Auteur :
Guergana Mantchéva
Actualité
Au Vietnam, la Bulgarie compte des milliers d’amis
Christina Stoimenova : "Là-bas, j’ai été touchée par l’amour qu’ils portent à mon pays et par leur connaissance de la Bulgarie"
lundi 17 août 2026 13:10
lundi, 17 août 2026, 13:10
PHOTO : Archives personnelles
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Aujourd’hui, Radio Bulgarie met le cap sur le Vietnam. Non pas pour chercher des similitudes entre les destins des deux pays, autrefois membres du bloc socialiste, mais pour raconter une relation singulière, tissée au fil des décennies entre deux pays que des milliers de kilomètres séparent. L’histoire récente du Vietnam est marquée par la guerre, qui s’est achevée en 1975, puis par les réformes qui ont transformé le pays en l’une des économies les plus dynamiques et les plus attractives pour les investissements étrangers. Après 1995, tout en conservant le monopole politique du Parti communiste, le pays s’est ouvert à l’initiative privée, à l’entreprise familiale et aux mécanismes du marché. Depuis, le Vietnam connaît une remarquable ascension économique. Les visites à Hanoï de présidents des États-Unis ou de Chine témoignent de son importance croissante comme partenaire et acteur incontournable en Asie. Sa diplomatie, souvent qualifiée de "diplomatie du bambou", se veut à la fois souple et résiliente face aux influences extérieures.
Cette longue bande de terre qui s’étire le long de la mer de Chine méridionale, ses vastes baies, ses interminables rizières en terrasses et sa nature exotique font de la République socialiste du Vietnam une destination particulièrement prisée des touristes, notamment bulgares.
Les anciens élèves vietnamiens de l’Association d’amitié Vietnam-Bulgarie à Hanoï
PHOTO : sbj-bg.eu
À des milliers de kilomètres de là, les liens entre le Vietnam et la Bulgarie restent pourtant bien vivants. Ils passent notamment par le destin de centaines de Vietnamiens venus vivre en Bulgarie au cours de la seconde moitié du XXe siècle, pour y travailler ou y étudier. Aujourd’hui encore, certains parlent bulgare, regardent des films bulgares, écoutent la musique populaire du pays et, chez eux, conservent parfois une carte de la Bulgarie accrochée au mur. Beaucoup ont passé leur jeunesse en Bulgarie, où leur diplôme, obtenu à l’époque socialiste, leur ouvrait les portes d’une carrière dans ce pays alors considéré comme une nation sœur. Et si les deux sociétés sont éloignées par leur culture et leurs traditions religieuses, ces jeunes Vietnamiens ont emporté avec eux le souvenir de la rose bulgare, des magnifiques costumes traditionnels, de la cuisine et, plus largement, de la culture du pays.
Aujourd’hui, les touristes vietnamiens sont encore peu nombreux à Sofia. Mais au Vietnam, le souvenir de la Bulgarie demeure si chaleureux et si vivant que ces "Vietnamiens de Bulgarie" parviennent à émouvoir une Bulgare qui a choisi l’Asie comme seconde patrie.
PHOTO : canapeconnection.bg
Originaire de Sofia, Christina Stoimenova a été conduite en Asie par son goût de l’aventure et son activité professionnelle dans le domaine du fitness. La pandémie de Covid-19 la surprend au Vietnam, où elle se retrouve contrainte de rester pendant deux ans. C’est alors qu’elle entend pour la première fois cette phrase qui la marquera profondément : "N’oublie jamais que, chez nous, au Vietnam, tu as toujours une seconde maison !" Depuis, ce lien ne s’est jamais rompu et la ramène chaque année auprès des "Vietnamiens de Bulgarie". Aujourd’hui en Bulgarie, Christina espère repartir vers l’Asie du Sud-Est à la fin de l’automne et retrouver, une fois encore, le Vietnam :
"En tant que voyageuse, c’est l’endroit qui m’a le plus profondément touchée et je peux dire que c’est ma seconde maison. Je m’y suis rendue pour la première fois en 2019 : c’est mon amour du sport qui m’a conduite au Vietnam.
Pendant la pandémie, j’y suis restée deux années entières sans rentrer une seule fois en Bulgarie. Ce furent pourtant des années magnifiques, riches en souvenirs. Malgré les difficultés, ne pas pouvoir être auprès de sa famille et de ses proches, s’inquiéter pour eux, j’ai reçu des Vietnamiens tellement de chaleur, de respect, de joie et de positivité que ce fut une expérience vraiment extraordinaire. Ensuite, j’ai même eu du mal à me réadapter à la vie en Bulgarie. Aujourd’hui, je passe la moitié de l’année ici et l’autre moitié en Asie du Sud-Est. Il existe au Vietnam une communauté assez importante de personnes qui étaient venues en Bulgarie pendant la guerre. Elles ont travaillé dans nos usines et nos entreprises, étudié dans nos établissements d’enseignement. Elles ont conservé un souvenir extrêmement précieux de notre pays.
Aujourd’hui encore, elles se réunissent, confectionnent des costumes traditionnels bulgares, chantent des chansons populaires bulgares et dansent au son de notre musique folklorique. Ce sont des amis fidèles et profondément attachés à la Bulgarie. Ils sont aussi devenus pour moi des amis très chers et très proches. Chaque fois que je vais les voir, nous revêtons nos costumes traditionnels bulgares et nous faisons des enregistrements. Nous chantons, nous dansons et tout le monde me pose des questions sur la Bulgarie. Je leur apporte à chaque fois du kachkaval, du fromage et de la rakia. Partout au Vietnam, on peut retrouver ce même attachement à la Bulgarie."
PHOTO : BTA
Christina garde ses souvenirs les plus forts de Hô Chi Minh-Ville, dans le sud de ce pays de près de 100 millions d’habitants, où vivent ses chers amis, l’oncle Trang et l’oncle Niki. "Ils aiment énormément la cuisine bulgare et gardent la Bulgarie dans leur cœur avec une telle profondeur que, pour une Bulgare, c’est extrêmement réconfortant. Je pense que nous avons tous besoin de savoir qu’il existe, quelque part dans le monde, des endroits où notre pays est respecté, aimé et apprécié", poursuit Christina Stoimenova. "Hô Chi Minh-Ville est le principal centre commercial du Vietnam. C’est aussi une ville multiculturelle. Elle compte dix millions d’habitants et accueille beaucoup d’étrangers. Il y a donc beaucoup de personnes qui travaillent dans mon domaine, venues du monde entier pour y développer leur activité. C’est là que j’ai acquis une grande expérience dans mon travail avec les gens. Je fais mon métier avec beaucoup de cœur et de passion. Ici, en Bulgarie, j’enseigne le yoga dans des salles de fitness. Au Vietnam, environ 90 % de la population est bouddhiste. C’est notamment ce qui explique que les gens y soient, de manière générale, très souriants, positifs, chaleureux et ouverts, et qu’ils sachent particulièrement apprécier les talents des autres. Ils sont aussi très soudés en tant que société. Ce qu’ils m’ont appris, c’est justement ce sentiment de fraternité, d’unité, de soutien mutuel, d’amour et de partage d’une énergie positive."
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Version française : Svjetlana Satric
Chargé de publication : Svjetlana Satric