Célébrités

Actualité

Aleko Dyankov : la voix qui racontait l’histoire de la Bulgarie en allemand

mardi, 7 avril 2026, 13:15

Aleko Dyankov

Aleko Dyankov

PHOTO : facebook.com/aleko.djankov

Taille de la police

Au fil des années, Radio Bulgarie a été le foyer de nombreux journalistes présentant le pays au monde. Parmi eux, Aleko Dyankov, l’une des voix du service allemand de la programmation multilingue de la Radio nationale bulgare. Entre 1993 et 2003, il faisait partie de l’équipe qui relatait quotidiennement la Bulgarie à un public germanophone.

Son parcours vers la radio commence presque par hasard. Au début de 1993, Dyankov revient brièvement à Sofia depuis l’Allemagne, où il a vécu longtemps. C’est alors qu’il apprend l’existence d’un concours pour rejoindre l’équipe du service allemand de Radio Bulgarie.

"En février 1993, je vivais en Allemagne. Je suis revenu un moment à Sofia et ma future épouse m’a dit : 'Tu sais, il y a un concours à la radio pour le service allemand. Pourquoi ne pas tenter ta chance ?' Je suis allé, j’ai postulé et passé le concours avec une quarantaine d’autres candidats, et c’est ainsi que tout a commencé", raconte Aleko Dyankov.

Le concours était sérieux – des dizaines de candidats se disputaient quelques postes vacants. Malgré la forte concurrence, Dyankov est retenu et rejoint le service le 1er avril 1993. S’il possède déjà une première expérience grâce à un stage au service bulgare de Deutsche Welle, ses débuts à la Radio nationale bulgare ne sont pas exempts d’appréhension. Celle-ci s’efface toutefois rapidement, portée par l’atmosphère au sein de l’équipe, qu’il décrit comme particulièrement soudée.

Service allemand de Radio Bulgarie à la fin des années 1990 (de gauche à droite) : Georgette Yaneva, Rossitsa Radoulova, Vladimir Daskalov, Vladimir Vladimirov, Véssela Vladkova, Alexandre Alexandrov, Aleko Dyankov et Vera Dobreva

PHOTO : Radio Bulgarie - Service allemand

"Aussi banal que cela puisse paraître, c’était une grande famille. Nous étions dix dans le service, tous amicaux – pas de jalousie, pas de luttes de pouvoir ou pour le temps d’antenne. Chacun avait ses rubriques et tout se déroulait très calmement", précise Dyankov.

Sa formation d’historien oriente naturellement ses centres d’intérêt journalistiques. Il prend en charge la rubrique "Calendrier historique", consacrée aux événements marquants de l’histoire bulgare à destination des auditeurs germanophones. Il participe également à l’émission "Boîte aux lettres", où sont traitées les questions des auditeurs, ainsi qu’à des sujets liés à l’environnement, une thématique encore émergente en Bulgarie au début des années 1990.

Son intérêt pour les langues et la littérature s’inscrit aussi dans une tradition familiale. Son père, Krastan Dyankov, est un journaliste, essayiste et traducteur reconnu, qui a fait découvrir en bulgare des auteurs tels que John Steinbeck, Erskine Caldwell ou John Cheever. Aleko Dyankov choisit néanmoins une autre voie : celle de la langue allemande, qu’il maîtrise au fil de ses années passées en Allemagne.

Krastan Dyankov (10.11.1933 – 05.03.1999)

PHOTO : facebook.com/aleko.djankov

Pour lui, le travail à Radio Bulgarie revêt une dimension plus profonde : celle de faire connaître son pays à un public qui en ignore souvent tout.

"Lorsque je vivais en Allemagne, les gens savaient très peu de choses sur la Bulgarie. Ils la confondaient même parfois avec d’autres pays. C’est pourquoi, lorsque j’ai commencé à travailler à la radio, je l’ai vécu comme la prolongation d’une mission : raconter l’histoire, la culture et la société bulgares aux auditeurs germanophones", explique-t-il.

Sa carrière radiophonique est également marquée par des moments forts :

"Je n’oublierai jamais mon interview avec le ministre allemand des Affaires étrangères de l’époque, Klaus Kinkel. C’était à l’aéroport, juste avant qu’il ne monte dans l’avion. Grâce au service de presse, j’ai obtenu deux minutes d’interview exclusive, puis un commentaire de Nadejda Mihailova", raconte-t-il.

Photo de 2000. De gauche à droite : Vera Dobreva, Albena Kostova, Georgette Yaneva, Véssela Vladkova, Rossitsa Radoulova, Alexandre Alexandrov, Vladimir Vladimirov (avec le chaton), Petar Guéorguiev, Vladimir Daskalov, et au premier plan, Aleko Dyankov.

PHOTO : Radio Bulgarie - Service allemand

Après dix ans à Radio Bulgarie, Aleko Dyankov quitte le service, une décision qu’il considère comme le moment le plus difficile de sa carrière. Aujourd’hui, il travaille pour une chaîne télévisée spécialisée dans l’agriculture, où il est responsable des nouvelles internationales, et traduit activement des livres de l’allemand vers le bulgare.


Pourtant, la radio reste une part essentielle de sa vie : "La radio me manque chaque jour, c’est un média très dynamique. La Radio nationale bulgare reste pour moi un étalon de qualité et de confiance des auditeurs. Personnellement, je la préfère à toutes les autres radios", confie Dyankov.

Photo du 16 février 2026. De gauche à droite : Mikhaïl Dimitrov, Vladimir Vladimirov, Lyubomir Kolarov, Radoslav Dikov, Vladimir Daskalov, Petya Tsonkova, Alexandre Alexandrov, Aleko Dyankov, Tanya Charizanova ; au premier plan : Rossitsa Radoulova, Nevin Milyacheva et Georgette Yaneva

PHOTO : Radio Bulgarie - Service allemand

En résumant ses dix années passées à Radio Bulgarie, il conclut sobrement mais avec émotion : "Je l’aime !"


Lire aussi :


Version française : Svjetlana Satric