Auteur :
Yoan Kolev
Actualité
mardi 20 janvier 2026 12:08
mardi, 20 janvier 2026, 12:08
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"C’est la dernière fois que j’apparais devant vous comme président du pays", a déclaré Roumen Radev dans une adresse à la nation depuis la Présidence de la République. Dans les 36 ans d’histoire démocratique de la Bulgarie c’est le deuxième cas de démission d’un président en exercice après le 6 juillet 1990 lorsque Pétar Mladénov se retire sous la pression des protestations des étudiants qui réclament des changements politiques. Un autre cas semblable est celui de la vice-présidente Blaga Dimitrova qui démissionne en 1993 suite à des dissensions avec le président Jéliou Jelev.
Roumen Radev sera remplacé par la vice-présidente Iliyana Yotova qui prêtera serment dans les jours qui viennent comme nouveau chef de l’État.
Iliyana Yotova
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Le sociologue de l’institut "Myara" Parvan Siméonov a dit sur le ton de la plaisanterie sur Radio Bulgarie que notre pays était "l’endroit le plus intéressant du monde" :
Parvan Siméonov
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Nous avions un tsar qui est devenu premier ministre, à présent un président en exercice entre dans l’arène politique, décidément nous sommes un endroit d’innovations politiques. Le signal que nous envoyons est que le rejet de la classe politique a atteint des niveaux très élevés. Radev a simplement répondu aux attentes sociales et il pourrait s’avérer une des dernières versions d’un "homme du système" qui demande un changement. Il y a beaucoup de formations politiques en Bulgarie qui demandent un changement, mais très peu qui proposent aussi bien un changement qu’un caractère systémique. C’est en partie le cas de la coalition "Poursuivons le changement – Bulgarie démocratique", mais je pense que l’autre exemple en sera Roumen Radev.
L’ancienne présidente de l’Assemblée nationale Natalia Kissélova a commenté pour sa part sur la chaîne "Bulgaria on air" :
Natalia Kissélova
PHOTO : BGNES
Ce que nous avons compris de l’adresse à la nation de M. Radev est qu’il ne remet pas en question les accomplissements de la Bulgarie dans la politique étrangère et l’intégration européenne. Le principal problème auquel notre pays est confronté à présent selon lui est la lutte contre l’oligarchie et la corruption. Il sera intéressant de voir comment il évoluera dans la réalité politique.
"L’entrée du président dans l’arène politique était attendue par certains qui sont prêts à le soutenir", indique sur la chaîne bTV la sociologue de l’institut "Alpha Research" Guénovéva Pétrova :
Guénovéva Pétrova
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Selon un de nos sondages de la fin de l’an dernier le potentiel d’un parti dirigé par M. Radev était comparable à celui de GERB et celui de PlC-BD. Il reste à voir si ses électeurs viendront de partis comme "Renaissance", "Sabre" et "Grandeur", qui exprimaient en 2025 des positions similaires à celles du président Radev, ou s’il parviendra à attirer des abstentionnistes et une partie des électeurs de PlC-BD. Il a déclaré dès la semaine passée qu’il s’adressait aussi bien aux gens de gauche qu’à ceux de droite, donc il va tenter de ratisser large afin de s’assurer le plus grand soutien possible.
L’ancien président du Conseil stratégique formé dans le premier mandat de Radev, Alexandre Marinov, prévoit sur la RNB que le projet politique de Roumen Radev va attirer beaucoup de gens :
Alexandre Marinov
PHOTO : Adriana Kissélintchéva
Toutes sortes de gens verront une opportunité en la personne de Radev et l’afflux sera énorme. La question sera de savoir si ces gens ont des qualités et s'ils sont compromis d’une façon ou d’une autre et pas tellement s'ils viennent d’autres partis. Le mieux serait qu’ils contribuent au parti au lieu de profiter de son succès.
PHOTO : Collage photo BGNES
Roumen Radev quitte la présidence avec une cote de popularité élevée, un peu moins de 50%, et l’intention déclarée de démanteler le modèle de gouvernance corrompu du pays, ce qui était aussi la principale revendication des manifestations massives de l’automne 2025. Les pronostics sont donc que son parti formera le plus grand groupe dans le prochain parlement, mais il n’est pas certain s’il obtiendra la majorité absolue de 121 députés sur 240.
Yoan Kolev
Version française : Christo Popov
Chargé de publication : Christo Popov