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Dans les coulisses du tourisme en 2025

Tourisme 2025 : Bonnes performances dans un contexte morose

Bonnes performances mais doublées d’un sentiment d’incertitude

Bonnes performances mais doublées d’un sentiment d’incertitude

PHOTO : visitbulgaria.com

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Stabilité, légère croissance, mais aussi vulnérabilité aux pressions externes : tels sont les traits qui caractérisent le tourisme bulgare en cette année, qui s’en va. On ne dispose pas encore du bilan définitif pour le secteur en 2025, mais l'industrie fait état d'une année rentable et sans secousses, malgré les turbulences politiques et les incertitudes liées à notre adhésion à la zone euro. Selon le consultant en tourisme Constantin Zankov, les taux de croissance du secteur varient considérablement, de 2 % à 15 %. Il convient toutefois d'interpréter ces chiffres avec prudence.

Certaines destinations affichent une croissance de 10 à 15 %. Des villes comme Chabla (sur la côte nord de la mer Noire) et Belogradchik (dans le Nord-Ouest de la Bulgarie) connaissent des fréquentations importantes. En revanche, dans les grandes villes comme Sofia, Plovdiv, Varna ou Burgas, où la capacité d’accueil est considérable, la croissance est insignifiante. C’est les Thermes de SPA qui ont enregistré les meilleurs résultats. Ils ont réussi à maintenir un taux d'occupation élevé tout au long de l'année. Les stations de sports d'hiver étaient également ouvertes en été. En termes de croissance des recettes, on peut parler d'environ 5 %, mais tout dépend sous quelle optique on examine les données statistiques.


PHOTO : VISITBULGARIA.COM

En dépit des changements climatiques et de l'allongement de la période estivale, la saisonnalité demeure un problème pour le secteur. En l’occurrence, Constantin Zankov signale que la fermeture prématurée des hôtels et des restaurants sur la côte de la mer Noire ne leur permet pas de valoriser tout leur potentiel :

"Septembre est un mois bien approprié pour des vacances en bord de mer et j'y vais moi-même à ce moment-là : il fait beau, les prix sont plus raisonnables, la qualité du service est meilleure ; et pourtant de nombreuses destinations restent désertes. Pas plus tard que le 6 et 7 septembre, les restaurants et les attractions ferment sans exception et les estivants se retrouvent confinés dans un seul bâtiment, forcés à passer la nuit et manger à l'hôtel, sans pouvoir profiter d'autres divertissements. En revanche, les hôtels qui proposent des prestations SPA, affichent d’excellents résultats. Sauf que la communication est complètement défaillante entre les entrepreneurs et l'État, ou avec les municipalités, pour développer le produit en partenariat. Les établissements touristiques peuvent aisément travailler jusqu'à la mi-octobre, organiser des événements, des festivals, mais de nombreux entrepreneurs sont victimes du confort de la routine."

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Sur la côte nord de la mer Noire, la situation est passablement meilleure. Le maire de la municipalité de Shabla, Marian Jéchev, estime que dans la haute saison la croissance était stable, bien que modeste. Quant au profil des clients en 2025, il reste inchangé : principalement en séjour individuel et qui ne privilégient pas les vacances organisées.

"Si l'on passe en revue les saisons l’une après l’autre, il semble que la progression d'environ 5 % du nombre des touristes et des nuitées, enregistrées dans notre système d'information touristique, se maintient. Bien sûr, compte tenu de la forte concurrence de la part de la Grèce et des pertes actuelles de parts des marchés du Nord, notamment l'Ukraine et la Russie, la saison s'est tout de même avérée réussie. La baisse en fréquentation a été partiellement compensée par des touristes moldaves, toujours est-il que nous comptions principalement sur les touristes bulgares et roumains."

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En ce qui concerne le tourisme organisé, 2025 est considérée comme une année très forte. Pavlina Iliéva, de l'Association "Un avenir pour le tourisme", considère que le secteur a bien fonctionné, sans pour autant passer sous silence les difficultés rencontrées par les voyagistes :

"Vous n’êtes pas sans savoir que la guerre entre la Russie et l'Ukraine a de lourdes conséquences pour nous. Cette année, les voyages en Russie ont été interdits, et le faible trafic du canal de Suez a entravé les voyages vers et depuis Israël et la Jordanie. Cependant, pour nous, les plus gros problèmes sont provoqués par les troubles politiques et économiques et par les cataclysmes naturels. Nous avons du mal à les gérer, puisqu’ils ont un impact direct sur les forfaits touristiques et la planification commerciale."

Constantin Zankov

PHOTO : Ivan Guergov

En 2025, le secteur s'est de nouveau retrouvé face aux mêmes obstacles : pénurie de personnel, inflation, turbulences politiques et incertitude… Constantin Zankov est d’avis qu’avec l'introduction de l'euro le 1er janvier, on court le risque que les tarifs des fournisseurs ne grimpent, ce qui se répercutera d’office sur le prix du produit touristique fini. Par ailleurs, les entrepreneurs du tourisme attendent des précisions transparentes concernant le budget pour 2026 et les règles qui régiront le fonctionnement de la branche lors des mois à venir :

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"Ceci est généralement valable, d’ailleurs, pour chaque industrie : la réglementation par les SUPTO (logiciels de contrôle public sur les ventes) et au niveau des cotisations, de la politique fiscale… L’ambiguïté présente inquiète toutes les entreprises, y compris celles du secteur touristique.  Pour le moment, cela n’a pas de retombées significatives sur la demande touristique, il n’y a pas de baisse apparente, toutefois les entrepreneurs sont préoccupés et ils doivent scrupuleusement planifier les actifs et les passifs afin de bien gérer leurs affaires", dit en conclusion Constantin Zankov.

Édition : Vénéta Nikolova  

Version française : Ivan Batalov