Auteur :
Vesséla Krastéva
Actualité
"Leçon : La Bulgarie"… avec l'École bulgare "Rodolyubie" à Naples
"La Bulgarie n’est pas seulement un lieu sur la carte, c’est un état d’esprit", déclare la directrice Valentina Nikolova
mercredi 8 avril 2026 13:15
mercredi, 8 avril 2026, 13:15
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
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L’un des foyers spirituels bulgares au cœur de l’Italie du Sud est l’école bulgare "Rodolyubie", fondée à Naples en 2017. Au départ, elle réunissait à peine dix enfants bulgares, raconte à Radio Bulgarie la directrice de l’établissement, Valentina Nikolova.
"Nos premiers pas étaient modestes, dans les salles confortables d’une église russe à Naples, où nous enseignions les premières lettres de notre alphabet. Aujourd’hui, 'Rodolyubie' a grandi et prospéré. Nos salles de classe sont baignées de lumière et d’espace, et depuis 2020, l’école est officiellement reconnue par le ministère bulgare de l’Éducation et des Sciences", explique Valentina.
En 2023, l’école a ouvert une succursale pittoresque à Sant’Antonio Abate. Cette année, 90 élèves âgés de six à dix-huit ans sont inscrits, répartis en neuf classes mixtes. La communauté bulgare de Naples et ses environs compte environ 4 000 personnes, confie Valentina, et d'ajouter : "Je vois la communauté bulgare à travers les enfants."
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
"Ils reflètent leurs parents. Beaucoup cherchent à intégrer leurs enfants dans la société italienne, mais ressentent en même temps un fort besoin spirituel de préserver la culture bulgare à la maison", poursuit-elle.
Valentina elle-même vit en Italie depuis plus de 19 ans et a appris une vérité : "On aime beaucoup plus la Bulgarie quand on est loin d’elle."
"Tout me manque de la Bulgarie !"
Une nostalgie née de l’amour pour le pays, qu’il n’est pas toujours facile de transmettre à des enfants nés et élevés à l’étranger, pour qui le bulgare n’est pas toujours la langue maternelle.
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
"Oui, nous enseignons le bulgare comme seconde langue maternelle. Le défi est immense car nous construisons, au-delà des règles grammaticales, une identité nationale solide. C’est une mission qui demande patience et amour profond pour les enfants, pour notre langue, pour notre pays. Travailler dans une école est une forme spécifique d’éveil pédagogique : il faut capter l’attention des enfants pendant leur temps libre et faire preuve d’une créativité extrême", explique la directrice.
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
Ces deux dernières années, les enseignants bénéficient du soutien de la programme nationale "La Bulgarie – itinéraires éducatifs" du ministère bulgare de l’Éducation. L’an dernier, Rodolyubie a participé pour la première fois avec le projet "Mer Noire du Nord – nature, histoire et culture". Du 11 au 14 août, 20 élèves ont vécu l’aventure “Bulgarie”, accompagnés de 14 parents à leurs frais.
Les enfants ont également participé à l’initiative "Leçon : La Bulgarie"… de Radio Bulgarie pour partager cette expérience unique.
Adriana raconte : "Le site le plus intéressant pour moi a été la réserve de Baltata, où tout est vert et où il y a de nombreux oiseaux, mammifères, poissons et plantes protégés. Traverser ensemble la rivière Batova a été très amusant. Mon moment préféré a été la plage d’Albena avec ses grandes vagues que nous essayions de sauter tous ensemble."
réserve de Baltata
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
La visite a également inclus des sites emblématiques : Baltchik et son jardin botanique avec le palais de la reine Marie de Roumanie, le cap Kaliakra, le monastère troglodyte Aladja, la région de Teketo et un véritable atelier de poterie.
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
Ralitsa ajoute : "Les magnifiques jardins de Baltchik m’ont particulièrement fascinée. J’ai découvert que la Bulgarie regorge de lieux magnifiques. Mon moment préféré a été quand nous courions ensemble vers la mer."
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
Ils ont également été très impressionnés par le monastère rupestre d’Aladja, qu’ils voyaient pour la première fois. Et bien sûr, la rencontre avec notre mer Noire a suscité le plus grand enthousiasme", se souvient Valentina Nikolova. "Tous les sites ont laissé des impressions inoubliables sur nos élèves, mais l’une des expériences les plus marquantes a été la visite d’un atelier de poterie authentique à Baltchik.
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
Elle confie que ce voyage lui a permis de redécouvrir la Bulgarie d’une manière inhabituelle : à travers les yeux des enfants.
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
"J’ai ressenti cet immense amour pour la Bulgarie, que nous tenons parfois pour acquis quand nous sommes loin. Et j’ai compris que la Bulgarie n’est pas seulement un lieu sur la carte, c’est un état d’esprit."
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
"Le musée de la céramique et des plantes à Baltchik m’a beaucoup plu. J’ai découvert une Bulgarie plus belle que je ne l’imaginais, avec des sites fascinants. Mon moment préféré a été la visite du cap Kaliakra", raconte Andrey Dimov.
PHOTO : École bulgare "Rodolyubie" à Naples
"Pour les enfants, c’était un processus très excitant de découverte de soi. La plupart d’entre eux sont nés ou ont grandi en Italie et perçoivent la Bulgarie comme un conte, un monde lointain qu’ils découvrent à l’école ou à la maison. Mais lorsqu’ils ont foulé le sol bulgare, ce fut une rencontre profonde et personnelle avec leurs racines. À Naples, ils se sentent Italiens, mais en Bulgarie, ils commencent immédiatement à dire : 'Nous, notre mer Noire, nous, les enfants de Bulgarie.' Une rencontre avec la patrie qui transforme vraiment leur perception", conclut Valentina Nikolova.
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Version française : Svjetlana Satric