de la Fondation MOST qui réunit médecins, figures publiques, décideurs politiques et représentants des médias afin d'informer le grand public des progrès de la médecine en Bulgarie.
Edition : Eléna Karkalanova, d’après un sujet d’Evélina Stoyanova de la chaîne Horizon de la RNB
Version française : Maria Stoeva
Chargé de publication : Maria Stoéva