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"Leçon : la Bulgarie"… avec l’école bulgare "Abagar" en Italie

dimanche, 8 février 2026, 09:30

"Leçon : la Bulgarie"… avec l’école bulgare "Abagar" en Italie

PHOTO : БНУ "Абагар" в Рим

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Peu de gens le savent : Abagar est le nom du premier livre imprimé contenant des éléments du bulgare moderne. Publié à Rome en 1651 par le lettré Philippe Stanislavov, futur évêque catholique de Nicopolis, l’ouvrage, conçu comme un talisman, rassemblait prières et bénédictions destinées aux catholiques de Bulgarie. Il est aussi un symbole fort du lien spirituel entre la Bulgarie et l’Italie, un lien que onze écoles bulgares continuent aujourd’hui de faire vivre dans la péninsule, dont une à Rome qui porte le nom d’Abagar.

PHOTO : École bulgare "Abagar" à Rome

L’histoire de l’École bulgare "Abagar" commence pourtant ailleurs : à Nettuno et Ladispoli, deux villes proches de la capitale italienne où vit une importante communauté bulgare. En 2020, deux antennes y ouvrent leurs portes. "Face au vif intérêt des parents, l’année suivante nous avons ouvert une section à Rome", raconte à Radio Bulgarie sa directrice, Natalia Bosolova. Elle précise avec fierté que pour l’année scolaire 2025-2026, l’établissement compte 107 élèves, quatorze de plus que l’an dernier.

Natalia Bosolova

PHOTO : Facebook / Natalia Bosolova

La réalité qu’elle observe est celle de nombreuses familles bulgares à l’étranger : la majorité des enfants sont nés hors de Bulgarie, souvent dans des couples mixtes. Pour eux, le bulgare n’est plus une langue maternelle, mais une langue à conquérir. Près de 90 % des élèves d’Abagar sont nés à l’étranger, et beaucoup ne découvrent la Bulgarie que tardivement. D’où la mission que s’est donnée l’équipe pédagogique : transmettre l’amour du pays d’origine, sans jamais l’opposer à l’Italie, leur pays de naissance. Les parents et les activités extrascolaires y jouent un rôle essentiel.

PHOTO : École bulgare "Abagar" à Rome

"Nos activités ont toujours cherché à inclure les parents comme une véritable communauté. C’est ainsi qu’ont vu le jour nos voyages scolaires annuels, auxquels ils participent activement. À travers eux, nous essayons de créer un lien concret entre la Bulgarie et l’Italie, de montrer leurs traditions communes. Depuis deux ans, nous emmenons nos élèves en Bulgarie dans le cadre du programme national Itinéraires éducatifs. Les voyages font pleinement partie de notre mission éducative", explique la directrice.

PHOTO : École bulgare "Abagar" à Rome

Ces retours aux sources sont bien plus que de simples excursions : ils constituent une leçon vivante de mémoire et d’appartenance. Les expériences vécues donnent chair à l’image de la Bulgarie et laissent des souvenirs durables. Cette expérience se prolonge dans un court vidéo, réalisé dans le cadre de l’initiative "Leçon : la Bulgarie", qui rassemble images et impressions partagées par les élèves de l’école "Abagar" avec Radio Bulgarie.

Le premier itinéraire a lieu en juillet 2024. "C’était la suite d’un projet consacré aux anciennes capitales bulgares. Grâce au programme, les enfants ont pu découvrir sur place Veliki Preslav, Choumen et Veliko Tarnovo", se souvient Natalia Bosolova.

À l’été 2025, vingt-trois élèves, de la première à la terminale, reviennent "à la maison". Le voyage débute à Plovdiv, ville antique dont l’héritage romain crée un pont naturel avec leur propre histoire italienne.

PHOTO : École bulgare "Abagar" à Rome

"L’un des endroits les plus impressionnants a été le théâtre antique", raconte Nicole. "J’ai appris qu’il avait été construit au Ier siècle sous l’empereur Trajan et qu’il pouvait accueillir jusqu’à 7 000 spectateurs. La vue sur la ville et les collines m’a fait comprendre pourquoi Plovdiv est l’une des plus belles villes des Balkans."

PHOTO : École bulgare "Abagar" à Rome

Ils comparaient constamment ces lieux à ceux qu’ils connaissaient à Rome, avec un intérêt sans faille, se souvient Natalia Bosolova.

PHOTO : École bulgare "Abagar" à Rome

Après Plovdiv, direction la mer Noire. Le vieux Nessebar et les salines près de Bourgas captivent particulièrement les enfants.

PHOTO : École bulgare "Abagar" à Rome

"Nous avons visité Nessebar, l’une des plus anciennes villes de Bulgarie. En nous promenant dans ses ruelles pavées, on avait l’impression que le temps s’était arrêté", confie Matteo. Emma Carli, elle, évoque la région d’Aheloy et de Pomorié :

PHOTO : École bulgare "Abagar" à Rome

"Nous avions étudié la bataille d’Aheloy en cours d’histoire, et c’était fascinant de voir l’endroit réel. J’ai aussi adoré la mer, calme et magnifique. À Pomorié, nous avons visité le musée du sel. J’ai acheté un petit pot pour emporter un souvenir de la mer Noire avec moi à Rome. J’aimerais refaire ce voyage."

"La Bulgarie n’est pas seulement un point sur une carte, c’est une mémoire, un esprit et une beauté qu’il faut préserver", résume Alexandra.

Ses mots rappellent le sens profond de programmes comme Itinéraires éducatifs : permettre à des enfants grandissant dans un environnement multiculturel de conserver, par l’expérience directe, le fil vivant de leurs racines bulgares.

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Version française : Svjetlana Satric